La chanteuse Rika Zaraï est morte à l’âge de 82 ans

Article publié sur bfmtv.com

La chanteuse israélienne Rika Zaraï, connue pour les titres Sans chemise, sans pantalon ou Alors je chante, est morte à l’âge de 82 ans.

La chanteuse israélienne Rika Zaraï, connue pour les titres Sans chemise, sans pantalon ou Alors je chante, est morte à l’âge de 82 ans. L’ambassade d’Israël en France l’annonce ce mercredi sur Twitter.

“Profondément attristés de la disparition de Rika Zaraï, qui a conquis le coeur des Français avec son bel accent de sabra. Elle a chanté Israël et Jérusalem avec passion et dévouement. C’est une des plus belles voix d’Israël en français qui s’est éteinte. Nos condoléances à son époux, Jean-Pierre Magnier.”

Née Rika Gozman le 19 février 1938 à Jérusalem, dans une famille de pionniers juifs, elle se familiarise avec la musique dès l’âge de 7 ans, lorsqu’elle commence les leçons de piano. Elle y excelle rapidement, selon Gala, qui rapporte qu’elle décroche le premier Prix du conservatoire à 15 ans. Toujours d’après l’hebdomadaire, elle dirige un groupe musical de l’armée durant son service militaire avec lequel elle monte une comédie musicale, Cinq sur Cinq.

Elle se retrouve sur le devant de la scène lorsque la pièce quitte le cercle militaire en étant produite dans un théâtre, et qu’elle en décroche le premier rôle. Elle épouse Yohanan Zaraï, auteur des chansons. En 1959 naît leur fille, Yaël.

De multiples succès

Elle s’installe à Paris où elle connaît quelques années de vache maigre. Tenace, elle décroche des tournées ou anime des fêtes juives avant de rencontrer le producteur Eddie Barclay, qui lui offre un contrat et lui fait enregistrer ses premiers tubes. Ils collaboreront longtemps ensemble.

Entre les années 1960 et 1970, les succès s’enchaînent: Casatschok (disque d’or), Alors je chanteSans chemise, sans pantalonBalapapaMoi le dimanche ou encore Tante Agathe. Elle popularise des standards israéliens, notamment en chantant Hava Naguila et Jérusalem ville d’or.

Son dernier album studio, Quand les hommes, remonte à 2007. Depuis, elle avait sorti plusieurs compilations, notamment Tournez manèges – titre de l’un de ses plus grands tubes – en 2014 et 100 titres d’or, Anthologie 1959-2000 en 2019.

Médecine douce et controverse

La vie de Rika Zaraï a été traversée par deux accidents sérieux, dont elle s’est à chaque fois relevée. Le premier, un accident de la route en 1969. Elle reste six semaines dans le coma, avec fractures du crâne et de vertèbres. Mais ce “cauchemar va se transformer en une réussite formidable”: elle est sauvée, dit-elle, grâce à la “médecine douce”, dont elle va devenir une ardente prosélyte.

Elle connaît un immense succès en librairies avec Ma médecine naturelle (1985, écrit avec l’auteur Dan Franck). Surnommée “Madame tisane”, elle vend près de 3 millions d’exemplaires du livre, suivi d’autres, comme Mes secrets naturels ou Ces émotions qui guérissent.

Parmi ce qu’elle y prône: l’ail, la betterave ou le miel contre le cancer, le cassis pour retarder la ménopause, le poireau contre l’obésité. Elle affirme également qu’une personne séropositive peur redevenir séronégative “à condition de suivre des soins naturels, principalement à base de buis et d’argile”. Avec son second mari, Jean-Pierre Magnier, elle crée un établissement, “Pronatura” (près d’Angers), destiné à fournir des plantes de premier choix.

Elle devient la risée des caricaturistes et des comiques, les journaux la qualifient de “danger public”. Surtout, c’est le tollé dans le milieu médical. Le conseil de l’Ordre des pharmaciens n’apprécie pas l’ouverture de l’usine et la commercialisation de ses plantes dans les supermarchés. En 1989, il traîne Rika Zaraï et son mari en justice pour exercice illégal de la pharmacie. Après des années de procédure, elle est définitivement relaxée en 1994. Mais l’usine, en faillite, a fermé.

Combat remporté contre un AVC

Le deuxième accident, un AVC, est survenu en 2008. Paralysée du côté de gauche de son corps, elle mettra des années à s’en remettre, au prix de nombreux efforts:

“Dès le surlendemain de mon AVC, j’ai commencé à travailler avec un orthophoniste pour retrouver la parole”, expliquait-elle au Parisien en début d’année. “J’étais à moitié paralysée, la moitié de ma langue était paralysée. C’était affreux. Bavarde comme je suis, je ne pouvais pas vivre comme ça. L’orthophoniste m’a donné deux mois et demi de son temps, trois fois par semaine. Tous les soirs, je faisais douze à quinze fois ses exercices, jusqu’au bout de mes forces. Je disais: toi, ma langue, je t’aurai! Et je l’ai eue.” Et d’ajouter: “On m’a dit cent fois que je ne pourrais plus chanter, mais je n’ai jamais perdu l’espoir.”

Une volonté qui lui a permis d’assurer sa dernière apparition scénique en février dernier: quelques jours avant de fêter ses 82 ans, la chanteuse s’est produite aux Folies Bergères à l’occasion de “La Nuit de la déprime” organisée par Raphaël Mezrahi. Son interprétation de Prague, l’une de ses chansons les plus célèbres, lui avait valu une standing-ovation. Elle avait fondu en larmes, comme le rapportait le quotidien: “Quand on est née comme moi pour être sur scène, ne pas pouvoir monter sur scène pendant onze ans, c’est tellement long”, avait-elle expliqué.

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