Un neuroscientifique affirme qu’une alimentation riche en quatre aliments réduit fortement le risque de démence

Article publié sur doctissimo par leur rédaction

 

Un neuroscientifique affirme qu’une alimentation riche en quatre aliments réduit fortement le risque de démence© Reworld Media

Un neuroscientifique affirme que quatre familles d’aliments du régime méditerranéen feraient baisser le risque de démence. Que révèlent vraiment les données et où s’arrête la promesse ?

Une promesse circule largement en ligne : une alimentation riche en quatre catégories d’aliments réduirait fortement le risque de démence. Des articles résument ainsi les travaux d’un neuroscientifique et de son équipe. L’idée rassure de nombreux proches de personnes âgées, mais la réalité scientifique est un peu différente.

Quels sont ces aliments clés ?

Derrière ces titres accrocheurs se trouve le régime méditerranéen, riche en végétaux, céréales complètes et huile d’olive, avec peu de viande rouge et d’aliments ultra-transformés.

Plusieurs cohortes, de l’étude française Trois-Cités menée par Cécilia Féart à l’analyse britannique d’Oliver M. Shannon, lient une forte adhésion à ce régime à un risque de démence plus faible. Les lignes directrices de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) parlent d’un effet possible, inséré dans une stratégie de prévention.

Régime méditerranéen et risque de démence : ce que montrent les études

Dans la cohorte bordelaise de l’étude Trois-Cités, 1307 personnes d’environ 74 ans, sans démence au départ, ont été suivies pendant douze ans.

Celles qui obtenaient les meilleurs scores d’adhésion au régime méditerranéen présentaient un risque de démence diminué d’environ 42 % à 66 % selon les critères, surtout pour la maladie d’Alzheimer après plusieurs années.

Une autre étude, publiée en 2023 dans la revue BMC Medicine par Oliver M. Shannon, a suivi un peu plus de 60 000 Britanniques de plus de 60 ans pendant environ neuf ans.

Les personnes qui suivaient le plus fidèlement un régime méditerranéen avaient un risque relatif de démence environ 23 % plus bas. Le risque absolu passant même de 1,73 % à 1,18 %, y compris chez celles au profil génétique défavorable.

Quatre familles d’aliments au coeur du régime méditerranéen

La formule des ‘quatre aliments’ vient d’une simplification des travaux de la chercheuse Alba Tor-Roca. Elle a suivi 840 seniors de Bordeaux et Dijon pendant douze ans.

Son équipe a analysé des biomarqueurs sanguins et montré qu’un mode alimentaire riche en végétaux – fruits, légumes, céréales complètes et légumineuses – associé à l’huile d’olive et au poisson correspond à un score méditerranéen élevé, lié à environ 10 % de probabilité en moins de déclin cognitif.

Ce socle d’aliments agit sur plusieurs fronts :

    • Fibres et polyphénols des végétaux nourrissent le microbiote et limitent l’inflammation ;

    • Céréales complètes et légumineuses stabilisent la glycémie ;

  • Huile d’olive et poisson apportent des graisses favorables aux artères.

En protégeant le coeur et les vaisseaux, ce régime réduit aussi des facteurs de risque clés de la démence comme l’hypertension ou le diabète, ce que suggèrent les cohortes françaises et britanniques.

Pas de régime miracle contre la démence, mais un atout réel

Malgré ces signaux, les lignes directrices de l’Organisation mondiale de la santé rappellent que les essais cliniques n’ont pas montré de baisse claire de l’incidence de la démence chez les personnes assignées à un régime méditerranéen. Les experts y voient un levier parmi d’autres, à associer à l’activité physique et au contrôle de la tension.

En pratique, remplir plus souvent l’assiette de fruits, légumes, céréales complètes et huile d’olive peut aider le cerveau à bien vieillir, mais ne remplace ni un suivi médical ni la prise en charge des autres facteurs de risque.

Laisser un commentaire