Tétanisée face aux virus mutants, l’Europe restreint sa circulation intérieure

Article publié sur lesechos.fr

Les dirigeants européens ont décidé de fortement déconseiller, voire d’interdire, les voyages non essentiels au sein de l’Union européenne. Comme ses voisins, la France va exiger des tests PCR de moins de 72 heures à toute personne arrivant par air ou par mer.

Face aux risques accrus posés par les virus mutants, l’Europe restreint sa circulation intérieure. (Olivier Hoslet/Pool via REUTERS)

Nouveaux virus , nouvelle couleur, nouvelles restrictions de voyages. Jeudi soir, les dirigeants des 27 pays de l’UE, réunis par visioconférence, ont fait de premiers pas pour coordonner leurs efforts face aux risques accrus posés par les virus mutants, plus contagieux. Leurs réponses passent, comme lorsque des deux premières vagues, par un réflexe de fermeture partielle des frontières intérieures de l’Union, nouveau coup dur à la libre circulation, un de ses plus fiers étendards.

« La situation est grave »

La présidente de la Commission Ursula von der Leyen a indiqué à l’issue des échanges que « tous les voyages non essentiels » devaient « être fortement déconseillés » tant « la situation est grave ». Elle a proposé de mieux définir, en « rouge sombre », les zones les plus frappées au sein de l’UE, pour imposer à leurs voyageurs un test au départ, voire une quarantaine à l’arrivée.

De telles mesures tendent à se généraliser. Certains, comme la Belgique, comptent même interdire rapidement tout voyage non justifié. Autre signe que l’heure est au durcissement, la France a annoncé qu’elle allait à son tour réclamer des tests PCR négatifs, de moins de 72 heures, à tous les voyageurs arrivant par voie aérienne ou maritime.

Jusqu’ici, et contrairement à l’Allemagne, l’Espagne ou l’Italie, elle en exemptait les ressortissants de l’UE. Le transport terrestre n’est toutefois pas concerné par cette mesure, effective dès samedi minuit. Il restera ainsi possible de venir en France en voiture ou en train sans passer de test, précisait vendredi le secrétariat d’Etat aux Affaires européennes.

Reconnaissance mutuelle des tests

Pour préserver le fonctionnement du marché unique, les 27 sont convenus d’exempter les travailleurs frontaliers et les chauffeurs routiers de tests. Ils sont aussi parvenus à un accord sur la reconnaissance mutuelle des tests PCR et antigéniques rapides. Ils ont en outre décidé d’établir rapidement un certificat commun de vaccination. Ce dernier ne sera toutefois d’abord qu’à fins médicales. L’idée, soutenue par la Grèce ou l’Espagne, d’en faire un « passeport » pour voyager sans test ou quarantaine est reportée. Emmanuel Macron a appelé jeudi à traiter cette question avec « grande prudence » faute de « données sur l’absence de contagiosité des personnes vaccinées ».

Ces restrictions de voyages n’étonneront pas les citoyens, qui en sont plutôt à se demander quand et comment ils seront reconfinés. C’est sur la vaccination que les Etats membres se savent attendus . Les 27 enragent des retards de livraison annoncés mi-janvier par Pfizer/BioNtech. « Nous allons demander des clarifications », a indiqué vendredi la Commission européenne. L’Italie va jusqu’à évoquer une action en justice. Vendredi également, la médiatrice européenne a annoncé ouvrir une enquête sur le manque de transparence des contrats passés par la Commission avec les laboratoires. Leur opacité est dénoncée depuis des semaines par le Parlement européen.

Pression sur les laboratoires

L’impatience gagne aussi pour l’arrivée de nouveaux vaccins sur le marché. Différents Etats membres pressent particulièrement l’Agence européenne des médicaments (EMA) d’accélérer sa décision sur le vaccin AstraZeneca, prévue pour le 29 janvier. Le président du Conseil européen, Charles Michel, a assuré jeudi soir que « tous les moyens possibles » seraient « examinés pour assurer un approvisionnement rapide » en vaccins.

Mais vendredi, le journal allemand « Bild » a affirmé que le laboratoire britannique venait d’avertir Bruxelles de futurs retards de livraisons… Information confirmée par l’industriel. Si ces retards s’avéraient trop conséquents, c’est tout l’ambitieux calendrier que vient de fixer la Commission, avec 70 % des adultes de l’UE vaccinés fin août, qui pourrait être remis en cause.

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