Ces concerts-tests sans covid qui donnent de l’espoir aux salles de spectacle

Article publié sur europe1.fr

 Credit Photo @LP/Guillaume Georges

ESPOIR – Mis sous cloche par le Covid-19 depuis bientôt un an, les acteurs de la scène musicale française travaillent sur des concert-tests pour réunir à nouveau spectateurs et artistes en toute sécurité sanitaire. Une expérience menée par le festival Primavera à Barcelone le 12 décembre a fait bouger les lignes.

Bien plus qu’un concert, une expérience médicale dans laquelle le monde de la culture place beaucoup d’espoir. Le 12 décembre dernier, les organisateurs du festival Primavera ont mené une expérience inédite dans une salle de concert à Barcelone, en Espagne. L’idée ? Évaluer les risques de contamination au Covid-19 pendant un concert encadré par un protocole strict. Les spectateurs devaient respecter plusieurs consignes, à commencer par avoir été testés négatifs au préalable et porter un masque FFP2, mais sans obligation de respecter aucune distanciation sociale. Pendant le concert, les participants ont pu danser, chanter et même boire un verre. La salle, capable d’accueillir habituellement jusqu’à deux fois plus de monde, était ventilée. Finalement, aucune contamination n’a été détectée parmi le public à l’issue de l’événement.

L’Espagne est aujourd’hui un des rares pays à autoriser certains lieux de culture à rester ouverts malgré le risque de contamination. Un protocole sanitaire strict a été mis en place, comme au théâtre Ladra de Madrid où les comédiens sont testés une fois par semaine et des contrôles de température ont lieu avant chaque répétition. “Quand quelqu’un achète une place, les sièges qui se trouvent à sa droite et sa gauche sont condamnés. Nous sommes convaincus que si l’on peut passer deux heures de trajet en train ou en avion à côté d’un inconnu, on doit pouvoir passer une heure à regarder un spectacle, de surcroît quand on a personne à côté”, soutient Antonio Rincon-Cano, son directeur. Les spectateurs, eux, assurent se sentir en sécurité du fait de ces mesures. 

Des études scientifiques à l’appui

En France, plusieurs projets de concert-tests sont également sur la table. “On imagine plutôt un concert-test en mars, l’idée étant, dans un monde idéal, de s’accoler à un calendrier du ministère de la Culture pour commencer à voir le bout du tunnel”, expose à l’AFP Jean-Paul Roland, directeur du festival des Eurockéennes. “On a vu beaucoup de gens, épidémiologistes, laboratoires, CNM (Centre national de la musique, qui aide financièrement la démarche), Ville de Paris (…), il ne manque plus que la décision ministérielle, car cela ne peut se faire que sous l’égide du ministère de la Culture, voire aussi ceux de la Santé et de l’Intérieur”, poursuit-il.

Deux autres concert-tests sont également prévus en février prochain à Marseille (Bouches-du-Rhône), à l’initiative du Syndicat des musiques (Sma). “Les protocoles sont validés par l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale, ndlr) et par le Conseil scientifique du Pr Delfraissy, et un colloque de restitution des résultats doit avoir lieu le 8 avril”, détaille à l’AFP Aurélie Hannedouche, sa déléguée générale. Ces différents concert-tests ont d’ailleurs été évoqués vendredi matin sur franceinfo par la ministre de la Culture Roselyne Bachelot, soulignant qu’il était “très important d’étayer les décisions sur des études scientifiques”.

En parallèle, une récente étude menée par la Chambre syndicale de la Facture Instrumentale (CFSI) a également permis d’évaluer le nombre de particules pouvant être émises par des instruments de musique ou des chanteurs. De quoi permettre de présenter au ministère de la Culture des arguments solides et rassurants en fonction des lieux et des spectacles. “Ce qui est vraiment important, c’est d’adapter ces préconisations à la réalité du spectacle. Quelquefois, la mesure va consister à réserver une partie de l’avant-scène pour respecter une distance de sécurité. Pour d’autres, ce type de précaution n’aura aucun sens et il suffira de condamner les premiers rangs”, détaille Fanny Reyre-Ménard, sa vice-présidente.

Si la question des concerts debout est enfin prise en compte, la grogne demeure dans le milieu du spectacle vivant. “On a l’impression que dans la culture on doit donner plus de garanties qu’ailleurs. On nous dit qu’on génère des queues et qu’on ne présente pas de données scientifiques : parce que les centres commerciaux ne génèrent pas de queues ? Et où sont les données scientifiques pour les magasins où tout le monde touche les produits ?”, s’interrogeAurélie Hannedouche, du Sma. Les résultats encourageants observés au cours de l’expérience menée en décembre dernier à Barcelone suscitent néanmoins un vent d’optimisme au sein de la profession.

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