Va-t-on vers un reconfinement après Noël ?

Article publié sur Nouvelobs.com

Si le nombre d’hospitalisations diminue en France, les cas positifs augmentent. Cette situation fragile pousse certains politiques et scientifiques à s’interroger sur un troisième reconfinement après le 25 décembre. Une solution que le gouvernement semble vouloir à tout prix éviter.

@ Credit Photo Pixabay

Allons-nous être reconfinés après le 25 décembre ? À peine une semaine après le deuxième déconfinement, certains scientifiques et politiques évoquent le risque d’une troisième vague en janvier 2021. D’après les derniers indicateurs de santé, l’épidémie gagne du terrain en France.

Ainsi, selon les données fournies par les autorités sanitaires, le pays a comptabilisé 5 797 cas supplémentaires le lundi 21 décembre – contre 3 063 annoncés le lundi précédent, encore loin des 5 000 contaminations quotidiennes fixées par Emmanuel Macron début décembre.

Selon le point épidémiologique hebdomadaire de Santé publique France, le taux de reproduction du virus, apparaît lui aussi en progression : 1,03 au 17 décembre. Soit un seuil supérieur à 1, signe d’une augmentation du nombre de contamination.

En Europe, face à la recrudescence des contaminations, des mesures drastiques ont été prises. L’Allemagne, l’Italie, le Royaume-Uni, la Suisse.. les pays du vieux continent ont opté pour un reconfinement national ou partiel juste avant les fêtes de Noel. En France, si l’exécutif souhaite à tout prix éviter le reconfinement, l’inquiétude monte auprès des professionnels de santé.

Si le nombre d’hospitalisations liées au Covid-19 est à la baisse – près de 25 000 malades contaminés par le SARS-CoV-2 hospitalisés, ainsi que 2 745 en réanimation au 21 décembre – certains médecins et politiques alertent sur le risque d’une troisième vague et sur la nécessité d’un reconfinement après le réveillon de Noel.

Un fil rouge

Ainsi, dans certaines régions, à l’instar du Grand Est, les indicateurs sont alarmants. D’après les chiffres communiqués par l’Agence régionale de santé (ARS) Grand Est le lundi 21 décembre, les taux d’incidence ont explosé dans plusieurs départements de la région.

Afin de pallier à la situation, le professeur Djillali Annane, chef du service de réanimation à l’hôpital Raymond-Poincaré de Garches, a appelé à un « reconfinement strict le 26 décembre », sur BFM le mardi 22 décembre.

« Il faut avoir conscience de l’impact potentiel de l’organisation du réveillon de Noel sur la reprise épidémique, qui reste en France à un niveau très élevé (…). C’est pourquoi je préconise la solution difficile mais importante d’un reconfinement strict le 26 décembre, pour un mois de manière à revenir à un niveau de contamination quotidienne aux alentours de 1 000 par jour », explique-t-il.

Interviewé par « Le Monde », l’infectiologue Christian Rabaud – coauteur d’une modélisation sur la potentialité d’une troisième vague en janvier 2021 – estime que la situation sanitaire justifie de « poser la question » de restrictions plus fortes.

D’autres nuancent la nécessité d’un reconfinement après Noel afin d’éviter la troisième vague. Le professeur Olivier Claris, président de la commission médicale d’établissement des Hospices Civils de Lyon, juge qu’« il faut des arguments très solides pour justifier d’un reconfinement national, ce n’est pas le cas aujourd’hui » au journal « Le Monde ».« Mais dans certaines régions concernées par de fortes remontées, cela peut se justifier », ajoute-t-il.

« Nous avons confiné au bon moment »

Du coté de l’exécutif, l’hypothèse d’un reconfinement n’a pas été abordée. Le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal l’a exclu le lundi 21 décembre sur RTL : « On n’entend beaucoup de questions liées à un éventuel durcissement. Les mesures prises par nos voisins aujourd’hui en urgence sont celles que nous avons prises par anticipation. Si elles ont été jugées difficiles, nous les assumons. Nous avons pris nos responsabilités au bon moment. »

Même son de cloche pour Olivier Véran, ministre de la Santé, interrogé le lundi 21 décembre sur Europe 1 : « Nous avons confiné au bon moment. Nous sommes le pays au sein duquel le virus a baissé le plus rapidement, ce qui nous permet aujourd’hui d’éviter ce reconfinement en catastrophe et l’annulation pure et simple de Noël. »

Dans un article du « Monde », l’entourage d’Emmanuel Macron estime que « rien n’indique que de telles hypothèses soient des réalités ». Prudence tout de même, face à la « force et l’imprévisibilité » de ce virus, « il faut savoir anticiper et être prêt à tout », ont-ils ajouté.

Des maires se positionnent

Si le gouvernement souhaite à tout prix éviter le reconfinement, du côté de l’opposition, le son de cloche n’est pas le même. Ainsi, le maire socialiste de Nancy, Mathieu Klein a souhaité mardi 22 décembre qu’un nouveau confinement soit « annoncé rapidement » et « puisse entrer en vigueur dès le 28 décembre », si le gouvernement décide de recourir effectivement à cette mesure.

« Si le gouvernement envisage un nouveau confinement, celui-ci doit être annoncé le plus rapidement possible, pour entrer en vigueur à compter du 28 décembre », affirme Mathieu Klein dans un communiqué.

Même son de cloche à Reims, le maire LR Arnaud Robinet, a souhaité, sur France Info le mardi 22 décembre, un reconfinement « de façon territoriale ou au niveau national » après Noël. D’après lui, la solution d’un reconfinement « à partir du 25 ou du 26 jusqu’à la rentrée, c’est-à-dire jusqu’au 3 ou 4 janvier » permettrait « un retour à la vie presque normale à la rentrée ».

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