Covid: avec les tests payants, la gestion de l’épidémie entre dans une nouvelle phase

Article publié sur les echos.fr

A partir de ce vendredi, les adultes non-vaccinés sans prescription médicale devront payer pour se faire tester. Et l’obligation vaccinale pour les soignants entre en vigueur de façon définitive. Ceux qui n’auront pas reçu leur deuxième injection de vaccin seront mis à pied, à l’hôpital, dans les officines ou dans les cabinets médicaux.

Ce vendredi marque un point d’inflexion dans la gestion de l’épidémie de Covid . Les tests vont devenir payants pour les adultes qui n’ont pas reçu deux doses de vaccin, qui n’ont pas de prescription médicale, et à qui l’assurance-maladie ou l’agence régionale de santé n’ont pas demandé de se faire dépister. Ce sera 22 euros pour les antigéniques, 44 euros pour les PCR, avec des variantes selon le professionnel de santé et une majoration le week-end.

Cette mesure de déremboursement concernera un public réduit, sachant que près de 50 millions de Français sont complètement vaccinés, contre 7 millions de personnes éligibles non-vaccinées. Néanmoins, ce changement de pied devrait marquer les esprits, accélérer la fermeture des grands centres de vaccination et contraindre les pouvoirs publics à adapter leurs outils de surveillance de l’épidémie.

Une épidémie assagie

Elle témoigne aussi d’une certaine confiance dans la suite des événements – une épidémie assagie, avec potentiellement une nouvelle flambée des infections cet hiver, mais pas de grande vague d’hospitalisations.

« On est un peu dans la situation de l’été 2020, mais avec une couverture vaccinale », explique-t-on chez Santé publique France (SPF), en référence à ce qui fut une période de répit entre deux confinements. A l’époque, le nombre de cas remontait chaque jour. Actuellement, la tendance est plutôt orientée à la baisse , avec une incidence nationale inférieure au seuil d’alerte de 50 pour 100.000 habitants.

Depuis le début de la semaine, on observe un frémissement des contaminations, mais « rien de catastrophique, on s’y attendait », a déclaré le ministre de la Santé, Olivier Véran, sur France Info mercredi. L’activité a repris et le froid s’installe : les conditions sont plus favorables à la circulation virale. Les rhumes et les bronchiolites sont réapparus , alors que l’hiver dernier, le Covid avait évincé les autres virus.

Hospitalisations, clusters et eaux usées

L’agence gouvernementale estime également qu’avec le déremboursement, le nombre de tests hebdomadaires pourrait chuter de 3,2 millions la semaine du 4 au 10 octobre, à 2 millions par semaine. Il y en a eu jusqu’à 7 millions, mais le coût budgétaire de cette exception française devenait difficilement justifiable, dépassant 6 milliards d’euros en 2021 . « Nous n’allons pas casser le thermomètre », et la France est « encore un des pays qui testent le plus au monde », a rassuré Olivier Véran.

SPF explique de son côté que « la surveillance épidémiologique ne se base pas que sur les tests ». L’agence continuera à scruter les hospitalisations et veut aller plus loin dans l’examen des eaux usées. Le projet Sum’eau visant à étendre la surveillance au-delà du réseau de stations d’épuration Obépine aurait dû être opérationnel le 1er octobre, mais il a pris du retard. Enfin, le suivi s’appuie sur la détection des foyers d’infection. « Il y a des clusters, mais on les voit », garantit SPF.

12 départements font à leur tour tomber le masque à l’école

Interrogé sur les indicateurs à suivre pour ôter le masque dans les transports et les commerces, Olivier Véran a cité la circulation virale et les hospitalisations, mais il a également évoqué le taux de revaccination. Quatre à cinq millions de personnes y sontdéjà éligibles, dont un tiers ont eu leur « troisième » dose . « C’est mieux que nos voisins, mais ce n’est pas suffisant. Chaque jour, il y a des gens qui sont à huit mois de leur dernière injection et qui se contaminent au Covid », a-t-il regretté, en soulignant que la population éligible augmente chaque jour (22 millions à terme).

1.500 à 2.000 soignants qui raccrochent la blouse

L’autre point de bascule de ce vendredi, c’est l’entrée en vigueur définitive de l’obligation vaccinale pour les soignants et assimilés. Ceux qui n’auront pas reçu leur deuxième injection de vaccin seront mis à pied, à l’hôpital, dans les officines ou dans les cabinets médicaux.

Le couperet de la première injection obligatoire était déjà tombé le 15 septembre , et cette première lame n’a pas désorganisé le système de santé. Selon Olivier Véran, 10 à 15.000 soignants ne seraient pas vaccinés, soit 0,6 % des 2 millions de personnes concernées. Ce taux a baissé de 0,3 point depuis le 15 septembre. « A mesure que les semaines passent, celles et ceux qui font vraiment le choix de ne pas se faire vacciner deviennent l’exception », a déclaré le ministre, qui parle de 1.500 à 2.000 soignants ayant décidé de raccrocher la blouse. « C’est beaucoup et très peu », a-t-il insisté, sachant que 60 % des soignants n’étaient pas à jour lorsque l’obligation a été décidée. « Il n’y a plus de clusters multiples dans les hôpitaux », s’est-il également réjoui.

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