Faut-il s’attendre à une quatrième vague de Covid-19 cet été ?

Article publié sur ouest-france.fr

En France, le gouvernement a fait le choix d’entamer un assouplissement des mesures sanitaires mises en place dans le cadre de la lutte contre le coronavirus. Trop tôt peut-être, selon plusieurs infectiologues, qui craignent une nouvelle recrudescence des cas… Mais quand ? Cet été ? À la rentrée prochaine ? Éléments de réponse.

Les Français n’ont probablement qu’une seule hâte : pouvoir se retrouver, cet été, et profiter du soleil, en terrasse ou à la plage, peut-être même au restaurant… C’est ce que devrait logiquement permettre l’assouplissement des mesures sanitaires anti-coronavirus annoncé par le président de la République, Emmanuel Macron, le 29 avril dernier.

Mais si la publication du calendrier, qui promet aussi un décalage progressif du couvre-feu en vigueur, réjouit ceux qui souhaitent retrouver un semblant de vie « d’avant », il ne fait pas l’unanimité chez les médecins. Pour certains d’entre eux, cet assouplissement arrive trop tôt, alors même que les indicateurs clés de suivi de l’épidémie restent élevés.

Une situation « plus mauvaise qu’à la même période l’an passé »

Pour l’épidémiologiste Catherine Hill, interrogée par téléphone, l’été 2021 ne sera, à coup sûr, pas le même que celui de 2020. « La situation est plus mauvaise qu’à la même période l’an passé. Lors du déconfinement de l’an dernier, on en était à moins de 100 arrivées en réanimation chaque jour, rappelle-t-elle. Et là, on en est encore à plus de 300. Et on va lever le pied » sur les restrictions.

Après les annonces du gouvernement, c’est l’incompréhension, pour l’épidémiologiste. « Ce n’est pas le moment ! Tous les indicateurs sont très hauts, le virus va continuer à circuler et ça va réaugmenter. »

Daniel Camus, infectiologue à l’Institut Pasteur, craint lui aussi un été plus difficile que celui de 2020. « Reportez-vous à l’année dernière. Avec une incidence de 150 cas pour 100 000 habitants, on était en situation de risque maximum. Cette année, on a une incidence qui fait le double. » Pour autant, il n’imagine pas voir une véritable vague de Covid-19 venir perturber l’été des Français. « Les conditions climatiques estivales n’ont pas l’air favorables à ce virus, de ce qu’on a pu remarquer l’année dernière », explique-t-il.

Vers une quatrième vague ?

La vaccination, elle, jouera aussi son rôle, mais pour l’heure, il reste de compliqué de prévoir l’arrivée d’une quatrième vague. « Pour cet été, je ne suis pas très inquiet. Il y aura des cas, mais il est difficile de prédire l’apparition brutale d’une vague. Mais encore une fois, personne ne sait précisément ce qui va se passer », ajoute Matthieu Revest, infectiologue au CHU de Rennes (Ille-et-Vilaine).

Pour les trois médecins interrogés, l’été ne devrait pas marquer la fin de l’épidémie. L’éventualité d’une quatrième vague n’est pas totalement écartée, mais tout laisse à croire que si celle-ci doit intervenir, cela pourrait davantage être à l’automne.

« Il y aura un relâchement cet été. Le virus va circuler… Donc une reprise importante de l’épidémie après l’été n’est pas impossible. La couverture vaccinale sera probablement importante mais peut-être pas suffisante pour créer une immunité de groupe, et le climat de l’automne ne semble pas défavorable au virus », reprend Daniel Camus.

Si les indicateurs de suivi de l’épidémie en France commencent à diminuer, le virus est toujours là, et ne semble pas vouloir s’en aller de sitôt. « À l’hôpital, on s’attend encore à une surcharge de travail importante pour au moins un an », prévient Matthieu Revest. Les spécialistes appellent donc à la vigilance maximale. « Il ne faut pas relâcher, il faut garder le masque que certains sont peut-être déjà prêts à enlever », affirme Daniel Camus. « Et tester massivement », ajoute Catherine Hill. Le gouvernement se garde d’ailleurs le droit d’actionner des « freins d’urgence » sanitaires, dans les territoires où la propagation du virus serait trop importante.

Un deuxième été sous Covid-19 pendant lequel l’envie d’évasion sera donc une nouvelle fois bridée par la présence du virus.

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