Covid-19 : un spray nasal français, nouvelle protection contre le virus ?

Article publié sur lefigaro.fr

Bientôt commercialisé en France, ce spray commercialisé par la société Pharma and Beauty tuerait le virus «à 99,9%». De son côté, le syndicat des ORL fait part de son scepticisme.

Le spray nasal «Cov-Defense» est produit par Pharma and Beauty, société pharmaceutique située à Saint-Chamas, dans le sud-est de la France. NICOLAS TUCAT / AFP

Depuis l’apparition du coronavirus, les entreprises de l’Hexagone rivalisent d’inventions pour lutter contre l’épidémie du Covid-19. Après le masque, le gel hydroalcoolique, le spray nasal pourrait devenir le nouveau geste barrière «made in France.» En Provence, une start-up française se nommant Pharma and Beauty a créé un spray nasal efficace, selon elle, à 99% contre le Covid-19. Ce spray virucide est à base d’eau ionisée, connue pour ses propriétés antimicrobiennes. À France 3 , le président de P&B Group, Laurent Dodet a affirmé début février que «ce spray permet de désactiver le virus, il le déloge. Après utilisation, il faut se moucher quelques minutes après, pour totalement nettoyer les fosses nasales.»

Cette innovation a été validée par le laboratoire universitaire de l’IHU de Marseille, où exerce le professeur Didier Raoult. La solution à base d’eau ionisée a été testée sur la souche du SARS-CoV-2. Selon Pharma and Beauty, les résultats ont été approuvés par le professeur Bernard La Scola, chef de service de recherche à l’Institut Méditerranée Infection. Au Figaro, le professeur confirme que «cette substance tue le virus à 99,9%. C’est un geste d’hygiène comparable à l’utilisation de solution hydroalcoolique, pas vraiment comparable à un masque par exemple.» Il convient de préciser que ces tests n’ont pas été effectués sur des êtres humains.

Composé à 40 % d’eau ionisée et à 60 % d’eau purifiée, ce spray nasal aurait – en plus des vertus anti-Covid – des vertus anti-virales, purifiantes, nettoyantes et dépolluantes, selon Pharma and Beauty. Cette solution serait également 100 % naturelle, sans conservateurs et bio-compatible.

Un spray nasal disponible dès mars en pharmacie

Dans un communiqué du 11 février, la société Pharma and Beauty indique que «son efficacité a été démontrée in vitro sur le SARS-CoV-2 avec l’inactivation du virus à plus de 99% en 30 secondes. Ce spray nasal sera commercialisé en France, dès le 1er mars, en pharmacie par le laboratoire ORGANIC FOR SCIENCE LAB, et dès la mi-mars en parapharmacie et e-parapharmacie par la société BLOOMUP.» «A terme, la distribution est également prévue dans des hôpitaux, cliniques privées et EHPAD sur ces mêmes territoires.», ajoute le communiqué de P&B Group.

L’objectif de ce spray nasal est d’avoir un effet préventif «après une prise de risque par exemple», a expliqué le président de P&B Laurent Dodet, à l’AFP fin janvier. Il permettrait également de «réduire la charge virale» chez les personnes infectées, selon lui. Consulté par l’AFP, le médecin généraliste Pierre-Jacques Raybaud, diplômé en immunologie, estime que ce procédé peut-être intéressant. «Si on fait une inhalation juste après avoir été infecté», précise-t-il, mais avant que le virus ne pénètre les voies respiratoires.

Le syndicat des ORL sceptique

Cependant, il ne faut pas confondre ce produit nasal avec le vaccin contre le Covid-19. Ce spray ne guérit pas du coronavirus. Il s’agit d’un dispositif médical, et non pas d’un médicament, pour lequel différentes règles sont appliquées.

Contacté par le Figaro, Jean-Michel Klein, vice-président de syndicat national des ORL, prévient qu’il «ne faut pas confondre les règles d’hygiène avec le traitement, qui est le vaccin Covid-19. Ce spray peut être un geste barrière comme le gel hydroalcoolique. Mais ce n’est en aucun cas un médicament. Pour lutter contre le virus, il faut se laver les mains, mettre un masque, s’isoler en cas de contamination.»

«L’industrie pharmaceutique récupère l’angoisse des gens et fait croire qu’on a trouvé le remède miracle au Covid-19, in vitro. Rien ne prouve que si le virus est détruit dans une éprouvette, il sera détruit dans la muqueuse nasale», alerte Jean-Michel Klein. Il regrette l’ambiguïté entretenue autour de ces produits vendus en pharmacie, «pour persuader que c’est un traitement.»

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out /  Change )

Google photo

You are commenting using your Google account. Log Out /  Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out /  Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out /  Change )

Connecting to %s