Covid-19 et restrictions de voyage : ce qui change dès le 18 janvier

Article publié sur lefigaro.fr

Face à la vague épidémique, le gouvernement impose un isolement de 7 jours et un test PCR à l’arrivée de pays hors Europe. Les conditions se durcissent également dans les DOM-TOM. Des restrictions sont attendues pour les déplacements sur le Vieux continent.

Les arrivées en France métropolitaine et dans les DOM-TOM font désormais l’objet d’une septaine, au terme de laquelle un nouveau test PCR doit être réalisé. tigristiara – stock.adobe.com

Nouveau tour de vis sur les voyages, à trois semaines du début des vacances scolaires de février. Les restrictions et contraintes au départ, vers les DOM-TOM notamment, et à l’arrivée sur le territoire national, annoncées jeudi dernier par Jean Castex, sont entrées en vigueur ce lundi 18 janvier. En cause, la dégradation de la situation sanitaire, et l’inquiétude sur les variants du Covid-19, qui pousse de nombreux pays à durcir les restrictions, du couvre-feu au confinement en passant, parfois, par la fermeture de frontières. Le gouvernement déconseille à ce stade « totalement et strictement » tout voyage vers un pays étranger.

Concrètement, les autorités renforcent dès ce lundi les conditions d’entrée sur le territoire national, y compris pour les Français de retour de l’étranger. La présentation d’un test PCR négatif de moins de 72 heures et l’isolement de 7 jours avant un nouveau test deviennent la norme pour les voyageurs en provenance de tout pays hors UE. Pour le moment, les voyages intra-européens font exception. Mais le calendrier devrait s’accélérer. L’exécutif souhaite toutefois se coordonner avec ses partenaires de l’Union. Le sujet figure au menu du conseil européen du 21 janvier. Lors de son intervention, le Premier ministre avait indiqué que la situation sanitaire de pays comme l’Irlande ou le Danemark inquiétait les autorités françaises.

Alors que les réservations pour les vacances d’hiver frémissaient vers un certain nombre de destinations (Guadeloupe , Martinique, Dubaï…) où la vie revêt un semblant de normalité, ces restrictions sont en vigueur « jusqu’à nouvel ordre ». Une échelle de temps indéterminée qui alarme l’ensemble des professionnels du voyage, dont le moral replonge. Le monde de la montagne attend toujours de connaître la décision sur l’ouverture des remontées mécaniques, alors que les réservations pour les vacances au ski sont au plus bas. Le Premier ministre doit s’exprimer sur le sujet le mercredi 20 janvier, au terme d’un Conseil de défense. Quant à la mise en place d’un passeport vaccinal facilitant les voyages, poussée par la Grèce en vue de la saison d’été, plusieurs membres du gouvernement ont indiqué leur réticence à ce stade, à l’image du secrétaire d’État aux Affaires européennes, Clément Beaune.

Arrivée dans les DOM-TOM : la Martinique et la Guadeloupe imposent des isolements

La plage de la Caravelle, en Guadeloupe. De nombreux touristes français prévoient des voyages dans les Antilles Françaises pour les vacances de février. En plus du test PCR négatif préalable, une septaine d’isolement sur place et un nouveau test sont désormais exigés. Jakob Fischer / Jakob Fischer – stock.adobe.com

Alors que plus de 100.000 personnes s’y sont rendues pour les fêtes de fin d’année, la Martinique durcit à partir de ce lundi 18 janvier, ses conditions d’entrée. Les voyageurs de toutes provenances, métropole comprise, devront, en plus du test PCR négatif obligatoire de moins de 72 heures déjà exigé, se soumettre à un confinement strict de sept jours, avant de réaliser un nouveau test. Pour le préfet Stanislas Cazelles, il s’agit « d’éviter l’introduction du variant anglais par un voyageur qui serait porteur du virus, mais qui n’aurait pas été testé positivement au départ ». Seuls les voyageurs en provenance de Guadeloupe ne sont pas soumis à ces nouvelles mesures.

Suivant la même logique, tous les voyageurs débarquant en Guadeloupe (sauf ceux venus de Martinique), doivent désormais s’engager « sur l’honneur » à respecter un isolement de 7 jours de même nature que les « cas contact », en plus du test PCR négatif. Les passagers entre la Guadeloupe, Saint-Martin et Saint-Barthélemy ou la Guadeloupe et la Guyane doivent aussi justifier, dans les deux sens, d’un motif impérieux pour embarquer.

Les flux aériens entre la Martinique, la Guadeloupe et la Guyane sont cependant restreints compte tenu de la situation sanitaire très préoccupante du plus vaste territoire des Outre-mer, frontalier du Brésil. Le variant amazonien, qui inquiète fortement le continent sud-américain, a déjà contaminé un habitant en Guyane.

Les voyageurs qui reviennent des Antilles françaises (sauf Saint-Martin et Saint-Barthélemy) doivent, sans que cela soit obligatoire, se soumettre à sept jours d’auto-isolement en métropole et limiter les déplacements non nécessaires. Ils sont également fortement incités à se faire dépister entre 2 et 4 jours après leur retour pour des motifs de santé publique.

À Mayotte, un cas détecté du variant sud-africain a motivé les autorités à prendre une mesure radicale : la suspension des liaisons maritimes et aériennes internationales jusqu’au 31 janvier. Un autre cas de ce variant sud-africain a également été détecté à La Réunion , sur un passager en provenance des Comores. La préfecture a annoncé dans un communiqué qu’il allait être demandé « à toute personne ayant voyagé à Mayotte, aux Comores et au Mozambique ces quatorze derniers jours d’effectuer obligatoirement un test PCR dans les plus brefs délais ». Les déplacements, nombreux, entre les deux îles restent toutefois autorisés pour les personnes justifiant d’un « motif impérieux ».

Arrivée en Corse : test PCR obligatoire

Pour éviter un regain épidémique, le dispositif spécial mis en place par l’île de Beauté pour les fêtes de fin d’année a déjà été prolongé jusqu’au 8 février. Tous les voyageurs désireux de se rendre en Corse par la voie maritime ou aérienne doivent présenter un test PCR négatif réalisé au maximum 72h avant le départ avant d’embarquer. Tout passager de plus de 11 ans en provenance du continent doit également remplir une déclaration sur l’honneur d’absence de symptômes. « Fort de notre expérience estivale, nous avons insisté pour le maintien de cette mesure. La sécurité sanitaire est le premier critère d’attractivité d’une destination en ce moment, notre île a tout à y gagner », appuie Nanette Maupertuis, directrice de l’Agence du tourisme de la Corse.

Arrivée d’un pays de l’espace européen : pas de test exigé pour le moment

Le Portugal (ici Lisbonne) vient de se reconfiner en partie. Pour le moment, aucun test de dépistage n’est exigé lorsque l’on arrive en France depuis un pays de la zone européenne, hormis le cas particulier du Royaume-Uni. Mais cela pourrait changer. jasckal – stock.adobe.com

Pour les voyageurs de retour d’un pays de l’espace européen (États membres de l’Union européenne, Andorre, Islande, Liechtenstein, Monaco, Norvège, Saint-Marin, Suisse, Vatican…), aucun test de dépistage n’est pour le moment exigé à l’arrivée en France métropolitaine. Cette exemption s’applique aussi bien aux ressortissants français qu’aux étrangers. Tous les voyageurs revenant du Royaume-Uni doivent disposer d’un test PCR négatif de moins de 72 heures pour entrer en France.

Les autorités françaises souhaitent néanmoins à terme exiger des tests négatifs aux Européens qui entrent sur le territoire français. « Il est possible que des tests soient exigés pour les voyages intra-européens », a déclaré vendredi au Figaro le secrétaire d’État aux Affaires européennes, Clément Beaune. Une idée qu’il a de nouveau défendue dimanche sur France Info : « Nous envisageons de renforcer au sein de l’espace européen les mesures de contrôle. […] On vérifie aussi le type de tests que l’on peut exiger. On réfléchit à une liste de tests antigéniques qui seraient reconnus partout en Europe. » La mesure ne s’appliquerait pas à certaines catégories de personnes, dont les travailleurs transfrontaliers. Les pays de l’UE devraient se coordonner lors du Conseil européen du 21 janvier.

Les déplacements à l’intérieur de l’Union européenne restent possibles, bien que les voyages internationaux soient « strictement déconseillés » par les autorités françaises. La plupart des pays de l’UE exigent un test négatif (Espagne, Allemagne, Italie…) et/ou imposent une quarantaine (Irlande, Pays-Bas…) aux Français à l’arrivée. Certains pays se sont reconfinés ou ont prolongé leurs mesures de confinement, comme c’est le cas de l’Autriche et du Portugal. De son côté, l’Italie vient de repousser la date d’ouverture des stations de ski, prévue ce lundi 18 janvier.

Arrivée d’un pays extérieur à l’espace européen : test PCR obligatoire et isolement avant un nouveau dépistage

Les autorités durcissent les conditions d’entrée en France en provenance des pays extérieurs à l’espace européen (celui-ci incluant Andorre, la Norvège, la Suisse et l’Islande, Monaco, le Liechtenstein…) ou d’une liste très limitée d’une petite dizaine de pays définie par le Conseil européen le 16 décembre (Nouvelle-Zélande, Singapour, Rwanda, Corée du Sud…) à partir du 18 janvier. Tous les voyageurs qui souhaitent venir en France depuis ces états doivent effectuer un test PCR moins de 72 heures avant de partir. Cette obligation concerne aussi les Français de retour dans l’Hexagone. Les voyageurs devront également «s’engager sur l’honneur à s’isoler pendant 7 jours une fois arrivés, et refaire un test PCR à l’issue» de cette septaine.

Dans les rares pays où la réalisation d’un test PCR est impossible, un système de dépistage sera mis en place à l’arrivée en France avec septaine obligatoire dans un lieu d’hébergement validé par les autorités publiques.

Pas de changement en revanche pour ce qui est des départs à l’étranger. Les voyages en dehors du territoire européen sont déconseillés par le gouvernement, mais pas interdits. À condition de respecter les conditions d’entrée imposées par les autorités locales. Elles varient selon chaque État, de la simple déclaration sur l’honneur à la quarantaine en passant par le test PCR, tandis que de nombreux pays comme les États-Unis, le Pérou ou l’Australie maintiennent leurs frontières fermées aux touristes.

La tendance mondiale reste le durcissement des conditions d’entrée pour les ressortissants français, face à l’évolution de la pandémie. Mais au 18 janvier, les touristes français peuvent se rendre dans plusieurs destinations comme Dubaï, la Tanzanie ou encore le Brésil. Sauf que désormais, le retour se révèle très compliqué.

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