Covid-19 : Boris Johnson annonce le reconfinement total de l’Angleterre

Article publié sur lemonde.fr le 04/01/20

@Associated Press Boris Johnson, ici lors d’un discours télévisé à la nation depuis le 10 Downing Street à Londres, le 4 janvier 2021.

Sous la pression d’appels à reconfiner, le premier ministre avait averti qu’un nouveau tour de vis serait donné aux restrictions. Avec plus de 75 000 morts, le Royaume-Uni est l’un des pays d’Europe les plus absolument endeuillés par le Covid-19, et la tendance s’est aggravée ces dernières semaines.

Les Anglais vont, plus que jamais, devoir s’armer de patience. Confronté à la propagation alarmante du nouveau variant du coronavirus, plus contagieux, et au risque de submersion du système de santé, le premier ministre britannique, Boris Johnson, a annoncé lundi 4 janvier au soir le reconfinement de l’Angleterre jusqu’à la mi-février.

Le plus haut niveau de restrictions imposé à près de 80 % de la population britannique n’a pas suffi à enrayer la propagation du nouveau variant, 50 à 70 % plus contagieux selon les scientifiques britanniques, a souligné le chef du gouvernement conservateur lors d’une allocution télévisée.

Dans les hôpitaux anglais, le nombre de patients atteints par le virus, près de 27 000, a « augmenté de près d’un tiers » en une semaine et dépasse de 40 % le plus haut du pic de la première vague, a-t-il souligné. « Il est clair que nous devons faire plus » pour « prendre le contrôle » du nouveau variant. « Nous devons ainsi entrer dans un confinement national qui soit assez fort pour maîtriser ce variant ».

Comme lors du premier confinement au printemps et contrairement au deuxième en novembre, les écoles seront fermées et passeront à l’enseignement à distance dès mardi.

Si le Parlement doit débattre mercredi de ces mesures, Boris Johnson a appelé la population à suivre les règles immédiatement. Le confinement doit entrer en vigueur dès mercredi à minuit et une minute.

Si les conditions sont réunies, le confinement sera levé à la mi-février, échéance à laquelle, espère Boris Johnson, tous les plus de 70 ans seront vaccinés grâce à l’accélération de la campagne lancée le 8 décembre et désormais menée avec deux vaccins, celui de Pfizer/BioNTech et celui d’AstraZeneca/Oxford.

« Coup dur »

Avec plus de 75 000 morts, le Royaume-Uni est l’un des pays d’Europe les plus absolument endeuillés par le Covid-19, et la tendance s’est aggravée ces dernières semaines. Le bilan des contaminations publié chaque jour dépasse les 50 000, et tutoyait même les 59 000 lundi.

L’Ecosse avait d’ores et déjà annoncé un confinement total dès lundi soir pour tout le mois de janvier, comprenant la fermeture des écoles. « A partir de minuit et pour tout janvier, vous serez légalement tenus de rester à la maison », a annoncé la première ministre écossaise, Nicola Sturgeon, invoquant un « coup dur » dû au nouveau « variant du virus qui se propage rapidement ». L’Irlande du Nord pourrait suivre tandis que le Pays de Galles annonçait la fermeture des écoles jusqu’au 18 janvier.

Recommandant le passage de tout le Royaume-Uni au plus haut niveau d’alerte sanitaire, les responsables des autorités de santé ont prévenu qu’il existe un « risque important dans plusieurs régions » que le système public de santé, le NHS, soit « submergé au cours des vingt et un prochains jours » en l’absence d’intervention adéquate.

Critiqué pour ses hésitations et revirements dans la gestion de la crise, le gouvernement de Boris Johnson a redoublé d’efforts sur le front de la vaccination. La campagne lancée dès le 8 décembre avec le vaccin de Pfizer/BioNTech (plus d’un million de personnes l’ont reçu) va pouvoir s’accélérer avec le début de la distribution lundi de celui mis au point par le laboratoire britannique AstraZeneca avec l’université d’Oxford.

Lundi matin, Brian Pinker, 82 ans, est devenu le premier patient à recevoir le vaccin britannique, injecté par l’infirmière en chef de l’hôpital Churchill de l’université d’Oxford.

Le gouvernement a commandé 100 millions de doses, dont 520 000 sont déjà prêtes, qui vont permettre d’accélérer la campagne. L’arrivée du vaccin d’AstraZeneca/Oxford représente « un tournant dans notre combat contre cet horrible virus », a salué le ministre de la santé, Matthew Hancock, souhaitant « qu’il redonne à tout le monde l’espoir que la fin de cette pandémie soit en vue ».

Approuvé également par l’Argentine et l’Inde, le vaccin d’AstraZeneca/Oxford était très attendu. Peu cher (environ 2,70 euros la dose), il présente l’avantage de pouvoir être conservé à la température d’un réfrigérateur (contre − 70 °C pour le vaccin de Pfizer/BioNTech), facilitant ainsi une vaccination à grande échelle.

Il sera distribué en priorité aux catégories à risque, qui représentent 99 % des décès : résidents de maisons de retraite, soignants, personnes âgées de plus de 50 ans. Pour accélérer l’administration d’une première dose à une population la plus nombreuse possible, les deux doses seront espacées considérablement, jusqu’à douze semaines, période pendant laquelle les personnes ayant reçu la première dose sont protégées.

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