Covid-19: face au nouveau variant baptisé Omicron, l’Europe et la France se calfeutrent

Article publié sur lexpress.fr

Le dénommé B.1.1.529 n’est pas le bienvenu en Europe. Son profil de “super-variant” – il serait porteur selon les premières analyses d’une trentaine de mutations de sa protéine Spike, ce qui laisse supposer une résistance aux vaccins contre le Covid-19 – inquiète les autorités sanitaires du continent. Un cas a été signalé ce vendredi en Belgique, une première en Europe.  

Ce nouveau variant du Covid, détecté pour la première fois en Afrique australe, a été classé ce vendredi “préoccupant” par les experts de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), et baptisé “Omicron”. “Variant préoccupant”, ou “variant of concern”, est également la catégorie des variants Alpha (initialement identifié en Grande-Bretagne), Bêta (initialement identifié en Afrique du Sud) et Delta (initialement identifié en Inde, actuellement majoritaire). 

L’OMS a, vendredi, appelé à la prudence, et rappelé que l’analyse de la nouvelle souche du Covid-19 prendrait du temps. Elle a en outre déconseillé de prendre des mesures de restriction aux voyages. 

Trop tard. Les expériences de propagation rapide vécues avec les dangereux variants Alpha à l’hiver dernier et Delta, au printemps, poussent les États à agir vite. Le Royaume-Uni a été le tout premier à interdire les vols en provenance d’Afrique du Sud et cinq autres pays voisins à compter de ce vendredi midi. 

Vendredi soir, la Commission européenne a recommandé aux 27 pays de l’Union européenne de suspendre les voyages en provenance de la région d’où vient Omicron. “Les Etats membres se sont entendus pour imposer rapidement des restrictions sur tous les voyages vers l’UE en provenance de sept pays de la région d’Afrique australe : Botswana, Eswatini, Lesotho, Mozambique, Namibie, Afrique du Sud, Zimbabwe”, a tweeté Eric Mamer, porte-parole de la Commission européenne. Certains de ses pays membres, dont la France, avaient déjà pris les devants. 

France, Pays-Bas, Allemagne, Italie…

La France a emboîté le pas du Royaume-Uni, ce vendredi, en prononçant la suspension immédiate des arrivées en provenance de sept pays d’Afrique australe : l’Afrique du Sud, le Lesotho, le Botswana, le Zimbabwe, le Mozambique, la Namibie et l’Eswatini. “Les personnes ayant voyagé au cours des quatorze derniers jours dans l’un de ces pays sont invitées à se signaler aux autorités et à réaliser dans les meilleurs délais un test de dépistage RT-PCR”, a ajouté le bureau du Premier ministre à Matignon. 

Les Pays-Bas ont également interdit les vols de cinq pays d’Afrique australe. En Allemagne, seuls les citoyens allemands seront autorisés à rentrer d’Afrique du Sud à partir de vendredi soir, et à condition de respecter une quarantaine de quatorze jours, même s’ils sont vaccinés, a annoncé le ministre sortant allemand de la Santé Jens Spahn. “La dernière chose dont nous avons besoin maintenant, c’est l’introduction d’un nouveau variant qui cause encore plus de problèmes”, a-t-il justifié.

L’Italie a enfin, elle aussi, interdit ce vendredi son territoire à toute personne ayant séjourné en Afrique australe “au cours des 14 derniers jours”. 

Dans le monde, en Asie, Singapour a annoncé une interdiction similaire à celle du Royaume-Uni à compter de dimanche, sauf pour ses ressortissants et résidents. Le Japon sévit également. Les personnes arrivant d’Afrique australe à partir de samedi seront soumises à une quarantaine de dix jours dans un lieu choisi par le gouvernement. Ils devront se soumettre à un test de Covid à leur arrivée au Japon, et à trois autres durant cette quarantaine. Drastique. Au fil de la journée, d’autres pays comme le Maroc ou les Philippines ont annoncé suspendre les vols. 

Un préjudice pour l’Afrique du Sud

Réagissant à la seule restriction londonienne dans un premier temps, le gouvernement sud-africain a dénoncé une décision “hâtive”. “Notre préoccupation immédiate est le préjudice que cette décision va causer aux industries du tourisme et aux entreprises des deux pays”, a poursuivi la ministre sud-africaine des Affaires étrangères Naledi Pandor dans un communiqué. “Certaines réactions sont injustifiées”, a ensuite déclaré le ministre de la Santé Joe Phaahla lors d’une conférence de presse dans la soirée. “Certains dirigeants cherchent des boucs émissaires pour résoudre un problème qui est mondial”, a-t-il poursuivi évoquant “des réactions instinctives de panique”.  

Les craintes liées à ce nouveau variant, décelé à un moment où les restrictions sanitaires suscitent des tensions sociales et où la défiance envers la vaccination persiste, ont fait chuter les prix du pétrole et entraîné de fortes baisses des bourses mondiales. La Bourse de Paris a clôturé, vendredi soir, en très forte baisse de 4,75%. Quant à la Bourse de New York, elle a connu sa plus forte chute de l’année, à 2,53%. 

Pour l’heure, une poignée de cas seulement ont été officiellement détectés en Afrique du Sud, au Botswana, mais aussi à Hongkong ainsi qu’en Israël, chez des voyageurs en provenance du continent africain. Son potentiel de propagation est cependant “très rapide”, a alerté jeudi le virologue Tulio de Oliveira, lors d’un point presse du ministère sud-africain de la Santé. Son équipe de l’institut de recherche KRISP, adossé à l’Université du Kwazulu-Natal, avait déjà découvert l’année dernière le variant Beta, très contagieux. 

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