Le SIBO, la maladie (méconnue) des “hyperballonnés”

Je vous partage cet article car je me dis que cela pourrait être utile à certains d’entre vous. En effet, après des mois d’errance médicale…et suite à des analyses précises, il s’est avéré que l’on m’a enfin diagnostiqué cette pathologie, source de mes maux de ventre et d’une fatigue chronique très handicapante. C’est parti pour un traitement de fond, avec notamment mise en place d’un régime FOMAPS…Je sens que ça va être la galère mais espère les réels résultats à la clé !

Article publié sur topsante.com

Le SIBO ou pullulation bactérienne de l’intestin grêle est un déséquilibre chronique de la flore intestinale, qui se traduit, entre autres, par des ballonnements et la production anormale de gaz. Causes, symptômes, traitements… Le point sur cette pathologie méconnue, qui incommode fortement le quotidien des personnes en souffrant.

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Le SIBO (pour small intestinal bacterial overgrowth), ou pullulation bactérienne de l’intestin grêle en français, est un déséquilibre du microbiote intestinal. L’intestin grêle, dont le rôle est d’absorber la majorité de nos nutriments, supporte mal l’excès de bactéries. Si bien que des modifications de sa flore entraînent des fermentations des résidus alimentaires non digérés, responsables de nombreux symptômes :

  • Des ballonnements, flatulences et remontées acides ;
  • Des douleurs abdominales ;
  • Des épisodes de diarrhée et de constipation qui peuvent s’alterner ;
  • Des nausées ;
  • De la dyspepsie, ou troubles digestifs fonctionnels ;
  • De la fatigue.

Des manifestations similaires à celles du syndrome de l’intestin irritable, aussi appelée colopathie fonctionnelle. En fait, les deux pathologies sont étroitement liées. Dans les pays anglo-saxons – où la pullulation bactérienne de l’intestin grêle est étudiée depuis une quinzaine d’années – de nombreux nutritionnistes estiment même que la plupart des patients diagnostiqués d’un côlon irritable souffriraient en réalité d’un SIBO. Mais ce dernier est encore méconnu et peu pris en compte en France. Il ne serait pourtant pas rare.

Un déséquilibre du microbiote, lié au complexe moteur migrant

Pour comprendre les mécanismes en jeu dans ce syndrome, il faut d’abord se faire une image du fonctionnement de l’intestin grêle. Dans le ventre, la majorité des bactéries intestinales se concentrent dans le gros intestin, véritable usine de fermentation. L’intestin grêle, lui, n’a pas besoin d’autant de germes, car ils pourraient perturber le processus de digestion.

Une fois celui-ci enclenché, les aliments non digérés sont propulsés vers le gros intestin grâce au complexe moteur migrant (CMM). Toutes les 90 à 120 minutes, ce “système autonettoyant” pousse les déchets vers la sortie pour faire place au prochain repas. C’est ainsi un dysfonctionnement du CMM qui serait en partie responsable du SIBO. Plusieurs pistes sont étudiées par les chercheurs pour expliquer ce dérèglement :

Cette pullulation bactérienne pourrait ainsi être la conséquence d’une autre affection.

Un diagnostic difficile à poser

En France, des tests sont réalisables dans les Centres hospitaliers universitaires (CHU) pour détecter un SIBO. Mais le syndrome reste sous-évalué. Les gastro-entérologues prescrivent l’examen lorsque le patient présente des diarrhées et des pertes de poids. Aux États-Unis, les professionnels de santé prennent aussi en compte la constipation.

Le diagnostic se présente sous forme d’un test respiratoire. Quand les bactéries intestinales ingèrent des sucres complexes, elles libèrent des gaz (dont l’hydrogène, le méthane et l’hydrogène sulfureux) qui seront à leur tour dégagé par les poumons. Mesurer les exhalations permet donc d’évaluer la fermentation dans l’intestin grêle, et de constater si elle est excessive.

L’examen est remboursé par la Sécurité sociale, mais reste chronophage (il dure trois heures) et les précautions à prendre sont contraignantes (diète pauvre en glucides fermentescibles pendant un jour avant le test).

Des conséquences sur la santé physique et mentale

Le SIBO endommage la muqueuse intestinale, celle-ci devient plus perméable. L’intestin “fuit” et est ainsi plus vulnérable aux particules alimentaires non totalement digérées et aux agents pathogènes, poussant le système immunitaire à agir. Ce phénomène provoque ainsi des inflammations, et explique pourquoi le SIBO peut être accompagné par :

Ces manifestations ont un impact direct sur le quotidien des malades. La production anormale de pets, notamment, peut s’avérer très handicapante pour la vie sociale. Des problématiques illustrées par la journaliste Dora Moutot, qui a récemment écrit un livre sur le sujet, À fleur de pet“À fleur de pet. C’est l’état dans lequel je suis depuis une dizaine d’années. À fleur de pet et à fleur de peau. Quelque part entre les rires, les pleurs et les gaz”, écrit-elle. Elle y raconte comment ses incessants allers-retours aux toilettes, sujets de pudeur et de gêne, ont impacté sa vie personnelle et professionnelle.

Certains patients développent également des troubles du comportement alimentaire, de peur de voir ressurgir leurs symptômes à chaque aliment ingéré.

Comment traiter le SIBO ?

Une personne qui souffre d’une pullulation microbienne de l’intestin grêle peut être traité momentanément, en modifiant de mauvaises habitudes (alimentation déséquilibrée, manque d’exercice physique, stress chroniquemanque de sommeil) pour lutter contre les symptômes. Toutefois, c’est uniquement en comprenant ses causes et ses facteurs aggravants que l’on pourra réellement un jour en venir à bout.

L’excédent de bactéries étant étroitement lié à l’alimentation, différents régimes peuvent être mis en place, notamment celui pauvre en FODMAPS. Mais le SIBO se manifestant de façon différente chez chaque individu, les choix alimentaires doivent être adaptés en fonction des besoins de chacun. Des solutions peuvent être testées avec un nutritionniste-diététicien, dont le rôle sera de faire le tri et de soulager l’inconfort intestinal.

DES ANTIBIOTIQUES POUR RECONSTITUER LA FLORE

Des traitements antibiotiques (notamment la rifaximine) ont aussi été essayés. Ces médicaments perturbent l’équilibre entre les bonnes et mauvaises bactéries présentes dans le ventre : les agents pathogènes qui n’ont rien à faire dans l’intestin grêle sont ainsi éliminés, et la flore est reconstituée avec ceux nécessaires au bon fonctionnement de l’organisme.

Mais de la même façon, ce processus ne fonctionne pas sur tout le monde. Et le SIBO étant déjà un déséquilibre du microbiote intestinal, le cercle peut s’avérer vicieux. Les antibiotiques ne constituent donc pas une solution sur le long terme. Les espoirs de traitement se tournent désormais vers la greffe fécale.

Merci à Julie Delorme, diététicienne-nutritionniste spécialisée en digestif pour ses réponses.

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