Covid-19 : les effets secondaires du vaccin pourraient être très désagréables

Article publié sur Marieclaire.fr

Des médecins américains réclament que les responsables de la santé publique et les fabricants de médicaments avertissent les populations sur les effets indésirables de leur vaccin, afin qu’ils sachent à quoi s’attendre et ne craignent pas la deuxième dose.

Alors que les annonces successives sur l’efficacité de plusieurs candidats-vaccins contre la Covid-19 suscitent un vaste élan d’espoir parmi la communauté scientifique, politique et civile. Des médecins américains exhortent les responsables de santé publique à avertir les populations sur les éventuels “effets secondaires difficiles” des différents vaccins.

Lors d’une réunion avec les conseillers des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies américains, la docteure Sandra Fryhofer s’est interrogée : ses patients reviendront-ils pour la deuxième dose du vaccin s’ils observent des effets secondaires difficiles ? Dans tous les cas, “nous devons vraiment sensibiliser au fait qu’il ne s’agira pas d’une promenade au parc”, a-t-elle déclaré à CNBC.

Aucun effet secondaire grave

Parmi les quatre laboratoires ayant publié leurs résultats de phase 3, aucun n’a fait état d’effets secondaires graves après l’injection du vaccin. Seuls quelques légers désagréments ont été observés chez une minorité des volontaires.

Selon le projet CoviReivac“les effets secondaires éventuels peuvent se manifester par de la fièvre, un malaise, des douleurs musculaires, des maux de tête, une rougeur ou un gonflement sur le site d’injection. Mais dans la majorité des cas, ils disparaissent spontanément en quelques jours”

Des participants aux essais des vaccins de Moderna et Pfizer avaient témoigné de leur expérience en septembre dernier. Après avoir reçu l’injection, ils ont ressenti une fièvre élevée, des courbatures, des maux de tête, de l’épuisement et d’autres symptômes désagréables, comme l’impression de subir une gueule de bois.

Néanmoins, si ces derniers étaient inconfortables et intenses, ils avaient souvent disparu dans les 24 heures qui suivirent. Ces déclarations avaient été confirmées par les deux laboratoires.

Des effets secondaires “très rares” des mois après la vaccination

Cependant, “on s’accorde à penser que des événements graves peuvent survenir jusqu’à 6 mois après une vaccination, et il peut exister des effets secondaires très rares que l’on ne verra pas tant qu’on n’aura pas vacciné un très grand nombre de personnes”, expliquait Marie-Paule Kieny le 22 novembre au journal Le Figaro

D’autant que les essais cliniques ont surtout été effectués sur des patients jeunes et en bonne santé. Mais cette problématique se pose pour tout nouveau produit médical et n’est pas propre au vaccin contre le coronavirus, soulignent les spécialistes.

De plus, en l’absence d’études scientifiques dans lesquelles les résultats annoncés par les laboratoires seront détaillés, il n’est pas possible de savoir si l’efficacité de ces vaccins concerne également les personnes à risque face au coronavirus (personnes âgées, souffrant d’obésité, de diabète ou encore d’hypertension).

Par exemple, si Moderna donne des précisions sur le profil des 95 personnes ayant contracté le virus pendant ses tests, le laboratoire américain ne dit pas lesquelles faisaient partie du groupe ayant été vacciné et lesquelles avaient reçu un placebo.

“Dans les publications scientifiques, on voit toute cette stratification des individus, selon l’âge, la présence de comorbidités (d’autres affections en plus de la maladie étudiée, ndlr), l’origine ethnique, etc. Là, on n’a pas tout ça”, notait Bruno Pitard, directeur de recherches au CNRS après l’annonce des premiers résultats de Pfizer et BioNTech.

La nécessité de contrôles stricts

En France, les vaccins font l’objet d’un double contrôle, par le fabricant et par un laboratoire officiel indépendant : la Direction des contrôles de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). 

  • L’industriel, à chaque étape de la fabrication, vérifie la qualité du vaccin (présence de la substance active dans la quantité attendue, pureté, élimination des produits intervenant dans la fabrication, etc.)
  • L’ANSM procède à un contrôle en laboratoire sur un échantillon de l’identité du produit (concordance entre le lot et ce qui est attendu), de l’activité du vaccin en laboratoire ou chez l’animal, de la stabilité des composants, de l’absence de contamination par des micro-organismes étrangers.

De plus, comme le rappelle la commission européenne, tout vaccin devra être autorisé par l’Agence européenne des médicaments conformément aux normes habituelles en matière d’innocuité et d’efficacité. 

Dans son allocution du 24 novembre dernier, Emmanuel Macron a assuré aux Français que “la vaccination ne serait pas rendue obligatoire“. Le Président de la République souhaite que cette nouvelle étape dans la lutte contre la pandémie se fasse “de manière claire, transparente, en partageant à chaque étape toutes les informations, ce que nous savons, comme ce que nous ne savons pas”. En France, les premières vaccinations devraient débuter dès la fin de l’année ou au début du mois de janvier.

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