Article publié sur femmeactuelle.fr

Alors que la démence est encore incurable, des chercheurs estiment qu’un type d’alimentation en particulier pourrait réduire le risque de son apparition.
Dans le monde, près de 50 millions de personnes souffrent de démence. Il s’agit d’une des principales causes de perte d’autonomie, qui “se manifeste par une altération croissante de la mémoire et des fonctions cognitives ainsi que par des troubles du comportement”, précise l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Elle est encore incurable, mais certaines habitudes peuvent limiter le risque de la développer.
Des chercheurs se sont penchés sur le cas des personnes atteintes de maladies cardiométaboliques, à savoir celles ayant un diabète de type 2, une maladie cardiaque ou ayant eu un accident vasculaire cérébral (AVC). Les chercheurs notent que ces personnes ont plus de risques de démence. Selon les auteurs de ces travaux, une alimentation anti-inflammatoire en réduirait le risque. Leurs résultats sont publiés dans la revue Jama Network.
Une alimentation anti-inflammatoire réduirait le risque de démence même chez les personnes souffrant de maladies cardiométaboliques
Pour en arriver à ces résultats, les chercheurs se sont basés sur les données de 84.342 personnes, âgées de 40 à 70 ans, inscrites à la UK Biobank et souffrant de maladies cardiométaboliques, telles que le diabète de type 2 ou une maladie cardiaque par exemple. Les chercheurs ont recueilli des informations sur l’état de santé des participants. De plus, ces derniers ont répondu à un questionnaire sur leur mode de vie et sur leur alimentation. Les chercheurs ont réalisé des examens cérébraux par imagerie par résonance magnétique (IRM) chez près de 9 000 participants.
Les auteurs de ces travaux ont classé les participants en fonction de leur alimentation, en trois catégories : ceux qui avaient une alimentation “pro-inflammatoire”, “neutre” ou “anti-inflammatoire”. Puis, les chercheurs ont suivi l’état de santé des participants sur une durée maximale de 15 ans.
Une alimentation anti-inflammatoire réduirait la neurodégénérescence
Sur la période étudiée, 1.559 personnes, soit 1,9 % des participants, ont développé une démence. Les auteurs notent que sur ce panel, les participants ayant un régime anti-inflammatoire par rapport à un régime pro-inflammatoire présentaient un risque de démence inférieur de 31 %. De plus, les experts ont remarqué que les participants qui avaient un régime anti-inflammatoire avaient un “volume de matière grise significativement plus important (ce qui montre une neurodégénérescence moins developpée NDLR) et une charge de lésions hyperintenses de la substance blanche (qui sont des signes de lésions vasculaires dans le cerveau NDLR) significativement plus faible”.
Dans leurs conclusions, les chercheurs notent que “ces résultats mettent en évidence le régime anti-inflammatoire comme un facteur modifiable qui pourrait soutenir la santé cérébrale et cognitive chez les personnes atteintes de maladies cardiométaboliques”.
Qu’est-ce qu’un régime anti-inflammatoire et est-il adapté à tous ?
Pour rappel, le régime anti-inflammatoire se base sur la consommation de produits bruts tels que le riz, la semoule complète ou encore le pain complet, de fibres alimentaires que l’on retrouve dans les fruits, les légumes, les céréales ou encore les légumes secs et les oléagineux. De plus, il tend à limiter la viande rouge, les produits laitiers riches en matières grasses, les œufs, les céréales raffinées et les aliments transformés.
Dans un communiqué de l’Université d’Harvard, le Dr Howard E. LeWine, illustre : “Si vous recherchez un régime alimentaire qui respecte de près les principes d’une alimentation anti-inflammatoire, pensez au régime méditerranéen, qui est riche en fruits, légumes, noix, céréales complètes, poisson et huiles saines”.
De plus, si vous souhaitez l’adopter, « commencez par faire des changements progressivement, afin que cela devienne un changement de style de vie plutôt qu’un ‘régime' », conseille Liz Moore, diététicienne agréée au Beth Israel Deaconess Medical Center, dans un communiqué de l’Université d’Harvard. « Essayez de manger moins d’aliments provenant de produits emballés et davantage d’aliments provenant de la terre ».
Attention toutefois, car avant de l’adopter, il est recommandé de consulter un professionnel de santé afin de s’adapter aux besoins nutritionnels à chacun.
Sources :
- Anti-Inflammatory Diet and Dementia in Older Adults With Cardiometabolic Diseases – Jama Network 12/08/2024
- Foods that fight inflammation – Harvard Health Publishing – 26/03/2024
- Quick-start guide to an anti‑inflammation diet – Harvard Health Publishing – 15/03/2023
