Mort de Taylor Hawkins, batteur des Foo Fighters et deuxième âme du groupe

Article publié sur telerama.fr

Le musicien, âgé de 50 ans, a été retrouvé mort dans sa chambre d’hôtel à Bogota en Colombie, où les Foo Fighters, groupe dans lequel il tenait les baguettes depuis 1997, était en tournée.

Look de surfeur ultra cool, sourire constant aux lèvres, cheveux aux vents (grâce à son ventilateur de scène) et incroyable jeu de batterie : Taylor Hawkins pouvait être la seule personne que l’on pouvait regarder lors des concerts des Foo Fighters. Hormis Dave Grohl sur le front de scène, évidemment. L’impressionnant batteur californien a été retrouvé mort dans sa chambre d’hôtel à Bogota, en Colombie, où le groupe dans lequel il tenait les baguettes depuis 1997 était en tournée. Il n’avait que 50 ans. On lui en aurait donné dix de moins. Surtout, on l’aurait encore écouté frapper pendant dix de plus, et encore au-delà.

Dans un post sur ses réseaux sociaux, « la famille Foo Fighters » s’est dit « dévastée par la mort tragique et prématurée de [leur] Taylor Hawkins chéri »« Son esprit musical et son rire contagieux vivront avec nous pour toujours », écrit le groupe, qui a une pensée pour sa femme et ses trois enfants.

On ignore encore les circonstances de son décès. Mais il faut tout de même rappeler que le sourire de Taylor Hawkins cachait aussi des démons, qui s’étaient déjà manifestés lors d’une overdose d’héroïne en 2001, le laissant deux semaines dans le coma. « J’adorais faire beaucoup la fête, mais je n’étais pas accro », s’était-il justifié en 2018.

Le batteur du plus grand batteur du monde

Il est indéniable que Foo Fighters était le groupe de Dave Grohl. L’ancien batteur de Nirvana avait monté ce projet en 1994 pour exorciser la mort de son ami Kurt Cobain et y placer ses propres compositions. Sur le premier album, c’était lui qui faisait tout : batterie, basse, guitare, chant, enregistrement. Quand est venue la question de défendre ses chansons sur scène, il fallait quelqu’un à la hauteur. Dave Grohl avait choisi l’ancien batteur de Sunny Day Real Estate, William Goldsmith. Mais pour « jouer de la batterie dans le groupe dont le chanteur est le plus grand batteur du monde, qui regarde constamment si tu fais aussi bien que lui », comme le dit le guitariste Pat Smear dans le documentaire Back and Forth, William Goldsmith est un peu court. Si bien que pour The Colour and the Shape, le deuxième album, Dave Grohl réenregistre toutes les parties batterie à l’insu de son batteur. Ce qui provoque évidemment le départ de Goldsmith, en 1997.

C’est là que Taylor Hawkins entre dans le jeu. Informé que Foo Fighters n’a plus personne derrière les fûts pour sa future tournée, le batteur de 25 ans se porte volontaire… malgré ses engagements auprès de la star montante du rock FM américain, Alanis Morissette, qu’il suivait sur scène depuis 1995. « Tu réalises qu’on n’est pas aussi gros qu’Alanis », lui a dit Dave Grohl. « Je sais, a répondu Taylor, mais je veux être dans un groupe et connaître cette expérience. »

Bien lui en a pris : les voilà tous les deux partis pour vingt-cinq ans de collaboration ensemble, à construire l’un des plus grands groupes de rock actuel. Du rock de stade, dont les chansons se sont forcément édulcorées avec le temps – malgré quelques sursauts de temps à autres – mais qu’on n’arrive pas à détester. Pour la personnalité, le jeu et la coolitude – parfois surjouée – de Dave Grohl. Mais sûrement aussi pour les mêmes aspects portés par Taylor Hawkins.

Alter ego parfait

Foo Fighters est aussi devenu immédiatement le groupe de Hawkins. Son jeu puissant et précis rappelle celui de Dave Grohl, l’ex-frappeur de grunge. Mais avec un supplément de finesse. Une parfaite combinaison inspirée par ses deux héros John Bonham (Led Zeppelin) pour la lourdeur et Stewart Copeland (The Police) pour la complexité. C’est cette alchimie avec Grohl qui a pu faire passer les Foo Fighters des salles moyennes aux stades qu’ils ont commencé à remplir peu de temps après son arrivée. Sa musicalité irradiaient justement les huit albums enregistrés avec les Foo Fighters – à commencer par There is Nothing Left to Lose, premier disque enregistré en tant que « Foo Fighter », réussissant même à placer ses propres compositions, sur lesquelles il chantait parfois (malheureusement, pas les meilleures des Foo Fighters). Vu le fonctionnement quasi-dictatorial imposé par Grohl, Taylor Hawkins était indéniablement le casting parfait, l’alter ego de Grohl. Pourtant, l’Américain n’était pas qu’un batteur destiné à s’effacer derrière le leader de son groupe, comme le montreront ses envies de créations personnelles, avec ses deux groupes plus ou moins éphémères : Taylor Hawkins and the Coattail Riders, puis Chevy Metal.

Personnellement, on se souvient de notre première rencontre avec son troublant physique androgyne dans le clip d’Everlong (réalisé par Michel Gondry) dans lequel il assurait les parties enregistrées par Dave Grohl sur une toute petite batterie. De ses contretemps dans All My Life qu’on essayait vainement de reproduire dans une chambre d’ado. De ces heures passées à décortiquer son jeu ou à simplement regarder des vidéos en ligne de « drum off » – des challenges de batterie – face à… Dave Grohl. De la fascination, surtout, pour sa capacité à capter toute l’attention sur scène alors qu’on était tout de même devant la légende vivante Dave Grohl. On ne sait évidemment pas encore ce qu’il va advenir des Foo Fighters. Mais Taylor Hawkins demeurera irremplaçable.

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