10 villages italiens à visiter au moins une fois dans sa vie

Article publié admagazine.fr

De la Calabre à la Sardaigne, de la Toscane à la Campanie, chacun de ces villages italiens méritent d’être découvert pour leur charme et leur caractère uniques. Embarquez pour un périple hors des sentiers battus.

10 villages italiens à découvrir et préserver

« Visiter ces lieux, c’est devenir actionnaire de la beauté. C’est contribuer à maintenir en vie un véritable enchantement. » C’est Fiorello Primi, président de l’association I Borghi più belli d’Italia (« Les plus beaux villages d’Italie ») qui ose cette métaphore, invitant les touristes à découvrir les merveilles cachées au détour de chaque rue dans les innombrables villages, au charme aussi enjôleur qu’unique, disséminés à travers tout le pays. Depuis vingt ans, l’association s’emploie à promouvoir le patrimoine et l’héritage de ces petites villes italiennes. En deux décennies, elle en a distingué près de 300. Le signe d’une grande diversité et d’une vraie vitalité qui fait taire les esprits chagrins qui ressassent les idées déclinistes, qui voudraient que le terroir se meurt. « En aucune manière, répond Primi. Ces vieilles pierres ont une âme. Si l’on en prend soin, s’ils l’on s’en occupe avec l’attention nécessaire, elles vivront encore très longtemps. Les villages italiens sont bien plus que de simples destinations, ce sont des lieux de vie, des communautés prêtes à accueillir les touristes à bras ouverts. »

Castiglione di Garfagnana dans la province de Lucques. Courtesy I borghi più belli d’Italia 

Si ce sont autant de petits mondes à part, ils n’en sont pas moins ouverts à l’architecture et au design : « Pour les rendre accessibles, il faut bien sûr éliminer certains obstacles. Mais afin de ne pas les défigurer, chaque nouveau projet doit se montrer à la hauteur de ces précieux environnements. L’histoire ne souffre ni improvisation, ni approximation. »

Au-delà de ces considérations générales, AD a demandé à l’association de se livrer pour ses lecteurs à un exercice périlleux : établir une liste de dix villages. Une liste forcément trop courte – elle n’a nullement la prétention d’être exhaustive – et subjective – il n’est pas question de déterminer les plus beaux villages, ni même les plus menacés. Elle se veut simplement un coup de projecteur sur quelques-unes des merveilles à découvrir à travers toute la péninsule. Chacun de ces villages possède une caractéristique, un point fort, un atout pour susciter la curiosité, les prémices d’un voyage à entreprendre et la promesse de beautés sidérantes.

On le répète, cette liste est au mieux fragmentaire. Comme le confirment les chiffres : « les petites villes sont la colonne vertébrale du pays. Plus de 5 490 d’entre elles ont une population de moins de 5 000 habitants. Ce sont les gardiens du patrimoine historique et naturel de la Botte et il nous appartient à tous non seulement d’apprendre à les apprécier, mais aussi à les sauvegarder », déclare Giorgio Palmucci, président de l’Enit, l’agence nationale du tourisme italien.

Tandis que nous tâtonnions dans l’obscurité de ces deux dernières années, peut-être avons-nous appris quelque chose de cette pandémie ? Peut-être nous a-t-elle transformés ou du moins aidés à reconsidérer un tant soit peu nos priorités ? Qu’est-ce qui est beau ? Qu’est-ce qui est désirable ? « C’est précisément ce moment historique qui nous permet d’envisager notre environnement sous un jour nouveau, comme un vaste réservoir de sites et de possibles, pour réinventer des vies plus saines, des lieux où il fait non seulement bon vivre, mais où il est également facile de projeter notre imagination au-delà des limites du territoire. »

© Ambassador

Civita di Bagnoregio (Viterbo)

1/10

Si le choix est évident, ce village célébrissime reste incontournable. Natif de la région, l’écrivain Bonaventura Tecchi l’avait qualifié de « città che muore », le village mourant, en raison des nombreux glissements de terrain dans la région, des effondrements qui menacent son existence même. Mais au contraire, le village est devenu un symbole de résistance : le tourisme y est florissant, et la splendeur du paysage, comme un hameau juché au sommet d’un canyon, nous rappelle que la vie l’emporte toujours.

2/10

Ostana (Cuneo)

À la croisée de tous les mouvements, du ski alpin en hiver à la randonnée en été, il déploie crânement un charme d’un autre temps. Comme un salon face au Mont Viso, pour reprendre une formule heureuse qui en résume parfaitement l’esprit. Ses rues et leurs bâtiments de pierre forment un labyrinthe dans lequel il fait bon se perdre, protégé par l’étreinte des sommets. La population, tombée à cinq habitants, en compte désormais plus de soixante-dix : la magie de la montagne a opéré et inversé la tendance.

3/10

Sottoguda (Belluno)

Dans les Dolomites, au pied de la Marmolada, au milieu d’une architecture séculaire et de granges bâties à la main, se trouve un village heureux, qui se félicite d’avoir su le rester. Parmi les éléments typiques, des figures en fer forgé ornent l’entrée des maisons, et les cheminées de bois fumantes disent que la vie demeure. Des artefacts d’un monde ancien, analogique ancré, qui ne se laissera pas balayer par la modernité. Ici, on a pourtant l’impression d’être ailleurs, le temps n’a tout simplement plus cours.

4/10

Verucchio (Rimini)

Loin du modernisme à outrance, de l’agitation noctambule et de la mer. Ce n’est pas qu’on s’ennuie ici, non, mais on s’y amuse à un rythme différent : on déambule paisiblement devant des forteresses, des palais du XVIIIe siècle, on fait une halte au musée archéologique, installé dans un ancien monastère. Verucchio est le lieu de naissance des Malatesta, les seigneurs de Rimini, Dante lui-même a écrit sur son patriarche. Pourtant, plus que dans une nébuleuse Divine Comédie, c’est dans la splendeur d’un ancrage bien terrestre que se prélasse Verucchio.

5/10

Castiglione in Garfagnana (Lucques)

Fatigué de la tyrannie du béton, de la pollution sonore permanente, vous trouverez ici le refuge idéal, situé à l’exact opposé de tout ça. Au milieu des bois et des montagnes, le village garde ses distances avec le flux contemporain. Au-delà du lyrisme, ici, les mets les plus simples et nobles sont à l’honneur, champignons et truffes, salami et pecorino y accompagnent le pain de pommes de terre. Comment dit-on déjà ? Le goût des choses simples.

6/10

Summonte (Avellino)

Dans la région de la Campanie, ni à Naples ni sur la côte, mais à l’intérieur des terres, ce village médiéval est un secret très bien gardé. En son cœur : la grangia, une structure monastique qui a en son temps favorisé le développement de l’agriculture locale. Tout autour, les traces de l’histoire s’accumulent et se mélangent, sur les bords des chemins tranquilles et magnifiques d’Irpinia.

7/10

Fornelli (Isernia)

Ses moins de deux mille habitants bénéficient d’une température annuelle moyenne de plus de 18 °C. On est bien ici, au chaud dans le ventre d’une muraille fortifiée, qui n’a cependant pas fermé ses portes à l’avenir. Car le village sait conter son histoire, se projeter vers l’extérieur, embrasser les tendances : bref, pour le dire crûment, le marketing ne lui est pas étranger. Moins nostalgique que les autres, plus enclin à se dévoiler pour séduire. Mais le jeu en vaut néanmoins la chandelle. 

8/10

Civita (Cosenza)

Encore un Civita, puisque c’est un nom assez commun, qui contient la notion d’agglomération. Mais celui-ci porte la trace du démon : cet incroyable pont du Diable et ses 600 marches, promesses d’un effort bien loin du confort moderne et mondain. S’il porte ce nom, c’est que seul le diable aurait pu construire un tel ouvrage dans un endroit aussi inaccessible. L’infernal effort se révèle néanmoins payant, puisqu’il permet d’accéder à une vue imprenable sur de sublimes gorges qui n’ont rien à envier au Grand Canyon américain.

9/10

Opi (L’Aquila)

Une oasis au cœur de la terre sauvage du parc national des Abruzzes. Sauvage, oui, car ses habitants, sur la terre comme au ciel, ont pour noms loup, ours, aigle ou lynx. Eux ne craignent pas les glissements de terrain fréquents dans la zone. Pas de panique, ils savent aussi que pour vivre heureux, ils doivent vivre cachés. En vous baladant en forêt, vous croiserez surtout de paisibles chamois. 

10/10

Posada (Nuoro)

Nous achevons notre tour d’Italie par un atterrissage en douceur sur l’île de Sardaigne. Posada sera pour tous ceux qui veulent jouir des beautés de la terre – comme celles du hameau qui grimpe jusqu’à la tour du sommet – et des bienfaits de la Grande bleue. Ici, le littoral est traité avec un respect sacré, l’eau est transparente et la plage éclatante de blancheur. La municipalité a même pensé à un service de vélo en libre-service pour faire cohabiter vert et bleu. Qui a dit village vieillot ?

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