Covid-19: le variant Omicron serait moins dangereux car il touche moins les poumons

Article publié sur la-croix.com

Une analyse partielle de Santé publique France et plusieurs études en cours de validation confortent l’hypothèse d’un Covid-19 moins grave avec le variant Omicron. La raison ? Cette forme du virus se retrouverait moins dans les poumons des personnes infectées.

Fin décembre, l’Afrique du Sud estimait avoir passé le pic de la vague Omicron, sans que le nombre de décès liés au Covid-19 explose. Dans l’Hexagone, Santé publique France a analysé en détail un peu plus de 300 contaminations liées à ce variant dans son dernier bulletin épidémiologique, paru vendredi 7 janvier.

Premier enseignement, 89 % des cas étaient symptomatiques. Mais ces symptômes étaient bénins. Et sur les 225 personnes pour lesquelles l’information était disponible, seules cinq ont été hospitalisées, dont aucune en réanimation. À noter que ces malades étaient plutôt jeunes et sans facteur de risque, ce qui pourrait expliquer en partie les résultats.

Il n’empêche, pour les spécialistes, le sentiment diffus qu’Omicron occasionne des formes moins graves de Covid-19 semble se confirmer. Avec une question majeure : est-il intrinsèquement moins grave ou est-ce qu’entre la vaccination et les contaminations précédentes, les malades sont « simplement » plus résistants ?

Moins d’infections pulmonaires

Les premières études sur le sujet, robustes mais en prépublication et non validées par les pairs, donnent raison à la première hypothèse. Des chercheurs de l’université de Saint-Louis aux États-Unis ont constaté que la concentration en virus était une dizaine de fois moins importante dans les poumons de rongeurs contaminés par Omicron que dans ceux contaminés par d’autres variants. Le virus s’y réplique moins.

Une autre étude, menée sur des cellules pulmonaires in vitro, aboutit à la même conclusion d’une moindre infection dans les poumons. Sans entrer dans le détail, l’explication serait à chercher du côté des mécanismes d’accrochage du variant Omicron aux cellules. Cette forme du virus se retrouverait donc moins dans les poumons, ce qui limiterait la gravité et par conséquent l’admission en réanimation.

Les personnes symptomatiques connaîtraient surtout une atteinte des voies respiratoires supérieures (nez, bouche, gorge, larynx, etc.), mais moins la deuxième phase de la maladie, l’inflammation pulmonaire grave. Des rongeurs infectés par Omicron, examinés dans le cadre d’une étude menée par Harvard et d’autres centres de recherche américains, ont perdu moins de poids que ceux contaminés par d’autres variants (chez les rongeurs, la perte de poids est une manifestation de la maladie). Autrement dit, les rongeurs malades d’Omicron semblent en avoir moins souffert.

Transmissibilité « deux à trois fois supérieure »

S’il provoque une maladie moins grave, Omicron reste nettement plus contagieux. Santé publique France évoque une transmissibilité « deux à trois fois supérieure » par rapport au variant Delta. Et avec plus de gens infectés, il y a, mathématiquement, plus de malades hospitalisés. Ce week-end, plus de 3 800 personnes étaient admises en soins critiques, quel que soit le variant à l’origine de la maladie.

Parmi les virologues et les épidémiologistes, la fiabilité des autotests pour détecter Omicron fait aussi débat. Certains s’interrogent sur l’opportunité de passer l’écouvillon d’abord en profondeur dans la gorge (oro-pharyngé) puis dans le nez (naso-pharyngé). Un moyen de « scanner » deux zones de réplication du virus pour être sûr qu’il ne se cache pas dans l’une ou l’autre. Mais aussi le risque de plus de complications si le geste est mal maîtrisé.

À l’école, le poids de l’épidémie

D’après le dernier décompte du ministère, jeudi 6 janvier, 9 202 classes étaient fermées à cause du Covid. Plus de 47 000 cas ont été confirmés chez les élèves et plus de 5 600 chez le personnel. Concernant le protocole sanitaire, remanié quatre jours après la rentrée, il prévoit désormais un test immédiat pour les cas contacts avec reprise des cours si négatif, puis deux autotests. Par ailleurs, 55 millions de masques chirurgicaux ont été commandés. Mais face au variant Omicron, plus transmissible, le personnel réclame des masques FFP2. Un appel national à une grève jeudi 13 janvier a été lancé par plusieurs syndicats enseignants.

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out /  Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out /  Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out /  Change )

Connecting to %s