15 chansons métal pour un noël qui envoie du lourd

Article publié sur rollingstone.fr

AC/DC, Dio, Type O Negative, Korn et bien d’autres célèbrent les fêtes de Noël en version métal, avec des gros riffs de guitare.

Stevie Wonder a dit un jour « tout le monde est un enfant à Noël« . Les métalleux ne font pas exception. Au fil des ans, les groupes de métal ont retourné leurs crucifix et ont composé certaines des odes les plus lourdes, les plus fortes et les plus déchirantes à la saison des fêtes. Voici 15 des chansons de Noël métal les plus percutantes jamais enregistrés.

@Brad Barket/Getty Images

AC/DC – « Mistress for Christmas »

Alors que la plupart des gens passent Noël à souhaiter plus de bienveillance sur Terre, Brian Johnson d’AC/DC veut juste un peu de sexe en cachette. Sur « Mistress for Christmas« , il demande au Père Noël un peu d’action. D’après le plaisir qu’il semble avoir, il était définitivement sur la liste des « pas sages » cette année-là.

Twisted Sister – « I Saw Mommy Kissing Santa Claus »

Qui aurait cru que Twisted Sister, le groupe qui a choqué les ménages dans les années 1980 et s’est opposé au Parents Music Resource Center, sortirait quelque chose d’aussi sain qu’un album de Noël ? Étonnamment, le groupe joue de façon relativement conventionnelle sur « I Saw Mommy Kissing Santa Claus« .

Type O Negative – « Red Water (Christmas Mourning) »

Les meilleurs gothico-métalleux de Brooklyn sont hantés par les fantômes des Noël passés sur cette chanson sinistre et lugubre. D’une voix sépulcrale, Peter Steele évoque les amis et la famille disparus. Ne manquez pas les citations humoristiquement sombres de « Carol of the Bells » et de « God Rest Ye Merry Gentlemen« , ni la vidéo géniale créée par des fans et inspirée par la chanson. – Brandon Geist

Spinal Tap – « Christmas With the Devil »

Un crâne de Père Noël géant, Harry Shearer en pantalon de cuir avec une queue de diable, et un solo à trois : ça doit être Noël chez Spinal Tap. Le plus drôle, c’est qu’ils ne sont pas très loins des groupes qui sont sérieux.

Manowar – « Silent Night »

Manowar adore la grandiloquence. Un grand nombre de leurs chansons sur le combat médiéval commencent tranquillement, pour ensuite atteindre un point culminant explosif, à faire fondre les visages. Pour  » Silent Night  » (en allemand !), ils ont rangé les épées mais gardé les crescendos. Un final digne d’un roi.

Halford – « We Three Kings »

Rob Halford de Judas Priest aime tellement Noël que son troisième album solo, Halford 3: Winter Songs, est entièrement composé de chansons de Noël. Sur « We Three Kings« , le dieu du métal interpelle le dieu judéo-chrétien comme seule une légende du métal peut le faire.

Korn – « Kidnap the Sandy Claws »

Outre les kilts, les dreadlocks et les baggy, Korn adore les fêtes de fin d’année. Au cours des 20 ans de carrière des fondateurs du nu-metal, ils ont interprété leur version de « Jingle Bells » (réimaginé en « Jingle Balls« , un titre death-métallique) et du poème classique de Noël « A Visit from St. Nicholas » (devenu « Christmas Song« , un titre à la mode). Mais leur cadeau le plus généreux est sans aucun doute leur reprise de « Kidnap the Sandy Claws« , tiré de L’Étrange Noël de monsieur Jack, que Jonathan Davis et ses coéquipiers transforment en un pétage de plomb de tueur en série. – Brandon Geist

Amon Amarth – « Viking Christmas »

Sur « Viking Christmas« , le groupe de death-metal mélodique Amon Amarth s’insurge contre le révisionnisme de l’histoire chrétienne. Ou bien sont-ils en train d’admettre que malgré leur soif de sang, ils aiment aussi les biscuits au pain d’épice ? Ça reste sujet à interprétation.

King Diamond – « No Presents for Christmas »

« No Presents for Christmas » s’ouvre sur une interprétation de style Muzak de quelques classiques de Noël avant que King Diamond ne déchire le tout avec un rire démoniaque. Se pourrait-il que King Diamond soit devenu sataniste parce que le Père Noël a oublié sa maison quand il était petit ?

Dio avec Tony Iommi – « God Rest Ye Merry Gentlemen »

Le pouvoir de Black Sabbath est démontré par le fait que même « God Rest Ye Merry Gentlemen« , vieux de plusieurs siècles, passe de l’amical chant de Noël à un morceau écrasant avec un petit réarrangement. Iommi présente des riffs suffisamment lourds pour le Vol. 4, tandis que Dio livre une performance digne d’un opéra.

Lemmy, Billy F. Gibbons, Dave Grohl – « Run, Rudolph, Run »

 » Run, Rudolph, Run  » est désormais un standard de Noël, joué par tout le monde, de Chuck Berry à Keith Richards, en passant par Billy Idol, Sheryl Crow et Cee Lo. Mais c’est la voix de Lemmy, imbibée de whisky, qui donne l’impression que cette version a été enregistrée alors que le trio était en pleine ivresse de fêtes.

GWAR – « Stripper Christmas Summer Weekend »

Quand les GWAR fêtent Noël, ils le font en été… avec des strip-teaseuses… pendant tout un week-end. Ce n’est pas parce qu’ils viennent de l’espace que ces monstres ne peuvent pas se détendre pendant les vacances. Ici, ils célèbrent les fêtes comme seuls des aliens meurtriers peuvent le faire : en violant le Père Noël lui-même.

Henry Rollins – « Twas the Night Before Christmas »

Celle-ci n’est pas strictement heavy metal, mais on la laisse passer parce que c’est Henry. Dans son interprétation du classique de Noël, Rollins lit le poème par-dessus un collage sonore avant-gardiste comprenant des sirènes et des coups de feu. Mais dans la version de Rollins, après avoir fait coucou au Père Noël, ce pauvre bonhomme explose dans le ciel, frappé par un missile.

August Burns Red – « Carol of the Bells »

Le groupe de metalcore chrétien August Burns Red aime tellement Noël qu’il a enregistré un album instrumental entier de chants de Noël en 2012 : August Burns Red Presents : Sleddin’ Hill, A Holiday Album. Mais c’est en 2007 que le groupe est entré dans l’esprit des fêtes de fin d’année, en enregistrant une reprise de « Carol of the Bells » très appréciée des fans, qui a transformé cet air déjà assez métal en une épopée de shredding. – Brandon Geist

Christopher Lee – « Little Drummer Boy »

D’épais riffs grondent en arrière-plan tandis que l’acteur britannique Christopher Lee, 91 ans, avec son baryton incroyablement profond, livre une interprétation que l’on ne peut que qualifier d’épique. Les autres métalleux de cette liste ont livré d’excellentes versions de leurs chansons, mais comment faire mieux que Saroumane lui-même, qui hurle « A-rum-pa-pum-pum !« ?

John Gentile

Traduit par la rédactionARTICLES CONNEXES:AC/DCBLACK SABACHRISTOPHER LEEDAVE GROHLDIOFEATUREDHENRY ROLLINSKORNROB HALFORDSPINAL TAPTONY IOMMITWISTED SISTERNE MANQUEZ PASLes 10 plus grands albums de Noël de tous les temps

VOUS POURRIEZ AIMER

  • Dave GrohlDave Grohl et Greg Kurstin reprennent KISS
  • Foo Fighters Studio 666Le Foo Fighters sortent un nouveau teaser pour « Studio 666 »
  • Dave Grohl and Greg KurstinDave Grohl et Greg Kurstin reprennent les Clash
  • Dave Grohl Greg KurstinJumpDave Grohl et Greg Kurstin reprennent « Jump » de Van Halen
  • Dave Grohl Greg KurstinDave Grohl et Greg Kurstin reprennent « Blitzkrieg Bop »
  • EXCLU – Tony Iommi est de retour avec « Scent of Dark »

MUSIQUE

Les 10 plus grands albums de Noël de tous les temps

Publié 25/12/2021

ParLa Rédaction

Albums de Noel

Pochettes de disques

De James Brown à Elvis Presley, des Beach Boys à Phil Spector, voici notre classement des meilleurs albums de Noël de tous les temps.

Il n’est pas surprenant que dans le Guiness des records, le single le plus vendu de tous les temps soit une chanson de Noël (« White Christmas » de Bing Crosby). Il y a une universalité dans la musique de Noël qui transcende la religion. Demandez à Bob Dylan, élevé dans la religion juive mais qui a suffisamment aimé les airs de Noël pour en enregistrer un album entier en 2009. Du gangsta rap au jazz, en passant par le reggae et l’indie-pop, des crooners aux rockers, l’envie de sortir un « Blue Christmas » ou un « Santa Claus Is Coming to Town » ne connaît pas de frontières. Vous trouverez ci-dessous notre liste des 10 meilleurs albums de Noël de tous les temps.

10 – Ella Fitzgerald, Ella Wishes You A Swinging Christmas (1960)

Dès l’ouverture de l’album avec « Jingle Bells« , la première dame du jazz swing tellement que les pauvres poneys qui tirent son traîneau auraient dû demander des indemnités pour accident du travail. Cette joie contagieuse ne se relâche jamais sur ce merveilleux album, enregistré au cours de l’été 1960 avec un orchestre dirigé par Frank De Vol (à qui l’on doit notamment le thème de The Brady Bunch). Sur des morceaux comme « Let It Snow ! Let It Snow ! Let It Snow » et « Winter Wonderland« , Fitzgerald étend ses voyelles comme si elle tendait un arc vers les étoiles. Et quand elle se sent vraiment bien, elle ponctue les chansons avec des exclamations comme « I’m just wild about hors-es!« . Yee-ha !

9 – Soul Christmas (1968)

Les stars du R&B d’Atlantic Records se sont réunies pour cet album fantastique de 1968. Les meilleurs albums de Noël rock & roll restent fidèles à la tradition tout en l’orientant dans de nouvelles directions amusantes, et celui-ci parfait cet équilibre. Otis Redding interprète un « White Christmas » lent et lugubre et « Merry Christmas Baby« , tandis que Carla Thomas transforme son tube « Gee Whiz » en un « Gee Whiz, It’s Christmas » qui évoque les veillées devant la cheminée. Et puis il y a « Back Door Santa », de Clarence Carter : « Je ne suis pas comme le vieux père Noël/Qui ne vient qu’une fois par an/J’accours avec mes cadeaux à chaque fois que tu m’appelles, chérie ».

8 – Bing Crosby, White Christmas (1986)

Cette version de 1941 de la ballade rêveuse « White Christmas » du compositeur Irving Berlin s’est vendue à 50 millions d’exemplaires, inspirant des reprises par tous, de Stiff Little Fingers à New Kids on the Block. Sept décennies plus tard, son style vocal reste un modèle de facilité élégante et de sentimentalité majestueuse. L’album Merry Christmas de 1945 de Bing Crosby (enrichi au fil des ans de morceaux des années 1940 et 1950 et réédité sur CD sous le nom de White Christmas en 1986) a une nette saveur irlandaise et catholique grâce à l’hymne « Faith of Our Fathers » et au joyeux « Christmas in Killarney« . Il y a aussi la chanson aux accents hawaïens « Mele Kalikimaka » (l’une des trois chansons avec les Andrews Sisters). Mais, bien sûr, les meilleurs morceaux sont ceux de Crosby en solo, avec « Silver Bells » ou « I’ll Be Home for Christmas« . C’est ça, un grand chanteur. Si vous n’aimez pas, c’est que vous cherchez autre chose.

7 – Beach Boys, Beach Boys’ Christmas Album (1964)

À leurs début, les Beach Boys pouvaient transformer la Journée nationale des pédicures-podologues en une fête, alors imaginez ce qu’ils pouvaient faire de Noël. L’espièglerie de leurs sourires (et de leurs pulls) est omniprésente dans cette collection de 1964. Le meilleur des six originaux de l’album est le sombrement drôle « Santa’s Beard« , dans lequel Mike Love emmène son frère de cinq ans au centre commercial pour rencontrer le Père Noël et où l’enfant lui retire sa barbe de coton dans un moment de démystification qui change une vie. Le reste du disque mélange des airs ensoleillés comme « Little Saint Nick« , un « Little Deuce Coupe » remanié, avec des expériences amusantes comme le jazzy « Frosty the Snowman« . Et les versions avec orchestre de « White Christmas » et « Blue Christmas« , toutes deux chantées de façon poignante par Brian Wilson, laissent entrevoir la majesté de Pet Sounds.

6 – Louis Armstrong and Friends, The Best of Christmas Songs

Il est le meilleur hôte imaginable pour une réunion de Noël. Louis Armstrong rayonne la chaleur humaine et la bonne humeur sur cette compilation récente de ses enregistrements avec des amis comme Mel Torme, Dinah Washington, Duke Ellington et Lena Horne. Chaque morceau est immédiatement familier, comme si vous arriviez enfin dans votre maison d’enfance illuminée le soir de Noël après un trop long voyage. Mel Torme obtient les honneurs du chant pour son velouté « The Christmas Song« . Mais sur des titres comme « Cool Yule« , « Christmas in New Orleans » et « Zat You, Santa Claus« , c’est Armstrong qui est en première ligne. Le point culminant est « Christmas Night in Harlem« , où il grogne, « Tout le monde reste debout jusqu’à 3 heures passé/Tout le monde brille comme un sapin de Noël » avant d’éclater de rire.

5 – A Motown Christmas (1973)

« J’ai vraiment vu maman embrasser le Père Noël et je vais le dire à mon père « , dit un Michael Jackson trop mignon de 1970 à ses frères sceptiques dans ce qui est peut-être le moment le plus adorable de la pop de Noël. Le reste de ce double album de 1973 est également fantastique. On y trouve des morceaux des Miracles, Supremes, Jacksons, Temptations, Marvin Gaye et Stevie Wonder, avec des titres aussi variés que le subtil « Jingle Bells » des Miracles, l’adorable « What Christmas Means to Me » de Wonder ou le terriblement pédagogique « Children’s Christmas Song » des Supremes, avec Diana Ross en institutrice du dimanche dirigeant une chorale d’enfants. La réédition de 1999 sur Spotify se termine par une complainte de Gaye aux accents country, datant de l’époque du Vietnam, « I Want to Come Home for Christmas« , qui donne une tournure fascinante à l’esprit intégrationniste de la Motown.

4 – A Charlie Brown Christmas (1965)

Il est assez ironique que le jazz cool et décontracté de la côte ouest (une musique conçue pour faire la promotion de la luxuriance de la vie californienne) soit le plus souvent associé à ce pauvre petit Charlie Brown, à l’existence décousue, qui se tient debout sous la neige et se plaint à Linus que Noël le déprime. Sur des chansons comme « Skating » et « Christmas Is Coming« , le Vince Guaraldi Trio trouve un équilibre parfait entre gaie impatience et introspection hivernale. C’est devenu l’une des musiques américaines les plus visuellement évocatrices. Le créateur des Peanuts, Charles Schulz, a déclaré : « La façon dont ils marchent et rebondissent un peu… il a capturé cela dans sa musique« .

3 – James Brown, James Brown’s Funky Christmas (1995)

James Brown, décédé le 25 décembre 2006, a enregistré trois albums de Noël pendant son apogée créative : James Brown Sings Christmas Songs en 1966, A Soulful Christmas en 1968 et Hey America It’s Christmas en 1970. Les meilleurs titres de chacun d’eux sont réunis dans ce fantastique coffret. Brown réinventait le rock & roll à son image funk-révolutionnaire à la fin des années 1960, il n’est donc pas surprenant qu’il ait injecté un peu de soul-power dans la période des fêtes. Il y a des ballades R&B (« Merry Christmas Baby » et « Please Come Home for Christmas« ), des exercices de groove (« Go Power at Christmas Time« , « Soulful Christmas« ) et des prises de conscience sociale (« Santa Claus Goes to the Ghetto« , « Let’s Unite the Whole World at Christmas« ). Comme le Père Noël lui-même, James Brown a quelque chose dans sa hotte pour chaque fille et chaque garçon du monde entier : sur la chanson-titre flamboyante de l’album Hey America It’s Christmas de 1970, il implore : « Blanc ou noir/bleu ou vert/Même un homme que je n’ai jamais vu/Réunissons-nous !« .

2 – Elvis Presley, Elvis’ Christmas Album (1957)

Vous voulez savoir à quel point Elvis était révolutionnaire dans l’Amérique des années 1950 ? Irving Berlin, l’auteur de « White Christmas« , était tellement scandalisé par la version d’Elvis de 1957 qu’il a essayé de la faire interdire à la radio. Mais au lieu de cela, Elvis’ Christmas Album est resté en tête du classement du Billboard pendant un mois et s’est vendu à près de 20 millions d’exemplaires dans différentes éditions. C’est un merveilleux mélange de rock & roll léger (« Santa Bring My Baby Back to Me« ), de versions révérencieuses de chansons traditionnelles (« O Little Town of Bethlehem« ) et de clins d’œil à ses racines country et gospel (« Take My Hand, Precious Lord« ). Le classique, bien sûr, est « Blue Christmas« . Mais sur chaque chanson, Elvis apporte quelque chose de suggestif à un genre blanc comme neige, tout en purifiant légèrement sa propre image de mauvais garçon, montrant qu’il était aussi bien capable de réchauffer votre foyer que de griller vos marrons.

1 – A Christmas Gift For You From Phil Spector (1963)

Non seulement c’est le meilleur disque de Noël de tous les temps, mais c’est aussi un véritable classique de la pop. (Rolling Stone l’a placé 142e dans sa liste des 500 plus grands albums de tous les temps). Le Wall of Sound de Spector ajoute de la grandeur et de la dramaturgie, tandis que l’équipe de Philles Records illumine le hit-parade de Noël avec un feu d’artifice de rock & roll. Les Crystals font la fête sous la cheminée sur « Santa Claus Is Coming to Town » ; Ronnie Spector transforme « Frosty the Snowman » en une flaque d’eau dans le jardin ; et sur le classique de Brill Building « Christmas Baby, Please Come Home« , Darlene Love se lance dans une ballade épique sur l’affliction romantique adolescente. Pas étonnant que Brian Wilson le considère comme son album préféré.

Jon Dolan

Traduit par la rédactionCONTINUER LA LECTURE

MUSIQUE

Les 10 pires chansons de Noël

Publié 25/12/2021

ParLa Rédaction

Chansons de Noël

© Rick Diamond/Getty Images; Brian Bowen Smith/NBCU Photo Bank/NBCUniversal/Getty Images; George Pimentel/WireImage via Getty Images

Découvrez notre palmarès des 10 pires chansons de Noël. La concurrence est rude, mais on y est arrivé.

C’est Noël. Cette période très spéciale de l’année où l’on ne peut pas entrer dans un magasin sans être bombardé de chansons avec des grelots. Tous les artistes qui vendent plus de deux disques finissent par essayer de faire une chanson de Noël. La quantité d’excellente musique ainsi produite est stupéfiante, mais à côté de toutes ces merveilles, il y a aussi beaucoup de déchets… Notre liste des pires chansons de Noël comprend des massacres psychotiques de classiques bien-aimés, des tentatives horribles de nouveaux standards, des nouveautés hideuses, et plus encore.

Voilà la playlist de bonnes retrouvailles familiales de Noël en enfer. Joyeuses fêtes !

10 – ‘NSync, « I Never Knew the Meaning of Christmas »

C’est l’heure de se rassembler autour du feu, les enfants : Justin, JC, Joey, Chris et Lance ont quelques leçons à vous donner sur ce qu’ils ont appris sur Noël. Le groupe ‘NSync a connu un beau succès avec son album Home for Christmas en 1998. « I Never Knew the Meaning of Christmas » (« Je n’ai jamais su ce que signifiait Noël, jusqu’à ce que je regarde dans tes yeux ») est leur chanson de romance adolescente. « En repensant à mon enfance/Je n’arrive pas à croire à mes bêtises, chante Justin Timberlake. Je pensais que Noël venait seulement des magasins. » Mais il rencontre alors une jeune fille très spéciale qui lui apprend que Noël, c’est les balades en traîneau et les chansons. Britney n’a pas fait de commentaire. -R.S.

9 – LeAnn Rimes, « Carol of the Bells »

Toutes les versions de ce pseudo-classique sont une torture. Quatre notes répétées encore et encore jusqu’à la mi-janvier. Oui, on a compris, elles sonnent bien les cloches de Noël, ding-dong, ding-dong. On peut passer à autre chose ? Enfin, pas toutes les versions : comme Metallica l’a prouvé, seuls les groupes de métal sont capable de rendre justice à la répétition et à la brutalité. Mais pour une raison étrange, les chanteurs pop aiment montrer leur côté sérieux avec cette chanson. LeAnn Rimes chante ding-dong jusqu’à la stupeur, comme si elle était restée bloquée dans le clocher un peu trop longtemps. -R.S.

8 – The Killers, « Don’t Shoot Me Santa »

Quel genre de psychopathe pense qu’un adolescent terroriste et un Père Noël vengeur feraient une bonne chanson de Noël ? Brandon Flowers, apparemment. Avec un mur du son digne de A Christmas Gift for You et quelques changements d’accords intelligents, le single de Noël des Killers en 2007 aurait dû être bien meilleur que ça. Mais Flowers et Cie ont écrit une tragédie adolescente dans laquelle un Kris Kringle à la mode Dexter veut abattre le personnage de Flowers, protagoniste qui se décrit lui-même comme un « garçon qui vit sainement » et qui admet avoir tiré sur « les enfants de [son] quartier« . Une partie des recettes de la chanson a été reversée à l’association Product Red AIDS de Bono, mais ce n’est pas une excuse suffisante. Tue-le, Père Noël. S’il te plaît. On t’achète les balles. -K.G.

7 – Lou Monte, « Dominick the Donkey »

Les Italiens nous ont donné beaucoup des plus beaux cadeaux de la vie. Mais « Dominick the Donkey« , enregistré en 1960 par le chanteur italo-américain Lou Monte (né Scaglione), est un affront au Père, au Fils et au Saint-Esprit. Cousin spirituel de la chanson « Chicken Dance« , il est deux fois plus énervant et sans charme. Cette agression auditive comprend un refrain répétitif « Hi-han ! Hi-han !« , accompagné d’un klaxon qui pourrait briser du verre et d’un refrain « la-la-la-la-la-la-la » chanté, semble-t-il, par les Schtroumpfs. Le Père Noël utilise « l’âne de Noël italien« , explique la chanson, pour rendre visite à ses « paesans » en Italie parce que les rennes ne peuvent pas grimper les collines. C’est l’équivalent Noël de « Shaddap You Face » de Joe Dolce. Écoutez-le une fois, et vous ne l’oublierez jamais. Joyeuses fêtes, amici. -M.F.

6 – Les Pussycat Dolls, « Santa Baby »

Il a fallu quelques milliers d’années pour inventer le concept de « chansons sur le fait de se taper le Père Noël en échange de jouets« , mais honnêtement, laissez ce pauvre homme tranquille. M. Noël est tellement occupé tout au long de l’année, à graisser son traîneau, à vérifier ses listes et à contrôler ses rennes. La dernière chose dont a besoin cet homme des neiges aux joues potelées, c’est de repousser une horde de « Santa Baby » assoiffée. Depuis que Madonna a fait revivre cette vieille chanson d’Eartha Kitt dans la superproduction A Very Special Christmas de 1987, elle est devenue un incontournable des fêtes. Les Pussycat Dolls en font l’interprétation la plus excessive, à soupirer pour attirer Kris Kringle dans la cheminée ce soir. -R.S.

5 – Elmo et Patsy, « Grandma Got Run Over by a Reindeer »

Rien ne dit que Noël se prête au (grand) matricide. Cette chanson de la fin des années 1970 est sans aucun doute l’une des plus sombres du canon des chants de Noël, avec des paroles sanglantes décrivant les « empreintes de sabots sur son front » et les « marques incriminantes de Père Noël sur son dos« . Le chant enjoué crée une juxtaposition sinistre qui sied mieux à Halloween qu’à nos « Joyeuses fêtes« . Ce n’est pas le moment de ruminer sur sa propre mortalité. -B.E.

4 – Seth MacFarlane et Sara Bareilles, « Baby, It’s Cold Outside »

Si l’on peut juger de la nullité d’une chanson par le nombre de reprises énervantes qu’elle a inspirées sur Internet, « Baby, It’s Cold Outside » est sans doute la pire chanson jamais enregistrée. Mais même si vous ne trouvez pas que le duo écrit par l’auteur-compositeur Frank Lesser évoque le viol, il est difficile de ne pas entendre ses sous-entendus coercitifs, en particulier la réplique souvent citée « Tiens, qu’est-ce qu’il y a dans ce verre ?« . Pour faire fonctionner cette chanson, il faut créer un sentiment de conversation chaleureuse qui transcende les vibrations involontairement effrayantes de la chanson. La version de Seth MacFarlane avec la pauvre Sara Bareilles n’y arrive clairement pas. Son imitation de Dean Martin, raide et sournoise, va au-delà de la gêne pour atteindre une rare vacuité sociopathe. Il fait sa part, petite mais indéniable, pour rendre l’hiver un peu plus laid. -J.D.

3 – Band Aid, « Do They Know It’s Christmas ? »

Band Aid est un bon nom pour un groupe de célébrités majoritairement blanches et riches, qui chantent à tue-tête le colonialisme, les stéréotypes racistes et l’incompétence géographique pour « nourrir le monde » rapidement. Ne nous dites pas que les intentions étaient bonnes, c’est ce qui mène en enfer. Vous connaissez peut-être déjà l’histoire : Bob Geldof a vu un reportage de la BBC sur la famine en Éthiopie, et lui et Midge Ure ont décidé d’écrire une chanson. Des amis célèbres comme Sting, Bono, George Michael et Paul McCartney ont répondu à l’appel et, depuis 1984, « Do They Know It’s Christmas » fait l’objet d’une rotation intense pendant les fêtes. Bien sûr, elle a permis de récolter des millions de dollars, mais même Geldof la considère comme l’une des deux « pires chansons de l’histoire« . (L’autre, toujours selon Geldof, est une autre chanson qu’il a écrite : « We Are the World. ») -L.T.

2 – Maroon 5, « Happy Xmas (War Is Over) »

Petit quiz : est-ce que vous êtes John Lennon ? Non ! Il me semblait bien. Est-ce que vous êtes Yoko Ono ? Non plus ! Effectivement. Alors la prochaine question devrait être facile : sur quelle planète habitez-vous pour vous croire capable de refaire leur classique « Happy Xmas (War Is Over) » ? Pas la même que nous, Adam Levine. Le crooner de Maroon 5 essaie de chanter les parties de John et Yoko tout seul, comme un ego trip du Plastic Levine Band, et le résultat n’est pas joli. Chantez avec nous, les enfants : « And the world will suck as one ! » -R.S.

1 – Jessica Simpson feat. Ashlee Simpson, « The Little Drummer Boy »

Cette chanson est le naufrage du Lusitania. L’atrocité qui fait que des civils auparavant pacifiques décident que faire la guerre au concept de Noël, ça pourrait être sympa. Peu importe qui la chante (même des légendes comme Joan Jett ou Bob Seger), « The Little Drummer Boy » serait en tête de cette liste. C’est la plus horrible des chansons de Noël. Mais Jessica et Ashlee Simpson y mettent toute leur puissance sororale, comme pour dire : « Vous pensez déjà que ce truc est nul ? Attendez un peu de voir ! » Chaque « pa-rum-pa pum-pum » est une nouvelle goutte dans leur simulacre de noyade musical. Respect aux sœurs Simpson pour avoir rendu tous les autres « Little Drummer Boy » inoffensifs. Noël, tu as choisi la violence. -R.S.

David Browne, Jon Dolan, Brenna Ehrlich, Maria Fontoura, Joe Gross, Kory Grow, Angie Martoccio, Rob Sheffield, Lisa Tozzi

Traduit par la rédactionCONTINUER LA LECTURE

50ANSROLLINGSTONE

Lemmy Kilmister de Motörhead en 10 chansons

Publié 23/12/2021

Parmelanie geffroy

Lemmy Kilmister

© Getty Images

De Hawkwind à Probot, via plusieurs décennies de folie de Motörhead, voici la défunte icône de métal à son meilleur niveau. Par Dan Epstein, Richard Bienstock, Hank Shteamer, Christopher Krovatin, Kory Grow, Joseph Hudak / Traduit par Mélanie Geffroy

Mornes, dangereuses, brutes, les chansons de Lemmy Kilmister, à la fois avec et sans Motörhead, incarnaient parfaitement l’esprit du rock & roll. De l’hymne périlleux, et né pour perdre « Ace of Spades » et d’« Overkill », le chant de louange qui gronde, à des morceaux piquants sur lesquels on peut faire du headbang comme « Hellraiser » et « Sake Your Blood », sa contribution à l’album Probot, il a écrit la bande originale de sa vie. Son influence s’est étendue du hard rock au heavy metal en passant par le punk. Et même si Lemmy est mort à l’âge de 70 ans d’une forme agressive de cancer le lundi 28 décembre 2015, il a laissé derrière lui des vies entières de chansons rocks les plus emblématiques jamais rugies. En voici 10 des meilleures.

« Motorhead » (1975)

Écrite sur le balcon de l’hôtel « Riot House » tristement célèbre à l’Ouest d’Hollywood pendant la tournée Hawkwind de 1974, l’hymne rapide de Lemmy a donné son nom à son prochain groupe, son énoncé de mission et son modèle acoustique. « I can’t get enough/And you know it’s righteous stuff », chantait Lemmy à propos des amphétamines qui l’ont fait démarrer Hawkwind, l’album le plus psychédélique, mais les mêmes sentiments pourraient certainement s’appliquer à la marque de hard rock martelée de Motörhead de façon si addictive. « Et oui, je suis la seule personne qui fait rentrer le mot « parallélogramme » dans un morceau de rock & roll », a plus tard pensé Lemmy à propos de la chanson. « J’en suis très fier ».

« Damage Case » (1979)

Lemmy, un fier séducteur, semble être le plus obscène possible sur « Damage Case », le temps fort de Overkill, lorsqu’il chante des paroles écrites par son copain Mick Farren : « I ain’t looking to victimize you/All I want to do is tantalize you ». C’est un morceau de rock & roll animé, désordonné et sale, la sorte de malmenage lascif que Little Richard ou Jerry Lee Lewis auraient enregistré si on n’attendait pas d’eux qu’ils soient une jeunesse bonne et intègre. Mais plus important à Kilmister, « Damage Case » exposait également à quel point il était capable de jouer de la basse comme instrument principal, lorsqu’il réalise un revirement déchaîné et à peine contrôlé entre son attaque typiquement vive au milieu de la chanson, juste à temps pour plus de paroles comme « I don’t care what you think your game is/I don’t care even what your name is ». Il n’était jamais timide.

« Stay Clean » (1979)

« Stay Clean » est une déclaration des aspirations plus nobles de Motörhead. Alors que beaucoup de chansons du groupe sont trempées dans le désir certes puéril du groupe de boissons fortes et de jeunes filles, ce morceau cinétique tiré de l’album Overkill de 1979 se focalise sur l’intégrité derrière l’état d’esprit hors la loi, le rejet de la peur, la compréhension de l’injustice du monde, la confiance en soi plus qu’en n’importe qui d’autre. C’est facile, quand on s’autorise d’être aveuglé par toute sa débauche en coulisses, d’oublier que Lemmy était un homme de principes, mais « Stay Clean » est un rappel strict et classique.

« Dead Men Tell No Tales » (1979)

S’ouvrant avec probablement la plus provocatrice des parenthèses de Lemmy (« This is it! »), « Dead Men Tell No Tales » est l’inculpation de l’héroïne faite par le pochtron notoirement violent. Oui, c’est Lemmy qui met en garde les enfants sur le fait qu’il ne faut pas toucher à la drogue. Les allusions sont nombreuses : en seulement un couplet, il chante à propos de se « piquer », de « l’héroïne », de la « blanche » et de « rails » avec l’expérience lasse de quelqu’un qui a regardé des amis devenir accros à l’aiguille. Mais la chanson qui démarre l’album Bomber de 1979 ne s’assoupit jamais. Au lieu de ça, elle est vivante avec de l’attitude et compte l’une des performances vocales les plus insistantes de Lemmy. C’est un classique du metal, à la fois caustique et qui avertit.

« Ace of Spades » (1980)

Lemmy se plaignait souvent d’avoir écrit de meilleures chansons, mais que ses fans refusaient de le laisser retirer « Ace of Spades » de la setlist. Il est facile de comprendre pourquoi, puisque le morceau de l’album de 1980 du groupe a tout ce qu’il faut : un groove vulgaire conduit par la basse rugissante de Lemmy, un riff de quatre notes indélébile et des paroles arrogantes qui résument à peu près la philosophie personnelle de Lemmy (« You know I’m born to lose/And gambling’s for fools/But that’s they way I like it, baby/I don’t want to live forever »). Malgré sa nature complètement intransigeante, « Ace of Spades » a passé douze semaines dans le classement britannique des meilleurs singles, atteignant la place numéro 15. Même s’il ne s’est jamais classé aux États-Unis, l’interprétation de la chanson par le groupe dans un épisode des Branchés débranchés en 1984 a poussé de nombreux téléspectateurs américains à devenir de fervents fans de Motörhead.

« Iron Fist » (1982)

De son intro galopante et trouble à la basse à son refrain accrocheur « you know me », « Iron Fist » est de l’adrénaline pure. Les paroles font partie des plus indirectes du groupe (par exemple, « Moon eclipse and you know why/Ghost rider in the sky/Beast of evil, devil’s hound/Tooth and claw, they pull you down »), mais comme pour beaucoup de grandes chansons de Motörhead, le pouvoir du morceau réside dans la conviction de Lemmy. Quand il chante des paroles comme « You know me, the snakebite’s kiss », il est sincère, Dieu sait ce que cela signifiait.

« Killed by Death » (1984)

Seulement Lemmy et Motörhead pouvaient trouver un nom si absurde. C’est brillant. « Killed by Death », l’une des quatre nouvelles chansons punaisées à la compilation No Remorse de 1984 qu’il faut avoir, représente Lemmy regardant la Faucheuse de haut, bien qu’avec un sourire narquois. A un moment, il menace de mettre son « serpent sur vous » (« snake on you »), avant de jurer qu’il « n’est pas un joli garçon » (« ain’t no pretty boy »). (Et on n’a jamais rien dit de plus vrai.) La chanson, qui dure plus de quatre minutes, interminable selon les normes de Motörhead, est suffisante et arrogante dans tous les sens du terme. Et elle est un exemple parfait de ce que Lenny faisait si bien : garder le « hard » dans « hard rock ».

« No Voices in the Sky » (1991)

Lemmy est devenu politique avec son remarquable et extraordinaire album 1916. Il descendait en flammes les politiciens riches, cupides, épinglés et lâches et, de façon plus acerbe, il éviscérait les prédicateurs télévisuels et la parole d’évangile de-l’argent-pour-le-salut qu’ils colportaient. A la fin, il n’y avait « pas de voix dans le ciel » (« no voices in the sky ») qui venait pour vous sauver, comme il rugissait dans le refrain, seulement la triste réalité selon laquelle on ne peut rien prendre avec nous lorsqu’on meurt. Alors que d’autres chansons de Motörhead sont plus connues, « No Voices » et son clip décrochaient l’hommage suprême : être critiqués par Beavis et Butt-Head sur MTV. « Il ressemble au gars en bas de la rue qui travaille toujours sur sa voiture », a dit Butt-Head à Lemmy. « Ce gars est cool ». Et il est impossible de ne pas être d’accord.

« Hellraiser » (1992)

Au début des années 1990, Ozzy Osbourne s’est tourné vers son vieil ami Kilmister, qui avait mis Motörhead en valeur lors de la première tournée solo d’Ozzman, pour lui demander de l’aide pour écrire des mélodies sur ce qui deviendrait son LP No More Tears, quadruple disque de platine. En plus du « I Don’t Want to Change the World » qui lui a permis de gagner un Emmy, Kilmister l’a aidé à écrire « Hellraiser », une déclaration lancinante de la fureur du rock & roll qui a pris 10 minutes au chanteur à écrire. Dans les mains d’Ozzy, c’est un hymne qui explose (et un temps fort de l’album) mais pour Motörhead, qui l’a inclus dans March ör Die, leur album sorti en 1992, et dans un film de Pinhead, c’était un rocker de bar cru, semblable à un diablotin (en d’autres mots, la chanson parfaite de Motörhead). « Je ne sais pas si Ozzy aimait ma version de la chanson », a dit Kilmister à Rolling Stone cette année-là. « Il ne l’a jamais dit ».

« Shake Your Blood » (2004)

Dave Grohl a réalisé le rêve suprême des metalleux avec Probot, l’album sorti en 2004 sur lequel il a fait équipe avec certains de ses professionnels du genre préférés pour une série de chansons concrètes qui furent également des hommages à ces signatures acoustiques caractéristiques d’autres artistes. Avec « Shake Your Blood », Grohl distille essentiellement 30 ans de bienveillance de Motörhead en 3 minutes et demi glorieuses, invitant Lemmy à faire de même. Le chanteur fut heureux d’obtempérer, injectant son ode au tempo rapide au style de vie du rock & roll avec son attitude moqueuse et lubrique brevetée (« Looking for relief in your miserable life/You need some rock & roll, and you better get it right »). Comme beaucoup des meilleures chansons de Lemmy, ce morceau vous laisse vous demandant comment un chanteur avec un éventail si limité pouvait réaliser une performance si accrocheuse et mélodiquement fascinante. L’un des nombreux secrets de fabrique qu’il a emporté avec lui dans la tombe.CONTINUER LA LECTURE

EPHEMERIDE

« MTV Unplugged » : les 15 meilleurs épisodes

Publié 16/12/2021

ParLa Rédaction

kurt-cobain-nirvana-mtv-unplugged-e3627468-cb34-46be-a8ce-39d305a356d7

© Getty Images

De Jay-Z à l’évidence Nirvana, en passant par McCartney et Oasis… Retour sur les meilleurs épisodes de l’émission mythique MTV Unplugged

16 décembre 1993, MTV dévoile pour la première fois l’émission de Nirvana.

15 – Rod Stewart

Les chiffres de vente choquants d’Eric Clapton Unplugged ont poussé de nombreux autres artistes vétérans à réserver leur propre émission sur MTV. Bob Dylan a largement échoué avec la sienne (ses concerts acoustiques au Supper Club à la même époque étaient infiniment meilleurs), mais Rod Stewart a relevé le défi de façon spectaculaire. Non seulement il a retrouvé son ancien compagnon de groupe des Faces et du Jeff Beck Group, Ron Wood, mais il a choisi avec soin plusieurs de ses meilleures reprises, dont « Have I Told You Lately » et « Reason to Believe ». Ce concert a rappelé à de nombreux fans de la première heure pourquoi ils l’aimaient et est devenu son album le plus vendu depuis des années. « Reason to Believe » a fait le tour des radios, ce qui a donné un énorme de projo sur sa carrière à l’époque.

14 – Kiss

Kiss était au plus bas lorsque l’idée d’un Unplugged a été abordée en 1995. Ils en étaient réduits à jouer des sets acoustiques lors de leurs propres conventions de fans, et après avoir vu Eric Clapton et Rod Stewart relancer leurs carrières avec Unplugged, ils ont tenté le coup. MTV a insisté pour faire revenir les membres originaux Peter Criss et Ace Frehley afin que l’événement soit digne d’intérêt, une condition que Gene Simmons et Paul Stanley ont acceptée avec beaucoup d’appréhension. « J’ai entendu des histoires sur la détérioration du jeu de Peter, écrit Stanley dans son livre Face The MusicMais il y avait un sentiment excitant et surréaliste de nostalgie dans la salle lorsqu’ils sont entrés. » Ce concert a finalement ouvert la voie à l’énorme tournée de retrouvailles, qui s’est déroulée l’année suivante (et aux nombreuses tournées à venir).

13 – Oasis

Oasis était bien avancé dans sa tournée en support de (What’s the Story) Morning Glory ? lorsqu’il a accepté d’enregistrer un concert pour MTV Unplugged au Royal Festival Hall de Londres. C’était une chance rare de voir le groupe en dehors d’un stade ou d’un festival, mais peu avant le début du show, Liam Gallagher s’est désisté en raison d’un « mal de gorge ». La plupart des groupes ne songeraient jamais à donner un concert sans leur chanteur principal, mais son frère Noel a tout simplement pris la chose à la légère et a décidé de prendre le micro. Pour rendre la soirée encore plus surréaliste, Liam a décidé de s’asseoir dans le public et de déranger son propre groupe pendant tout le concert. Il n’y a jamais rien eu de tel dans l’histoire du rock. Et c’est probablement la première fois que Noel a réalisé qu’il pouvait faire tout ça tout seul.

12 – Paul McCartney 

Après s’être éloigné de l’industrie pendant une décennie, Paul McCartney entame en 1989 une longue tournée qui l’emmène dans des stades du monde entier. Mais il s’agissait de grands spectacles avec peu d’âme et, au début de 1991, il avait envie de faire quelque chose de complètement différent. Unplugged fut l’occasion à saisir. Ce concert intime fait l’impasse sur la plupart de ses tubes évidents au profit de reprises comme « Good Rockin’ Tonight » et « Blue Moon of Kentucky » mélangées à des chansons moins connues de sa carrière solo, comme « Every Night » et « That Would Be Something ». Le point culminant, cependant, est une interprétation étonnamment tendre de « And I Love Her ». Elle demeure la version définitive en dehors de l’original des Beatles. Le concert est sorti en CD au cours de l’été 1991 sous le titre Unplugged (The Official Bootleg), le premier d’une longue série d’albums officiels Unplugged.

11 – Lauyrn Hill

A l’époque, trois longues années s’étaient écoulées depuis la sortie du premier album de Lauryn Hill, The Miseducation of Lauryn Hill, lorsqu’elle est montée sur la scène de MTV Unplugged. Elle avait une tonne de nouvelles chansons, mais elle venait d’apprendre à jouer de la guitare et n’était clairement pas en position de les présenter au public. « Quiconque a des oreilles peut entendre qu’il n’y a que trois accords joués sur chaque chanson, a déclaré un cadre anonyme de l’industrie à Rolling Stone en 2003. Je l’ai vu avec une salle pleine de professionnels, et quelqu’un a dit : ‘J’ai envie de sauter par la fenêtre’ ». C’est une artiste qui se bat contre une gorge déchirée, le poids écrasant des attentes de l’industrie et sa propre fragilité. Mettre tout cela à la disposition du public a été un acte de courage incroyable et Lauryn Hill a livré le Unplugged le plus atypique, le plus brut, qui ait jamais vu le jour.

10 – Neil Young

Neil Young jouait déjà des concerts Unplugged bien avant que MTV n’invente le concept. Mais sa première tentative de participer à un épisode au Ed Sullivan Theater de New York en décembre 1992 fut un fiasco complet. Bien qu’il ait réuni les Stray Gators de Harvest et Harvest Moon, il n’était tout simplement pas satisfait de sa prestation, et a fini par quitter le show et sortir dans la rue, laissant les producteurs et le public perplexes. Il est revenu et a offert au public sa première représentation de « Last Trip to Tulsa », mais il a détesté le spectacle et a refusé de le diffuser. Deux mois plus tard, ils réessayent aux Universal Studios de Los Angeles. La liste de chansons est très différente, avec le morceau « Stringman » et une interprétation solo envoûtante de « Like a Hurricane » à l’orgue de barbarie. Il a laissé MTV diffuser cette chanson.

9 – Alicia Keys

Il n’y a pas eu beaucoup de grands épisodes d’Unplugged dans les années 2000. Mais en 2005, Alicia Keys a contribué au retour de la série avec un spectacle époustouflant à la Brooklyn Academy of Music. Elle ne disposait alors que de deux albums, et a donc fait appel à Adam Levine pour chanter « Wild Horses » des Rolling Stones et Mos Def, Common et Damian Marley pour « Welcome to Jamrock ». Ce que personne ne savait à l’époque, c’est que Keys a failli faire venir Bruce Springsteen pour jouer avec elle son classique de 1973 « New York City Serenade ». « J’étais sur le point de pleurer, a-t-elle déclaré. Nos programme ne concordaient pas. » Ce fut pour elle une énorme déception. S’ils avaient réussi à le faire, cela aurait été l’un des grands moments de l’histoire d’Unplugged.

8 – Hole

Moins d’un an après le suicide de Kurt Cobain, Courtney Love et son groupe ont joué un concert Unplugged pour promouvoir leur album Live Through This. Il s’agissait d’une décision courageuse, car elle suscitait des comparaisons avec le concert Unplugged de son mari, qui était déjà légendaire. Courtney Love s’est démenée sur « Doll Parts » et « Miss World », elle a également repris « Hungry Like the Wolf » de Duran Duran, avec une aisance déconcertante. Enfin, elle a repris le morceau de Nirvana « You Know You’re Right », mais a changé les paroles en « You’ve Got No Right ». Voir la veuve de Cobain essayer de surmonter une perte inimaginable sur scène, un moment forcément très émouvant.

7 – Mariah Carey

A l’été 1992, Mariah Carey a sorti deux albums qui se sont très bien vendus, mais elle ne les a pas promus avec beaucoup de concerts, ce qui a engendré des rumeurs selon lesquelles elle était mauvaise sur scène. Pour mettre fin à cela, son label a organisé un spectacle Unplugged aux studios Kaufman Astoria dans le Queens. Le concert comprend des tubes comme « Vision of Love » et « Emotions » ainsi qu’une reprise de « I’ll Be There » des Jackson Five, chantée en duo avec le choriste Trey Lorenz. L’émission a connu un tel succès que MTV l’a diffusée pendant des années et que la radio a adopté la version de « I’ll Be There ». Aujourd’hui encore, Trey Lorenz reste un élément clé de son groupe de scène et ils continuent à chanter « I’ll Be There » ensemble.

6 – LL Cool J / A Tribe Called Quest / De La Soul (1991)

Au début de l’émission, plusieurs artistes participaient à chaque épisode. Et le plus grand succès de cette série a été un épisode intitulé Yo ! Unplugged Rap, qui mettait en vedette LL Cool J, MC Lyte, A Tribe Called Quest et De La Soul. C’était la première tentative de MTV d’intégrer le hip-hop dans l’univers Unplugged, et ce fut un énorme succès. Le clou du spectacle a été la chanson « Mama Said Knock You Out » de LL Cool J, qui a appris aux à tous les jeunes Américains à ne jamais porter de déodorant blanc lorsqu’ils jouent torse nu à la télévision nationale. « Les gens m’ont taquiné à propos du déodorant pendant des années, mais j’adore ça« , a-t-il déclaré en 2010. « C’était brut ! C’était méchant ! Au moins, vous savez que je ne puais pas. »

5 – Eric Clapton (1992)

La ballade « Tears in Heaven » d’Eric Clapton – inspirée par la mort tragique de son fils Conor, âgé de quatre ans – est apparue pour la première fois sur la bande originale du film Rush avec Jennifer Jason Leigh, sorti en 1991. Mais la version dont on se souvient le plus a été enregistré lors de son concert MTV Unplugged. La mort de son fils a mis le guitariste dans un état d’esprit naturellement fragile, mais il a mis toute sa peine dans la musique et a livré une performance qui a été un grand succès lors de sa sortie en CD. En plus de « Tears in Heaven », une reprise de « Layla » de Derek and the Domino a également été jouée à de nombreuses reprises.

4 – Alice in Chains (1996)

Alice in Chains n’avait pas joué un seul concert depuis deux ans et demi lorsqu’il est monté sur scène à l’Academy of Music de Brooklyn le 10 avril 1996. La grave dépendance à l’héroïne du chanteur Layne Staley a rendu impossible la promotion de leur disque éponyme sorti en 1995, mais ce soir-là, il a pu oublier ses problèmes et se consacrer à sa musique, livrant des interprétations acoustiques inoubliables de « Rooster », « Down in a Hole », « Over Now » et d’autres classiques d’AIC. Bizarrement, c’est le guitariste Jerry Cantrell qui a eu le plus de mal à assurer le concert, car il avait mangé des hot-dogs avariés plus tôt dans la journée et souffrait d’une intoxication alimentaire.

3 – Jay-Z (2001)

Quelques mois après la sortie de The Blueprint, Jay-Z filme une émission spéciale d’Unplugged aux studios de MTV à New York. Il a invité les Roots à l’accompagner. Ils ont apporté une incroyable énergie live à des chansons comme « Big Pimpin’ », « Can I get A … » et « Hard Knock Life », les réinventant complètement. Mary J. Blige est venue chanter « Can’t Knock the Hustle » et Pharrell l’a rejoint pour « I Just Wanna Love U (Give It Me) ». C’est une toute nouvelle façon de découvrir le catalogue de Jay, et l’exemple ultime que n’importe quel genre de musique peut fonctionner sur scène avec le bon groupe et les bons arrangements.

2 – Pearl Jam (1992)

Pearl Jam commençait tout juste à se faire connaître lorsqu’ils ont enregistré leur émission Unplugged aux studios Kaufman Astoria dans le Queens le 16 mars 1992. Ils venaient de terminer une tournée européenne épuisante et avaient peu de temps pour se préparer. « Nous sommes littéralement descendus de l’avion en provenance d’Europe, avons passé toute la journée dans un studio d’enregistrement caverneux à New York, et avons enregistré le concert le soir même« , a déclaré le bassiste Jeff Ament. Le groupe a précisé par la suite qu’il aurait souhaité avoir plus de temps pour monter un set nouvellement arrangées, comme Nirvana le ferait à la fin de l’année suivante, mais cela reste un aperçu étonnant d’un groupe qui commence tout juste à prendre conscience de sa propre puissance.

1 – Nirvana (1993)

Unplugged n’est pas le dernier concert de Nirvana. Une semaine après la fin du concert, ils reprennent leur tournée In Utero, puis se rendent en Europe au début de l’année suivante pour deux mois de concerts supplémentaires. Mais à bien des égards, le concert ressemblait à leur adieu au monde. L’ambiance était sombre avant même qu’ils n’entrent sur scène, Kurt Cobain ayant insisté pour que la scène soit lugubre, décorée de lys et de bougies noires. Accompagné du guitariste de tournée Pat Smear et de la violoncelliste Lori Goldston, le groupe a laissé de côté presque tous ses succès au profit de reprises comme « The Man Who Sold the World » de David Bowie, « Jesus Wants Me for a Sunbeam » des Vaselines et pas moins de trois chansons des Meat Puppets, où ils ont été rejoints par Cris et Curt Kirkwood eux-mêmes. Au début du concert, Kurt a livré une interprétation glaçante de « Come as You Are », répétant la phrase « no, I don’t have a gun » en serrant les dents, un moment qui est devenu très difficile à regarder à la lumière des événements ultérieurs. Le spectacle se termine par « All Apologies » et une reprise de « In The Pines » de Lead Belly, qu’ils ont renommé « Where Did You Sleep Last Night ».

https://www.youtube.com/embed/aWmkuH1k7uA?feature=oembedCONTINUER LA LECTURE

MUSIQUE

Les 100 meilleurs batteurs de tous les temps

Publié 15/12/2021

ParLa Rédaction

© Richard E. Aaron/Redferns/Getty, Lloyd Bishop/NBC/Getty, Jeff Kravitz/FilmMagic/Getty

Des rois du rock au princes du punk, voici les 100 meilleurs batteurs de tous les temps, selon Rolling Stone 

100 – Christian Vander

Le musicien et compositeur Christian Vander fait partie des batteurs qui ne sont pas forcément connus pour leur jeu. Il est connu en particulier pour être le cofondateur du groupe Magma« La musique de Magma est née un jour de printemps de mon amour pour John Coltrane et de ma profonde tristesse quant à l’incapacité des humains à se comprendre », a déclaré Vander dans une interview en 2015.

99 – Travis Barker

Travis Barker, du groupe Blink-182, est l’un des batteurs les plus célèbres du nouveau millénaire, grâce à sa sensibilité hardcore, son esthétique de skater, son énergie hip-hop et son attrait pour la pop – sans oublier sa facilité à travailler avec des superstars de l’EDM ou des rappeurs, et à faire le DJ pendant son temps libre. « Je peux faire des beats toute la journée, et c’est quelque chose qui me touche. Je n’ai jamais entendu parler d’un batteur qui sert des beats à des gens comme ça, qui les donne à mes amis hip-hop », a déclaré Barker à Drum ! Magazine. C’est un artiste au jeu féroce, qui n’a pas peur d’être théâtral.

98 – Steven Adler

Les débuts historiques de Guns N’ RosesAppetite for Destruction, tirent une grande partie de leur dynamisme des rythmes à la fois tendus et swinguants de Steven Adler« Au crédit de Steven, et à l’insu de la plupart des gens, l’ambiance et l’énergie d’Appetite lui sont largement dues, écrit Slash dans son autobiographie. Il avait un style de batterie inimitable qui ne pouvait pas vraiment être remplacé, une légèreté presque adolescente qui a donné au groupe son étincelle ». Le bassiste Duff McKagan est d’accord : « Sans son groove, nous n’aurions pas trouvé beaucoup de ces riffs, » a-t-il déclaré à The Onion A.V. Club en 2011. Adler, qui a été renvoyé du groupe en 1990, a été remplacé par des batteurs techniquement avancés comme Matt Sorum et Frank Ferrer. Remplacé mais jamais égalé !

97 – Cindy Blackman

En 1993, Cindy Blackman a changé le cours de sa carrière, passant d’une as du jazz à la Tony Williams à une rock star des arènes en tant que membre du groupe de Lenny Kravitz. « Mon travail [avec Lenny] consiste à jouer un rythme pendant des heures, à ajouter des remplissages et des couleurs excitantes, lorsque c’est approprié, a-t-elle déclaré à The VillagerMon travail dans mon groupe ou dans une situation créative est une chose totalement différente. Nous pouvons commencer par un groove qui me plaît – je peux aussi jouer cela pendant des heures, mais je vais l’explorer, l’étendre et le modifier, jouer avec le rythme et intervenir avec les solistes. »

96 – Larry Mullen Jr

Le seul membre de U2 qui ressemble réellement à une rock star a débuté sa carrière à la fin des années 70 en tant qu’amateur post-punk. À un moment donné, ses camarades de groupe ont envisagé de le mettre à la porte, une décision encouragée lors de l’enregistrement de la première démo de U2, lorsqu’un producteur fut choqué par le chronométrage douteux de Mullen. Il a cependant renversé la situation pour devenir l’un des skinsmen les plus influents du rock. Technologiquement avisé et étonnamment funky, Mullen fait en sorte que les grooves de U2 soient toujours tournés vers l’avenir.

95 – Chris Dave

Bien qu’il ne soit pas un mainstream, le spécialiste du R&B de 42 ans, connu sous le nom de Daddy, est légendaire dans son milieu. À l’instar d’un ornement de capot de Cadillac ou d’un logo Tiffany, la présence de Chris Dave sur une session est une marque de pure classe ; il apparaît sur certains des albums les plus en vue de la pop contemporaine, dont 21 d’Adele et Black Messiah de D’Angelo. Même s’il a grandi en idolâtrant des grands noms du jazz comme Tony Williams – et, plus tard, en canalisant ces inspirations dans son travail aux côtés d’as de l’improvisation comme Robert Glasper – c’est en tant que batteur qu’il a eu le plus d’impact. Le grand don de Dave est de créer des rythmes qui font dresser l’oreille, souvent réalisés sur un kit bricolé avec jusqu’à cinq caisses claires, et qui se fondent parfaitement dans le son d’un groupe.

94 – Meg White

L’approche idiosyncrasique et primitive de Meg White à la batterie a été fondamentale pour la notoriété des White Stripes, qui ont porté leurs tenues aux couleurs bonbon et leur blues dépouillé jusqu’à la gloire au début des années 80. Des morceaux comme « Dead Leaves and the Dirty Ground » et « Blue Orchid » ont été animés par son jeu de batterie simple et trompeur, qui a contribué à définir le style des White Stripes. « Je la regardais souvent sur scène en me disant : « Je n’arrive pas à croire qu’elle soit là ». Je ne pense pas qu’elle ait compris à quel point elle était importante pour le groupe, pour moi et pour la musique », a déclaré Jack White à Rolling Stone en 2014. « Elle était l’antithèse d’un batteur moderne. Tellement enfantine, incroyable et inspirante. Tout le non-dit n’avait pas d’importance, parce que sur scène ? Rien de ce que je fais ne pourra dépasser ça. »

93 – Tomas Haake

Depuis le premier album de MeshuggahContradictions Collapse, paru en 1991, Haake a modifié son approche en ajoutant des rythmes électroniques et des motifs de batterie de plus en plus sophistiqués, grâce aux guitaristes Fredrik Thordendal et Mårten Hagström. « Les gars écrivent tous sur des ordinateurs, et j’émule ce qu’ils ont écrit, explique Haake. Cela rend parfois la batterie maladroite, mais en même temps, c’est un grand défi et un obstacle à surmonter. Cela me laisse vraiment en alerte. »

92 – Ralph Molina

Neil Young a joué avec de nombreux batteurs au cours des 50 dernières années, mais il revient toujours à Ralph Molina, qu’il a rencontré pour la première fois à l’époque de Buffalo Springfield, lorsqu’il était membre des Rockets. Comme ses comparses du Crazy Horse, Molina est tout sauf un virtuose à l’emporte-pièce. « Je peux commencer à jouer de la guitare, et Ralph peut la prendre sur le mauvais rythme et la jouer à l’envers, a déclaré Young au biographe Jimmy McDonough. Ça arrive tout le temps. Ça n’arrive jamais avec les groupes professionnels. » Il ne veut pas dire ça comme une insulte. C’est ce genre de jeu brut, qui vient des tripes – et un don pour les contretemps terreux qui se traînent avec une grâce élémentaire sous les envolées fuzzées caractéristiques de Young – qui a aidé Molina à poser les bases de « Down by the River », « Cinnamon Girl » et d’autres classiques intemporels. « Nous ne connaissons pas les chartes, nous n’avons pas de règles, a déclaré Molina en 2011 à propos de son travail avec Young. Nous commençons simplement à jouer. La magie semble se produire d’elle-même… «  La preuve en est évidente sur n’importe quel enregistrement du Crazy Horse, de Everybody Knows This Is Nowhere de 1969 à Psychedelic Pill de 2012.

91 – Brian Chippendale

« Toutes nos œuvres sont un moyen de nous amener à quelque chose qui change la donne d’un point de vue musical, a déclaré Brian ChippendaleOu juste ce sentiment de, ‘Je ne vais pas m’arrêter. Je vais continuer à jouer du tambour aussi longtemps que je le peux ». Le duo de longue date de Chippendale, Lightning Bolt, traite le noise-rock comme une musique corporelle, sa grosse caisse palpitant de manière experte aux côtés de la basse fuzz-gush de Brian Gibson. « Lightning Bolt est passé il y a quelques années et s’est produit en Angleterre [à] All Tomorrow’s Parties, et il y avait ce petit extrait que tous mes amis m’ont envoyé », a déclaré Björk à Pitchfork au sujet de la présence de Chippendale sur l’album Volta de 2007. « Je l’ai écouté tellement de fois, et je n’ai jamais pensé sur terre que je travaillerais avec quelqu’un comme ça. »

90 – Janet Weiss

« Janet a créé une partie de batterie, féroce et solide, nous pouvions pratiquement nous frapper la tête contre elle », Corin Tucker a raconté à Drum ! comment Janet Weiss a rejoint Sleater-Kinney. « Puis nous étions trois. » Depuis qu’elle a fait équipe avec Tucker et Carrie Brownstein en 1996, Janet Weiss a été la fondation de l’institution alt-rock, tout en apportant ses talents mordants à Bright Eyes, the Jicks, the Shins et bien d’autres. Mais c’est son travail avec Sleater-Kinney qui s’est avéré le plus influent. « La musique, pour moi, est la plus immédiate de toutes les formes d’art. Peut-être parce que je suis physique. … Je tape sur des objets. Il y a une physicalité dans notre musique. Nous utilisons toutes les parties de notre corps », a-t-elle déclaré à Paper dans une interview consacrée à son supergroupe Wild Flag. « Les femmes n’ont pas souvent le droit d’être des animaux. Et là, nous le sommes. »

89 – Bill Stevenson

Bill Stevenson a rythmé deux courants du punk révolutionnaire de SoCal. En 1977, alors qu’il était encore boutonneux et âgé de 14 ans, Stevenson a cofondé les Descendents, dont les hymnes protoémo déchirants ont inspiré de groupes comme Green Day, Blink-182, Fall Out Boy et Weezer. Au début des années 80, il a été le batteur de Black Flag, groupe emblématique de la scène punk de Los Angeles, pendant la phase sans doute la plus créative du groupe ; comme on peut l’entendre sur des albums tels que My War et Slip It In. Stevenson, qui est très occupé à tourner avec Descendents et le projet Flag, un hommage à Black Flag, attribue le caractère hyperactif de son jeu à la caféine. « Dans notre groupe, nous buvions un tas de café, ou je mangeais 50 barres Snickers, avant de jouer« , a-t-il déclaré en 2014.

88 –  Jon Theodore

Jon Theodore a commencé à faire parler de lui au début des années 2000, en jouant un prog éblouissant aux accents latins avec les Mars Volta. « J’ai assisté à certaines de ses premières prestations en tant que membre de Mars Volta« , a déclaré Zack de la Rocha, de Rage Against the Machine, qui jouera plus tard avec Theodore dans le groupe de guérilla-funk One Day as a Lion. « Il était clair que la musique à L.A. ne serait plus jamais la même maintenant qu’il était dans les parages« . Mais c’est une recommandation de Dave Grohl qui a conduit Theodore à son rôle le plus prestigieux. Dave a dit : « Tu sais, le gars qui m’épate vraiment, c’est Jon Theodore« , se souvient Josh Homme, le leader de Queens of the Stone Age, qui a engagé ce dernier en 2013.

87 – George Hurley

Le punk hardcore existait à peine lorsque le trio monumentalement novateur de San Pedro, les Minutemen, a fait ses débuts en 1980, mais il le transcendait déjà, fusionnant le funk, le rock et la folk dans des éclats magnifiquement nerveux. La musique du groupe, frénétique et contre-intuitive – mais étrangement naturelle – aurait pu se transformer en chaos sans George Hurley, un fan de jazz dont la vitesse, la polyvalence et la nuance ont fait de lui le batteur le plus inventif de la scène indie-rock américaine des années 1980. « J’aime la musique R&B« , a-t-il déclaré. « J’aime la détente qu’elle procure. En même temps, j’aime aussi les choses saccadées et fragmentées, alors j’essaie de combiner les deux. Je suppose que c’est un peu comme une soupe de maïs et de noix ! »

86 – Phil Rudd

Phil Rudd, batteur de longue date d’AC/DC, a récemment fait couler plus d’encre pour avoir menacé de tuer un ancien employé que pour avoir rythmé le groupe australien pendant près de 30 ans. C’est dommage, car le style économique et le groove monstre de Rudd ont contribué à faire d’AC/DC un mythe. « Il joue de la batterie de la manière la plus économique et la plus efficace qui soit », a déclaré Eric Singer. « Son feeling est vraiment le cœur et l’âme du groupe ». Rudd a rejoint AC/DC en 1975, en remplacement de Peter Clark, et a joué sur sept albums studio avant que le chanteur Bon Scott ne décède de « mort par mésaventure ». Après une période de toxicomanie et une altercation physique avec le guitariste Malcolm Young, Rudd a été licencié en 1983. Il a retrouvé AC/DC fin 1993 et a joué sur quatre albums de plus.

85 – Tommy Lee

Les solos de batterie défiant la gravité et le penchant de Tommy Lee à porter le moins de vêtements possible ont fait de lui l’un des plus grands showmen du métal. Mais son rôle au sein de Mötley Crüe était tout aussi important que son aura de star. Le jeu frénétique de Lee a contribué à définir l’attrait glam-punk de Too Fast for Love, le premier album de Mötley Crüe, tandis que le rythme sous-tendant la chanson titre de Dr. Feelgood était aussi écrasant que ce que cette chanson raconte sur la décadence des années 80. Sa « batterie de rêve », qu’il a emportée lors de la dernière tournée de Mötley Crüe en 2015, est en accord avec son esthétique dépouillée : « J’ai maintenant un kit entièrement transparent pour que les gens puissent vérifier exactement ce que je fais« , dit-il. « La plupart des batteurs sont couverts d’un million de tambours et tout le monde se demande : « Qu’est-ce que tu fais là derrière ?« .

84 – John Stanier

« Quand on joue avec des boucles, elle est vraiment menée par le batteur, a déclaré John Stanier dans une interview de 2011. C’est vraiment, indirectement, le batteur qui dirige le spectacle. » Il ne fait aucun doute qu’à chaque fois que Stanier est sur scène, c’est lui qui est aux commandes, alimentant la performance de son groupe Battles, avec des rythmes mathématiques, furieusement dansants. Lorsque les rois du métal alternatif des années 90, Helmet, ont fait irruption dans le grand public en 1992 avec leur album Meantime, qui s’est vendu à un million d’exemplaires, ils ont redéfini le son du rock lourd – et leur ascension doit beaucoup à Stanier, dont l’approche du kit a poussé les riffs sculptés de Page Hamilton dans un nouveau royaume de précision. « C’était une réaction directe à la multi-instrumentalité et à la complexité des autres musiciens, » dit-il en parlant de son jeu dépouillé, équipé d’une cymbale crash imposante. Le don de Stanier est de faire en sorte que le minimal semble monolithique.

83 – Ronald Shannon Jackson

Si Ronald Shannon Jackson n’avait fait que jouer avec les icônes du jazz d’avant-garde Albert Ayler, Ornette Coleman et Cecil Taylor pendant 12 ans, entre 1966 et 1978, sa stature serait assurée. Mais Jackson, qui a ensuite incorporé des motifs de tambours de parade, des rythmes africains et du funk dans un style singulier et immédiatement reconnaissable, a ensuite formé son groupe Decoding Society, acclamé par la critique, dont sont issus le guitariste de Living Colour, Vernon Reid, et le bassiste du Rollins Band, Melvin Gibbs. « Il a synthétisé les shuffles blues avec les syncopes africaines à travers le prisme de quelqu’un qui donnait libre cours à toutes sortes d’émotions, a déclaré Reid à propos du défunt batteur-compositeur dans un article du Fort Worth Weekly de 2003. J’ai le sentiment que la collision des valeurs dans sa musique représente vraiment la culture américaine. » Le grondement sismique de Jackson a également animé des sessions dirigées par John Zorn et Bill Laswell, et a atteint son paroxysme dans Last Exit, un quartet punk-jazz sans prise de risque, avec Laswell, le saxophoniste Peter Brötzmann et le guitariste Sonny Sharrock.

82 – Glenn Kotche

Entouré sur scène de ce que le leader du groupe, Jeff Tweedy, appelle ses « in-Glenn-tions », Glenn Kotche apporte à Wilco la sensibilité d’un percussionniste d’orchestre, les pulsions expérimentales d’un rockeur indé et de solides compétences de papa-rock. Kotche, qui a rejoint le groupe à temps pour leur album Yankee Hotel Foxtrot, a équipé son kit d’un vibraphone, d’effets MIDI, de gongs, d’un enjoliveur, de cymbales anciennes accordées, de balles de ping-pong remplies de granulés et d’un tube d’air relié à son tom de sol. Il lui arrive de « préparer » ses tambours en posant des chaînes dessus ou en éparpillant des perles et du riz sur les peaux de tambour. Dans ses propres compositions, Kotche explore les sonorités en collaboration avec So Percussion et d’autres figures de musique contemporaine. « Je pense qu’il est l’un des plus grands batteurs du monde, a déclaré Tweedy, et nous avons une confiance musicale incroyable. » Ce à quoi l’hybride Jim Keltner-John Cage répondrait : « Je suis là pour servir les chansons. »

81 – JR Robinson

John « JR » Robinson se présente comme le « batteur le plus enregistré de l’histoire », ce qui devrait vous donner une idée de la volumineuse discographie de l’un des meilleurs batteurs de la pop : « I’m So Excited » des Pointer Sisters, « Higher Love » de Steve Winwood, « Ain’t Nobody » de Rufus et Chaka Khan, un morceau de Random Access Memories de Daft Punk… Plus important encore, Robinson a posé le socle disco-rock-funk-pop de l’album Off the Wall de Michael Jackson.

80 – Steve Jordan

Respectant la forte tradition de R&B et de soul, Steve Jordan était adolescent lorsqu’il a commencé à jouer avec Stevie Wonder et s’est rapidement transformé en un artiste polyvalent aussi doué pour le jazz fusion que pour le rock. Il est membre de Keith Richards and the X-Pensive Winos, a joué pour Neil Young dans les années 80, a fait de nombreuses tournées avec Eric Clapton et a même fait partie du groupe fictif des Blues Brothers. (Il a également établi des liens solides avec une génération plus jeune, en ancrant le trio signature de John Mayer). Détendu et confiant, Jordan est devenu un maître dans tous les domaines, imprégnant tout ce qu’il jouait de son swing caractéristique. « Si vous êtes une personne rigide, je ne pense pas que vous puissiez swinguer ou faire swinguer les autres, disait-il de sa technique. Je prendrais un batteur qui n’a aucune technique n’importe quel jour de la semaine plutôt qu’un batteur plus efficace, s’il swingue mieux. »

79 – Mick Avory

A mesure que Ray Davies, le leader des Kinks, mûrissait en tant qu’auteur-compositeur, Mick Avory s’imposait comme l’un des batteurs les plus novateurs des années 60. « Je ne sais pas si l’écriture de Ray s’est fondue dans ma façon de jouer ou si je me suis fondu dans sa façon d’écrire ». Avec sa polyvalence issue du jazz, Avory, qui avait été courtisé par les Rolling Stones en 1962, était en effet le contrepoids rythmique idéal pour le style sardonique et mature de Davies. Si le jeu d’Avory était raffiné et discret, ses bagarres scéniques avec le guitariste Dave Davies étaient légendaires : lorsque ce dernier a saccagé la batterie d’Avory pour clôturer un concert à Cardiff en 1965, il s’est vu lancer une pédale de batterie sur la tronche en retour. Pourtant, Avory a réussi à ne pas se faire virer du groupe avant 1984.

78 – Micky Waller

Formé au jazz, Micky Waller s’est imposé sur la scène blues à Londres lorsqu’il a rejoint le Jeff Beck Group en 1967. Son « Waller wallop » distinctif a alimenté une grande partie de Truth, le chaînon manquant entre le hard blues et le heavy metal. Waller a également joué de la batterie sur les premiers albums solo de Rod Stewart, son meilleur moment étant une session de 1971 à laquelle il s’est présenté sans cymbales. Rod ne pouvait pas se permettre de gaspiller le temps de studio, il a donc enregistré « Maggie May » quand même, avec le battement si féroce et régulier de Waller que le critique Greil Marcus a dit qu’il méritait le prix Nobel de physique. « Nous avons enregistré les cymbales plus tard, de sorte que vous les entendez plus faiblement, se souvient Stewart. Micky a oublié d’apporter ses cymbales, ce qui a donné à « Maggie May » un rythme plus brutal. »

77 – Moe Tucker

Elle est à l’origine du son qui a donné naissance à un million de groupes. C’est dire l’influence qu’a exercée l’excentrique Maureen « Moe » Tucker a au Velvet Underground, mais aussi sur des artistes aussi divers que Patti Smith, R.E.M., Galaxie 500 et Nirvana. En effet, Tucker a tenu tête aux leaders du Velvet, Lou Reed et John Cale, lorsqu’il s’agissait de l’iconoclasme sonore de l’avant-garde des années 60 – se tenir debout au lieu de s’asseoir derrière le kit, jouer avec des baguettes au lieu de bâtons, éviter les cymbales sauf en cas de nécessité absolue ou d’imprévu. Sur les classiques de VU comme « Heroin », Maureen Tucker semble se dispenser de garder le rythme, variant le battement en fonction de la chanson. « Je pense que Maureen Tucker est une batteuse de génie, a déclaré Lou Reed en 2003. Son style de batterie, qu’elle a inventé, est incroyable. »

76 – Earl Young

En 1973, sur le tube R&B d’Harold Melvin and the Blue Notes, « The Love I Lost », Earl Young a inventé le rythme disco – les quatre temps d’une mesure joués sur la grosse caisse. Ce motif rythmique adaptable à l’infini a été le pouls d’une décennie et est toujours omniprésent partout. En tant que membre de l’équipe de session MFSB, Young a également posé le cadre musical de la Philly Soul, contribuant aux disques des O’Jays, des Spinners et de son propre groupe, les Trammps. « Je n’ai pas de boîte à rythmes, dit-il. J’étais la boîte à rythmes à l’époque. »

75 – Earl Hudson

Le groupe de hardcore issu de Washington, Bad Brains, a commencé sa carrière en tant que groupe de jazz fusion, et Earl Hudson a su garder ses superbes aptitudes lorsque les choses ont évolué. Dave Grohl (Nirvana), admet s’être inspiré de ses mouvements pour l’intro de « Smells Like Teen Spirit » et a déclaré à Modern Drummer : « J’apprenais mot pour mot toutes ses combinaisons ». Lorsque le batteur de hard rock Chad Smith a rejoint les Red Hot Chili Peppers, le leader Anthony Kiedis lui a dit de se familiariser avec son jeu. Finalement, Bad Brains a ralenti la candence, s’est étendu au métal, au reggae et au funk, donnant à Hudson plus d’espace pour étaler sa polyvalence. Mais il restera toujours connu comme l’architecte en chef du hardcore américain.

74 – Michael Shrieve 

Lorsque Santana est monté sur scène le deuxième jour du festival de Woodstock, coincé entre Country Joe McDonald et John Sebastian, il s’est retrouvé face à un océan de spectateurs qui n’avaient jamais entendu une note de sa musique, puisque le premier LP du groupe n’était pas encore dans les bacs. Mais dès la première note de « Waiting », le public a été hypnotisé par la fusion unique du groupe entre des rythmes latins contagieux et un rock psychédélique explosif. Le batteur Michael Shrieve, âgé de 20 ans, fut le plus jeune artiste de tout le festival. Avec le joueur de conga Michael Carabello d’un côté et le joueur de timbales Jose « Chepito » Areas de l’autre, Shrieve a exécuté un solo dégringolant, imprégné de jazz, au milieu de « Soul Sacrifice », qui reste absolument stupéfiant près de 50 ans plus tard. Santana se débarrasse de presque tous les membres de son groupe d’origine deux ans plus tard, mais Shrieve reste à ses côtés et coproduit même Welcome en 1973 et Borboletta en 1974. Le batteur a ensuite travaillé avec du beau monde, du Pat Travers Band aux Rolling Stones, démontrant ainsi son formidable éventail. « Michael Shrieve m’a fait découvrir Miles Davis et John Coltrane, a déclaré Carlos Santana en 2013. Il a ouvert une toute nouvelle dimension pour mon cœur. »

73 – Pete Thomas

En moins d’un an, Elvis Costello est passé du pub-rock nerveux de My Aim Is True à la frénésie punk bilieuse de This Year’s Model, et il n’aurait pas pu faire ce grand bond en avant sans Pete Thomas, fan ultime de Mitch Mitchell, derrière le kit. Alors que l’écriture de Costello exigeait davantage de nuances, Thomas est resté son complice rythmique idéal. « Pete Thomas est de très loin le batteur de rock and roll de sa génération, a tweeté Costello l’année dernière, et le fait que vous ne l’ayez jamais lu ça dans les toplist vous dit tout ce que vous devez savoir sur les « toplist » et rien sur les batteurs. »

72 – James « Diamond » Williams

Formé au jazz, James Williams joue dans des groupes de bar de Dayton dès son adolescence. Lorsqu’il rejoint les Ohio Players en 1974, le groupe existe déjà depuis une quinzaine d’années, mais leur série de tubes pour Mercury Records ne fait que débuter. Le jeu de batterie de Williams, qui n’est pas si technique mais qui est parfois explosif, fait avancer ces morceaux – son fond de funk constant peut éclater de façon inattendue, même sur des ballades comme « I Want to Be Free ».

71 – Butch Trucks et Jaimoe

Les batteurs de l’Allman Brothers Band, Butch Trucks et Jai Johanny « Jaimoe » Johanson, sont inséparables depuis la création du groupe, alimentant tout, des rythmes complexes de l’emblématique « Whipping Post » aux exercices subtils comme leur interprétation de « Trouble No More » de Muddy Waters. Le pedigree de Jaimoe en tant que batteur soul des années 60 avec des artistes comme Otis Redding se mêle à la pulsation bluesy et rock de Trucks pour former un rythme unique, qui leur est propre. Comme Jaimoe l’a raconté à Relix, lui et Trucks ont essayé de prendre des leçons de batterie auprès d’Elvin Jones en 1974, mais la légende du jazz leur a dit : « Qu’est-ce que vous voulez ? Je sais qui vous êtes. Qu’est-ce que je suis censé vous apprendre ? »

70 – Tommy Ramone

« Il a donné le pouls au punk rock » : c’est ce qu’on pouvait lire dans la rubrique nécrologique du New York Times, à la mort en 2014 d’un certain Tamás Erdélyi – plus connu sous son nom de scène, Tommy Ramone. Avec ses croches furieusement métronomiques et ses bombes tribales de tam-tam, il a fourni le rythme des trois premiers albums révolutionnaires des Ramones, en accord avec la guitare de Johnny Ramone. Il a également apporté une contribution importante à l’écriture des chansons du groupe, écrivant même « Blitzkrieg Bop », que Joey Ramone a qualifié d’« appel aux armes pour que chacun crée son propre groupe. » Cela inclut des artistes tels que les Clash, Metallica et pratiquement tous les groupes qui ont participé au Warped Tour ; en effet, le son caractéristique d’Erdélyi résonne toujours aussi fort.

69 – Dale Crover

« C’est le meilleur batteur du monde, a déclaré sans peser ses mots le batteur de Nirvana, Dave Grohl. J’ai toujours pensé que si les choses ne marchaient pas [avec moi], ils pourraient toujours prendre Dale. » Bien que l’on puisse l’entendre jouer sur neuf titres et faces B de Bleach, le principal boulot de Dale Crover est sa participation, depuis plus de 30 ans, à l’institution de l’art-sludge, les Melvins. Il est à la fois une machine à séisme, un showman et un mathématicien ad hoc qui suit les riffs de Buzz Osborne. Nourri par son amour pour Kiss et Led Zeppelin, le son distinct de Crover provient de tom-toms qui explosent comme des canons, de slats métalliques qui grésillent, de double kick qui crachent. Toujours plus fort que vos punks préférés.

68 – Jerome « Bigfoot » Brailey

En 1975, lorsque George Clinton a entendu pour la première fois le morceau « Fame » de David Bowie à la radio, il s’est tourné vers son nouveau batteur et lui a demandé de se souvenir de ce rythme. Jerome Brailey, la nouvelle recrue de Parliament-Funkadelic, s’est chargé de filtrer le style de Jabo Starks, le stickman de JB, à travers l’aura de Bowie sur « Give Up the Funk (Tear the Roof Off the Sucker) ». Brailey restera à bord du vaisseau-mère jusqu’en 1978, pilotant bon nombre des plus grands succès de P-Funk avec sa grosse caisse stable, son charleston et son motif de caisse claire complexe et imprévisible, avant qu’il parte former Mutiny. « Faire du funk est vraiment simple, a déclaré Brailey en 2010. Il s’agit de l’excitation sur le moment. Le funk vient de l’intérieur. »

67 – Greg Errico

Greg Errico n’a que 17 ans lorsque Sylvester Stewart invite le natif de San Francisco à rejoindre son nouveau groupe Sly and the Family Stone. Errico aidera à diriger l’une des sections rythmiques les plus importantes de la musique funk, depuis leurs premiers enregistrements jusqu’à l’inoubliable There’s a Riot Goin’ On. En 2015, Errico a déclaré à Rolling Stone qu’à son apogée, jouer avec Family Stone « me faisait dresser les cheveux sur la tête, où la scène décollait comme un 747. » En 1971, alors que Family Stone était en pleine tourmente, Errico a été le premier à partir et a fini par travailler avec Lee Oskar, Betty Davis et Funkadelic, non seulement comme batteur, mais aussi comme producteur et arrangeur.

66 – Kenny Aronoff

Connu surtout comme le batteur de John Mellencamp de 1980 à 1996, Kenny Aronoff dispose d’un jeu complexe et insaisissable. Mais il est tout aussi à l’aise pour garder un rythme solide et constant. « [En tant que batteur], je suis l’employé, a-t-il déclaré à EsquireMon travail consiste à écouter, à apprendre, à diriger. Et je comprends que je ne suis pas le patron. » Grâce à son talent et sa générosité, il est devenu un batteur de studio incontournable pour les Rolling Stones, Bob Dylan, Bruce Springsteen, Neil Diamond, Eric Clapton, John Fogerty, Sting, les Smashing Pumpkins, Lady Gaga et bien d’autres.

65 – Sly Dunbar

Le batteur de reggae Lowell Fillmore Dunbar a joué avec tout le monde (ou presque) et, étant donné la fréquence à laquelle ses riddims ont été échantillonnés, il est probablement le musicien le plus enregistré au monde. Surnommé pour sa dévotion à Sly Stone, Dunbar a enregistré son premier morceau, « Night Doctor », avec les Upsetters à l’âge de 15 ans. En 1972, il fait la connaissance du bassiste Robbie Shakespeare, avec qui il travaillera toute sa vie, notamment dans les groupes de Peter Tosh et de Black Uhuru, ainsi que lors de la tournée Some Girls des Rolling Stones en 1978. Sly et Robbie ont transmis l’art du reggae dub sur scène comme personne. « Moi et Robbie n’avons pas réalisé ce que nous faisions jusqu’à ce que la musique jamaïcaine devienne dub et que la basse et la batterie vous arrivent en pleine figure, » explique-t-il. Un précurseur.

64 – Chad Smith

Depuis ses débuts avec les Red Hot Chili Peppers en 1989, Chad Smith a toujours su allier la rapidité du funk classique à la puissance et au volume d’un rockeur d’arène. « Il joue dur, mec, dit Sammy Hagar, qui a recruté Smith pour son groupe Chickenfoot. Ce type vient de Detroit, pour l’amour de Dieu ! » Après avoir travaillé pour la première fois avec RHCP, Rick Rubin a été tellement impressionné par la polyvalence de Smith qu’il s’est inspiré de son jeu sur ses autres productions. Cliff Martinez, ancien batteur des Chili Peppers, le qualifie de « virtuose monstrueux… avec un sens sophistiqué et aiguisé. » Anthony Kiedis attribue à Smith le mérite d’avoir inspiré l’évolution de RHCP : « Tout ce que j’ai à faire, c’est de fermer les yeux et d’écouter Chad. Ce serait contre productif si je ne le faisais pas. »

63 – Dennis Chambers

Issu de l’école Parliament-Funkadelic qui a donné naissance à Ramon « Tiki » Fulwood et Jerome Eugene « Bigfoot » Brailey (voir plus haut), Dennis Chambers a combiné le sens du funk de ces musiciens avec la fusion de Tony Williams, inspirant ainsi d’innombrables batteurs de gospel et de hip-hop. Travaillant en tant que batteur pour le label Sugar Hill (Chambers a joué sur « Rapper’s Delight ») et aux côtés du guitariste de jazz funky John Scofield, le natif de Baltimore a affiné un style construit autour de grooves explosifs et de rythmes brûlants à la Buddy Rich, qui semblent défier le temps. Depuis les années 90, Chambers a beaucoup joué avec Carlos Santana, Steely Dan et John McLaughlin. Les albums solo de Chambers – tels que Big CityGetting Even et Outbreak – sont des exemples tristement ignorés de sa puissance et de son sens aigu de la composition.

62 – Tony Thompson

Tony Thompson a créé les grooves impitoyables de Chic, le groupe de rock le plus éclatant de l’ère disco. Sa réputation n’a cessé de croître dans les années 70, mais son influence s’est étendue aux années 80, avec des compositions sur des tubes pop comme « Addicted to Love » de Robert Palmer et « Like a Virgin » de Madonna. Thompson a même été considéré comme le remplaçant de feu John Bonham lorsqu’il a été question d’un renouveau de Led Zeppelin. Et, bien sûr, c’est lui qui a créé le groove de la chanson originale « Good Times », la chanson de Chic reprise par d’innombrables batteurs. « Pendant toutes ces années, les gens ont voulu me sampler. Tout le monde a toujours supposé qu’il y avait une sorte de recette magique, Thompson a déclaré à Modern DrummerTout ce que c’était, c’était un kit Yamaha tout neuf dans un studio d’enregistrement très vivant, en briques. Je frappais les tambours très fort. C’est tout ! »

61 – Clem Burke

Clem Burke, membre de Blondie, a apporté un rythme inattendu au punk brut et à la new wave qui s’échappaient des clubs new-yorkais des années 70, comme le CBGBs. Avec Burke derrière le kit, Blondie a réussi sa percée : des grooves disco au reggae en passant par les rythmes hip-hop, dans les grands succès du groupe. Le batteur avait une présence et un charisme qui titillaient parfois l’attitude d’un frontman. « Il sautait sur sa batterie assez régulièrement, a déclaré la chanteuse Deborah Harry au Chicago TribuneClem est arrivé, et c’était une vraie star. Il savait jouer, et on voyait que c’était sa vie. »

60 – Mick Fleetwood

Avec son partenaire rythmique John McVie, Mick Fleetwood est resté une constante à travers les nombreux changements stylistiques de son groupe éponyme, du blues-rock de Peter Green à la fin des années 60 à la pop adulte de la formation populaire Stevie Nicks-Lindsey Buckingham. La personnalité rythmique de Fleetwood transparaît dans chaque morceau du best-seller du groupe, Rumours : Le remplissage stylisé qui introduit « Dreams » est aussi accrocheur que n’importe quel refrain, et le contrepoint de tom-tom qu’il fournit à la guitare rythmique de Buckingham fait partie intégrante de « Go Your Own Way ». Buckingham a fait l’éloge du style « instinctif » de Fleetwood et raconte une histoire sur le break de cloche de vache distinctif que le batteur a ajouté au premier single du groupe, « Oh Well ». « Mick l’a fait sur un coup de tête et quand il a essayé de le répéter, il n’y arrivait pas ! Il lui a fallu une semaine de répétitions pour apprendre ce qu’il avait fait en un instant. » En tant qu’interprète, le flair instinctif et la joie enfantine de Fleetwood derrière le kit restent intacts à ce jour.

59 – Jim Gordon

Le protégé de Hal Blaine était l’un des meilleurs batteurs de studio des années 60, participant à toutes les productions, de Pet Sounds à « Classical Gas ». Lors d’une tournée avec Delaney & Bonnie, Jim Gordon a rencontré Eric Clapton, qui a fait appel à lui (et à plusieurs de ses camarades) pour former Derek and the Dominoes. La combinaison du sentiment bluesy et de la finesse professionnelle de Gordon a donné naissance au double LP classique Layla and Other Assorted Love Songs. Gordon a ensuite enregistré avec des artistes comme Randy Newman et Steely Dan, et est devenu une figure improbable de l’essor du hip-hop lorsque le DJ Kool Herc a commencé à inspirer les danseurs du Bronx avec le break de batterie de Gordon tiré de « Apache » de l’Incredible Bongo Band. « Tout le monde a commencé à chercher le rythme parfait, à essayer de battre ce record », se souvient Herc. « Ils n’arrivent toujours pas à le battre, encore aujourd’hui. »

58 – Sheila E. 

Née Sheila Escovedo, fille du percussionniste Pete Escovedo, Sheila E. était une prodige de la batterie, jouant dès son plus jeune âge avec des artistes comme Marvin Gaye et Herbie Hancock. Elle est devenue célèbre en apportant son style polyrythmique vif et pur au groupe post-Revolution de Prince à la fin des années 80, contribuant ainsi à façonner le rock, la pop et le R&B de cette décennie. Bien sûr, elle a également chanté sur ses propres tubes solo, comme « The Glamorous Life » en 1984, mais c’est son éminence en tant que batteuse, toujours très demandée, qui a assuré son héritage musical. « C’est assez intéressant que tout le monde dise comment [Prince] m’a influencée, mais en fait, c’est moi qui l’ai influencé en premier », a-t-elle déclaré à Fox News. « Quand je suis allée me présenter, il savait déjà qui j’étais, ce qui m’a choquée, et il a dit : ‘Je sais déjà qui vous êtes. Je suis votre carrière depuis longtemps, et vous êtes incroyable et j’aimerais que vous jouiez dans mon groupe.’ »

57 – Manu Katché

Des artistes comme Peter Gabriel et Sting ont refusé de se reposer sur le plan rythmique à la fin des années 80 et au début des années 90 ; ils ont fait appel au très dynamique batteur français de la côte d’Ivoire Manu Katché pour traduire leurs visions expansives du worldbeat. Instantanément reconnaissable grâce à son travail nuancé de cymbales splash, il apporte la pulsation ouest-africaine de « In Your Eyes » de Gabriel et le groove trip-hop de « Digging in the Dirt » de l’auteur-compositeur-interprète. Pour « Englishman in New York » de Sting, il oscille entre le reggae lite, un break jazz et un boom ‘n’ pound hip-hop typique des années 80. « Quand nous avons fait la tournée Amnesty [en 1986], j’ai demandé à Manu Katché si je pouvais m’asseoir derrière lui et le regarder, raconte Larry Mullen Jr de U2, il était effrayé et ne savait pas ce que je faisais, mais je voulais juste voir ce que les vrais batteurs faisaient ! ».

56 – Richie Hayward

En tant que batteur du groupe de boogie surréaliste Little Feat, Richie Hayward avait tendance à embrasser le rythme dans son ensemble. Après avoir répondu à l’annonce de Lowell George dans le L.A. Free Press, Hayward a traversé les succès critiques et les échecs commerciaux de Little Feat. Hayward a navigué sur le prog-boogie désordonné et les structures de chansons peu orthodoxes de Feat à la batterie tout en ajoutant des harmonies vocales aiguës. Il a apporté un slide louisianais à leur son, introduisant le funk de manière habile, ce qui allait titiller les oreilles de futurs fans, comme Robert Plant et Bob Dylan.

55 – Max Weinberg

Au printemps 1974, Max Weinberg voit dans le Village Voice une annonce selon laquelle Bruce Springsteen et le E Street Band recherchent un nouveau batteur, en prévenant les candidats potentiels qu’ils ne veulent pas de « Junior Ginger Bakers ». Weinberg est un professionnel à la main sûre, formé dans les salles de spectacles de Broadway : en d’autres termes, il est tout le contraire du batteur de Cream. Il a époustouflé Springsteen lors d’une audition et a été embauché juste au début de l’ère Born to Run. Il est impossible d’imaginer comment cet album aurait pu sonner sans le pouls tendu de Weinberg – plus proche dans l’esprit des rois du studio des années 60 que des géants de l’arène des années 70 – et après son succès, le batteur s’est retrouvé à travailler avec tout le monde, de Meat Loaf à Bonnie Tyler. Lorsque le E Street Band s’est séparé en 1989, il a trouvé du travail comme chef d’orchestre de Conan O’Brien, mais lorsque le groupe s’est reformé en 1999, il a réussi à concilier les deux groupes dans son emploi du temps. « Max a trouvé un endroit où Bernard Purdie, Buddy Rich et Keith Moon se croisaient, et il l’a fait sien », a déclaré Bruce Springsteen lors de son discours d’acceptation au Rock and Roll Hall of Fame en 1999.

54 – Ahmir « Questlove » Thompson

Ahmir Thompson a endossé de nombreux rôles – superproducteur néo-soul, auteur polymorphe, chef d’orchestre de talk-show, consultant musical à Broadway – mais ces opportunités se sont présentées parce qu’il est avant tout un batteur incroyablement polyvalent.

53 – Jimmy Chamberlin

Selon le leader des Smashing Pumpkins, Billy Corgan, Jimmy Chamberlin s’est présenté à sa première répétition « avec un T-shirt rose, un jean délavé et une coupe de cheveux en mule. Nous nous sommes dit : « Ce n’est pas lui ». [Mais il avait appris toutes nos chansons, et en une seule répétition, nous étions prêts à jouer. Il est si bon. » En participant à Siamese Dream (1993) et Mellon Collie and the Infinite Sadness (1995), il est devenu indispensable au son du groupe. « Les parties de batterie de Jimmy sont si incroyablement techniques et nuancées que personne d’autre ne peut le remplacer pour les jouer. »

52 – Matt Cameron

Plus que tout autre batteur, Matt Cameron a posé les bases rythmiques de la révolution rock des années 90, en conciliant technicité prog et force écrasante. Dave Grohl déclare : « Personne ne joue de la batterie comme Matt. » Lorsque Soundgarden se dissout soudainement en 1997, Cameron ne reste pas longtemps sans travail : Pearl Jam l’invite en tournée l’année suivante. « Ils n’ont pas du tout essayé de m’atténuer », a-t-il déclaré, libre de son jeu et de sa folie créative.

51 – Alex Van Halen

Des millions de jeunes batteurs américains se sont rendus fous dans les années 80 en essayant de reproduire le travail des tom-toms et le swing galopant que Alex Van Halen apportait à « Hot for Teacher » ou le groove d’ouverture délicat de « Finish What You Start ». Sa dévotion et sa ténacité étaient également assez impressionnantes : Un article de Rolling Stone datant de 1984 décrivait un spectacle de première partie des Rolling Stones où Alex jouait entièrement avec sa main cassée. « Il ne pouvait même pas tenir une baguette de batterie », écrit la journaliste Debby Miller. « Il a donc attaché la baguette à son poignet avec un lacet et a continué le concert. »

50 – Cozy Powell

Depuis qu’il a fait irruption sur la scène au sein du Jeff Beck Group en 1970, Colin Trevor « Cozy » Powell s’est forgé une réputation de batteur et de musicien de session de premier ordre, essentiel au développement du hard rock et du heavy metal anglais. Bien qu’il ait régulièrement participé à ses propres projets, on se souvient surtout de Powell comme d’un atout pour des groupes tels que Rainbow et Whitesnake, comme un tiers de l’éphémère Emerson, Lake & Powell et comme une force motrice d’un Black Sabbath des temps modernes. Dans une interview de 1999, Emerson a raconté les souvenirs d’une répétition pour laquelle Powell a assemblé son énorme kit, mais s’est ensuite rendu compte qu’il avait oublié ses baguettes : « Il a envisagé d’utiliser des branches tombées de mon verger, jusqu’à ce qu’un fermier local se rende en ville pour en trouver de bonnes. Elles n’étaient pas du bon poids, mais suffisaient quand il les tenait à l’envers en utilisant le gros bout. Puis il faisait son solo de batterie, et c’était comme si la troisième guerre mondiale avait éclaté. »

49 – Vinnie Colaiuta

« Avant de le voir, je pouvais comprendre les choses, a déclaré Josh Freese, batteur de Devo, à Drum ! C’est le premier gars que j’ai vu et qui ne comprenait pas ce qu’il faisait ». Selon l’infiniment exigeant Frank Zappa, Vinnie Colaiuta a remporté le « premier prix » lorsqu’il s’agissait de fournir des polyrythmies complémentaires à ses solos de guitare « sur le vif » – il suffit de regarder les confabulations complexes guitare-batterie de Shut Up ‘n Play Yer Guitar pour s’en convaincre. Mais Colaiuta est aussi un maître de la finesse contenue, sollicité par tous, de Herbie Hancock à Joni Mitchell en passant par Sting. « Vous n’êtes pas là pour montrer un tas de conneries ou être le centre d’attention, dit-il de son métier. Vous êtes là pour vous fondre dans le décor et en faire partie. »

48 – John « Drumbo » French

John « Drumbo » French a rejoint le Magic Band du Capitaine Beefheart en 1966, apportant avec lui un style polyrythmique à base de toms lourds, qui allait devenir indispensable au groupe. French a été le directeur musical du chef-d’œuvre d’avant-garde du Magic Band, Trout Mask Replica, mais il en est revenu peu satisfait. « Jamais autant de personnes n’ont travaillé aussi dur pour si peu [d’argent] », a déclaré French à propos des sessions qui ont produit l’album, ajoutant : « Je n’ai jamais reçu un centime pour cela. » Pendant l’enregistrement de Replica, une visite du groupe à une exposition de Salvador Dali « a changé [sa] conception de la batterie » et a inspiré le talent de French pour la superposition rythmique. Le style de Drumbo n’a fait que s’affiner en 1970, avec Lick My Decals Off, Baby, peut-être le meilleur exemple de son approche fracassante et chaotique, mais farouchement contrôlée. Plus tard, French dirigera son propre Magic Band.

47 – Dave Lombardo

Dave Lombardo a gagné le surnom de « A.D.Dave » auprès de ses collègues de Slayer après avoir maintenu sans effort le rythme sur des morceaux comme « Angel of Death » – qui culmine à 210 b.p.m. et comprend l’un des breaks de batterie les plus impressionnants du métal – et « War Ensemble », tout en faisant allusion au swing du jazz latin. Des tensions au sein du groupe l’ont forcé à partir à de nombreuses reprises (il joue actuellement avec Dead Cross). « C’est une tête de mule, a dit un jour Kerry King, ancien membre du groupe Slayer. Il ne peut pas rester en place. »

46 – Dave Garibaldi

Avec Tower of Power, le jeu élégant de David Garibaldi a contribué à élargir l’audience de James Brown au tournant des années 70. Son intelligence rythmique a été un élément clé dans la création du tube « What Is Hip ? » du groupe soul-funk de Bay Area. « C’est lui qui a eu l’idée de demander à Rocko [Prestia] de jouer ces doubles croches à la basse, a déclaré Emilio Castillo, le leader de Tower of Power. C’est ce qui a rendu cette chanson entraînante. » Garibaldi a également eu une influence formatrice sur Chad Smith, le batteur des Red Hot Chili Peppers, qui a déclaré que « son jeu de batterie… m’a fait passer à un autre niveau ». Le « Funky Drummer » Clyde Stubblefield lui-même a un jour appelé Garibaldi « mon préféré », s’exclamant « Ce type était funky ! ».

45 – Billy Cobham

Au début des années 1970, Billy Cobham a établi une nouvelle référence en matière de batterie fusion, en mariant une dextérité jazz époustouflante à la puissance rock. Le batteur originaire du Panama a participé au révolutionnaire Bitches Brew de Miles Davis et, de manière plus frappante, à A Tribute to Jack Johnson, où son interaction avec le guitariste John McLaughlin a donné le ton pour la suite, avec le Mahavishnu Orchestra. L’influence de Cobham s’étend bien au-delà du jazz : les contemporains du prog écoutaient attentivement ce qu’il faisait, des batteurs plus jeunes comme Danny Carey de Tool ont appris en s’inspirant de son jeu. Même Prince a joué une version de « Stratus » de Cobham en concert. Il n’y a peut-être pas de plus grand fan que Phil Collins, qui a désigné Inner Mounting Flame de Mahavishnu comme une influence clé sur ses débuts. « Billy Cobham a joué l’un des meilleurs rythmes de batterie que j’ai jamais entendu sur ce disque », a-t-il déclaré.

44 – Jerry Allison

Jerry Allison a été le premier collaborateur de Buddy Holly, l’un des héritages les plus durables du rock ayant débuté par un duo guitare-batterie. Le batteur des Crickets a non seulement coécrit « That’ll Be the Day », mais il a également convaincu son ami de changer le titre de « Cindy Lou » en « Peggy Sue », le nom d’une femme qu’Allison espérait impressionner à l’époque. Cependant, la contribution la plus importante du batteur à ce dernier est d’ordre rythmique : entre les prises, le producteur Norman Petty a entendu Allison taper sur un paradiddle et a demandé au batteur de le jouer à la place. Buddy Holly and the Crickets ont été le premier groupe de rock’n’roll à utiliser le studio d’enregistrement « comme une combinaison de laboratoire et de terrain de jeu », comme l’a dit à l’époque le fan Marshall Crenshaw. Allison était prêt à tout essayer : sur « Everyday », il tape simplement ses mains sur ses genoux. En hommage à cette ingéniosité subtile, Ringo Starr a joué de la batterie sur une valise lorsque les Beatles ont enregistré « Words of Love » de Holly.

43 – Phil Collins

Avant que Phil Collins ne devienne l’un des chanteurs pop les plus célèbres des années 1980, il était l’un des batteurs les plus aventureux des années 1970, travaillant avec des artistes révolutionnaires comme Brian Eno, le collectif de jazz fusion Brand X et, bien sûr, la formation virtuose Genesis dirigée par Peter Gabriel. C’est au cours d’une session solo de Gabriel, fin 1979, que Collins a créé sa signature sonore « gated snare », rapidement imitée dans tout l’univers de la pop, devenant un élément clé d’innombrables disques des années 80. Il l’utilise à nouveau sur « In the Air Tonight ». Après le succès de cette chanson, Robert Plant, Eric Clapton et de nombreuses autres superstars l’ont fait venir en studio pour jouer de la batterie sur leurs albums. Il a subi de graves lésions nerveuses aux mains après la tournée de reformation de Genesis en 2007, ce qui l’a empêché de tenir des baguettes, un sort cruel pour un musicien innovant et influent. « J’adore son jeu de batterie et je n’ai pas peur de l’admettre, a déclaré Brann Dailor, batteur de Mastodon. En tant que batteur de Genesis, je pense qu’il est phénoménal et qu’on n’en parle pas assez. C’est juste un batteur tellement génial et complet. »

42 – Bill Ward

Compte tenu de son statut de batteur du groupe qui a incontestablement inventé le heavy metal, il est surprenant de constater à quel point Bill Ward a toujours été un joueur agile. Formé auprès de grands noms du jazz tels que Joe Morello et Gene Krupa, le cofondateur de Black Sabbath a apporté une certaine élasticité au rythme sinistre qui caractérisait les premiers travaux du groupe (« Black Sabbath », « Iron Man »). Au lieu d’imiter les riffs emblématiques du guitariste Tony Iommi, il dansait autour d’eux. Et quand il voulait l’être, comme sur le groovy « Hand of Doom », Ward était aussi funky que n’importe quel batteur R&B. « Bill Ward pouvait être échantillonné pendant des jours sur des disques de hip-hop, » note Brad Wilk, batteur de Rage Against the Machine. Les batteurs ultérieurs de Sabbath, comme Vinny Appice, plus grandiloquent, et Cozy Powell, plus flashy, ont apporté un professionnalisme digne d’une salle de concert, mais n’ont jamais pu reproduire le travail de Ward derrière le kit.

41 – Carter Beauford

Membre fondateur du Dave Matthews Band, Carter Beauford est un batteur de jazz à forte tendance, avec une sensibilité pop. Bien que son groupe soit tributaire du groove, il étoffe même les morceaux les plus populaires avec des rythmes incroyablement compliqués et chargés – par exemple, en donnant à « Ants Marching » un improbable motif de charleston avant d’accentuer de manière orchestrale les coups de voix de Matthews, en ajoutant un travail délicat de grosse caisse à « So Much to Say ». « Chaque public est différent, alors nous voulons essayer de nous adresser directement à ce public ou de délivrer un message différent à chaque fois que nous jouons, a déclaré Beauford à Guitar CenterSi vous jouez la même chose à chaque fois, le mot se répandra. »

40 – Jack DeJohnette

Pianiste depuis l’âge de quatre ans, Jack DeJohnette n’a commencé à jouer de la batterie qu’à 18 ans. Ce début relativement tardif ne l’a pas empêché de se lancer : un passage précoce au sein de l’institution d’avant-garde de Chicago, l’Association for Advancement of Creative Musicians, l’a conduit à travailler en direct avec John Coltrane, à occuper une place dans le quartette de Charles Lloyd, qui a atteint les sommets des hit-parades, et finalement à se produire avec Miles Davis, alors que le trompettiste se préparait pour Bitches Brew, l’album de fusion de 1970 qui a fait date. « C’était génial de jouer avec Miles, parce que Miles adorait la batterie, expliquait DeJohnette à Jazz.com en 2009. Tout venait de la batterie. Il aimait la boxe, il était un grand fan de boxe, et il voyait la batterie dans le jazz comme ayant des aspects similaires. » En tant que chef d’orchestre et compositeur, DeJohnette fusionne tout ce qu’il a appris – les expérimentations de l’A.A.C.M., l’intégrité de Coltrane, le groove pugilistique de Davis – avec son propre talent inné pour créer une mélodie mémorable.

39 – Ramon « Tiki » Fullwood

« C’était le batteur le plus costaud que j’ai jamais entendu« , confiait Grady Thomas, le chanteur des Parliaments, au sujet de Ramon « Tiki » Fulwood. La légende veut qu’à l’âge de 17 ans, il devait se faufiler dans les clubs pour se produire, et Clinton a dû supplier sa mère de le laisser l’emmener en tournée. Son style lourd – aux côtés de la guitare en roue libre d’Eddie Hazel – a marqué un tournant dans l’histoire du groupe. Ce que l’on entend sur des hymnes comme « Maggot Brain », c’est un jeu extraverti qui deviendra plus tard une source de samples pour les producteurs de hip-hop.

38 – Jim Keltner

Jim Keltner est l’un des batteurs de session les plus vénérés de tous les temps. Il est à l’origine de milliers de disques, dont « Imagine » de John Lennon, « Photograph » de Ringo Starr, une grande partie de la production solo de George Harrison, les deux LP des Traveling Wilburys, « Full Moon Fever » de Tom Petty, « Knockin’ on Heaven’s Door » de Bob Dylan et « Josie » de Steely Dan ; sans oublier son travail avec Harry Nilsson, les Bee Gees, Pink Floyd, Randy Newman, Carly Simon, Joni Mitchell, les Pretenders, Fiona Apple et Oasis. Né dans l’Oklahoma, il a grandi à Pasadena, en Californie, et a commencé à enregistrer dans les années 60. Keltner est connu pour sa subtilité et sa polyvalence qu’il doit à son éducation jazz. L’une des caractéristiques de son style est sa décontraction discrète. « Au fil des ans, beaucoup de gens m’ont dit : « Tu n’as pas l’air de jouer quand tu joues« , a-t-il dit un jour.

37 – Jeff Porcaro

Le jeu de baguettes du batteur de Toto a donné à « Beat It » de Michael Jackson une grande partie de son mordant, a permis à « I Keep Forgettin’ » de Michael McDonald d’être inoubliable et a imposé le « Rosanna Shuffle » sur le tube du même nom de son propre groupe. « Jeff a toujours eu un rôle énorme dans le fait de transformer une simple chanson en hit », a déclaré son frère Steve au magazine Rhythm en 2013. « On ne s’ennuyait jamais en studio. (…) Il trouvait toujours les meilleurs rythmes instantanément, comme s’il avait joué la chanson pendant des années. » Porcaro est décédé en 1992, peu après l’achèvement du huitième album de Toto Kingdom of Desire ; il avait également joué sur Human Touch de Bruce Springsteen, et aurait refusé une offre d’un million de dollars de la part du Boss pour rester avec son groupe.

36 – Steve Smith

Bien qu’il ait passé la majeure partie de ces 30 dernières années à tourner sur la scène fusion jazz, les capacités surhumaines de Steve Smith ont permis aux rockers de Journey d’atteindre leur apogée. Son jeu sur le classique « Don’t Stop Believin’ » est particulièrement complexe. Il est aussi exceptionnel que les envolés vertigineuses de Perry !

35 – Fred Below

Avant les Funk Brothers de la Motown ou les M.G. de Stax, des groupes de musiciens de session assemblés par des labels ont façonné le son du R&B au milieu du 20ème siècle – y compris des musiciens comme Fred Below des Aces, dont le travail délicatement énergique pour Chess Records à Chicago a été essentiel pour propulser la musique de Little Walter, Muddy Waters, Bo Diddley, Chuck Berry et Howlin’ Wolf vers de nouveaux sommets. Ayant débuté comme batteur de jazz, Below a dû trouver sa propre voie dans le blues. « Ce qui a rendu ce genre fascinant pour moi, c’est que c’était un type de musique qui ne m’était pas familier – et on ne l’enseignait pas à l’école ! » se souvient-il. « Il fallait donc que je la joue de manière à ce qu’elle ait un sens pour moi« . En écoutant « I’m Ready » de Muddy Waters ou « School Days » de Chuck Berry, la gamme et la virtuosité de Below sont claires comme de l’eau de roche ; sans chichi ni fioriture, il a alimenté le moteur électrique du blues de Chess.

34 – Mickey Hart et Bill Kreutzmann

Mickey Hart s’est joint au membre fondateur du Grateful Dead, Bill Kreutzmann, en 1967, faisant des Dead l’une des premières formations à deux batteurs rock. Aucun autre groupe de rock n’a poussé plus loin cette symbiose. « Le langage que Bill et moi partageons n’est pas parlé, dit Hart. C’est un langage corporel, des clins d’œil et des mouvements… un langage secret que nous ne pouvons pas décrire. »

33 – Tony Allen

« C’est incroyableTony Allen cite Fela Kuti, co-inventeur de l’afrobeat. La façon dont vous jouez, on n’aurait même pas besoin d’un percussionniste ». Machine à groove radicalement polyrythmique, cet innovateur nigéro-ghanéen a ajouté le jazz et le funk aux genres locaux d’Afrique de l’Ouest comme le highlife, l’apala et le mambo nigérian. Allen jouait du jazz à Lagos lorsqu’il a rencontré Fela, qui l’a engagé comme batteur et chef d’orchestre – d’abord au sein de Koola Lobitos, puis d’Africa 70 – de 1965 à 1979, date à laquelle Allen est parti en raison de l’« idéologie de dictateur » de Fela. Ce dernier a admis que l’afrobeat n’existerait pas sans Allen, dont l’influence s’est étendue aux Talking Heads, à Gorillaz et à d’innombrables groupes d’afro-fusion. Après avoir quitté Fela, Allen a continué à repousser les enveloppes dans des collaborations et des synthèses hybrides en solo qu’il appelle afrofunk. « Je suis une personne cool, admet-il. Je joue de ma batterie comme… je me comporte dans la vie. »

32 – James Gadson

Bien qu’il soit originaire de Kansas City, il est difficile d’imaginer un batteur plus important dans l’histoire de la musique de Los Angeles que James Gadson. Il s’est fait connaître à la fin des années 1960 en tant que membre du Watts 103rd St. Rhythm Band (célèbre pour « Express Yourself »), puis du groupe de Bill Withers, tout en restant l’un des musiciens de studio les plus prolifiques de la ville. Sa poigne ferme a tout enregistré, de « Dancing Machine » des Jackson 5 à « Happy People » des Temptations en passant par « I Want You » de Marvin Gaye. « Je veux dire, il a joué sur ‘Let’s Get It On’. … Gadson EST ce son, a déclaré Jamie Lidell à Pitchfork. Chaque fois que je joue avec lui, il se passe des choses folles que je n’ai jamais expérimentées avec un autre musicien, jamais. Il me regarde, sourit, et s’occupe de ce putain de rythme. Et quand il a fini le morceau, il dit : « C’est toi qui me l’as donné ». Il n’a aucun ego, putain. »

31 – Roger Hawkins

Jerry Wexler, le producteur qui a inventé le terme même de « rhythm & blues », a appelé Roger Hawkins « le plus grand batteur du monde ». Comme tous les Swampers, Hawkins excellait à adapter son style personnel aux besoins d’une session. Wilson Pickett a tapé le rythme qu’il voulait pour « Land of 1000 Dances » sur sa jambe et Hawkins l’a repris à partir de là ; Paul Simon recherchait une allure particulière pour « Kodachrome » et le batteur l’a capturée en un rien de temps. Le motif complexe de cymbales que Hawkins construit sur « Chain of Fools » d’Aretha, les motifs funk qu’il exécute sur « I’ll Take You There » des Staple Singers, le jeu subtil qu’il déploie sur « When a Man Loves a Woman » de Percy Sledge… tout cela fait de Hawkins un musicien hors pair.

30 – Clifton James

Né à Chicago avec 13 frères et sœurs, James a appris à jouer sur des chaises et des boîtes de conserve. Il a joué sur des disques pour tout un éventail de légendes du blues de Chicago – Muddy Waters, Howlin’ Wolf, Koko Taylor, Buddy Guy, Willie Dixon, Sonny Boy Williamson – mais sa plus grande contribution a été son rôle de batteur de Diddley de 1954 à 1970. De tous les batteurs différents que Bo Diddley a eus, il n’en a jamais eu un qui lui plaisait plus que Clifton James. En les mélangeant tous les deux, ils ont créé une chose si unique que l’un n’était pas bon sans l’autre.

29 – Carlton Barrett

Rien ne sonne plus authentiquement reggae que les tom-toms de Carlton « Carlie » Barrett, suivis de sa caisse claire qui a lancé un millier de morceaux. Sans doute le musicien le plus influent de l’histoire du reggae, Barrett a popularisé le rythme « one drop » caractéristique de cette musique au sein des Wailers et du groupe solo de Bob Marley. Son jeu de batterie sèche – que l’on entend sur des morceaux comme « Duppy Conqueror », « Soul Rebel » et « Small Axe » – et son charleston à triple effet ont servi de rayon tracteur aux fans de skanking jusqu’à son assassinat en 1987 à l’âge de 36 ans. « Parce que les tambours viennent de l’époque de l’esclavage et de l’Afrique, cela transpire d’histoire, a-t-il déclaré à Modern DrummerLes bons batteurs de reggae font du jeu une expérience spirituelle. »

28 – Carmine Appice

Appice s’est fait connaître à la fin des années 60 avec le groupe psychédélique excentrique Vanilla Fudge – influençant un jeune John Bonham avec ses grooves funky agressifs et endiablés – avant de passer à un style blues-rock plus lourd avec Cactus et Beck, Bogert & Appice. Il a fait la preuve de son talent au sein du groupe de Rod Stewart à la fin des années 70, en apportant son aide à l’écriture de tubes tels que « Da Ya Think I’m Sexy ». Plus récemment, il s’est occupé de jouer aux spectacles « Drum Wars » avec son frère cadet et compagnon d’élite du hard-rock, Vinny (Dio, Black Sabbath).

27 – Dave Grohl

Le jeu de batterie implacable et musclé de Dave Grohl – forgé sur la scène punk de Washington, D.C. dans les années 80 – était le coup parfait nécessaire pour faire passer le groupe Nirvana de Seattle du statut de groupe grunge indépendant à celui d’icône. « Kurt m’avait appelé et m’avait dit : « J’ai le meilleur batteur du monde maintenant. Il joue plus fort que n’importe qui d’autre », raconte Butch Vig, producteur de Nevermind, à Martin James, biographe de Grohl. « Et je me suis dit : ‘Ouais, c’est ça’. Mais ils avaient totalement raison. … Il n’y avait pas de micros sur [les tambours] dans cette pièce et ils étaient aussi forts acoustiquement que les amplis ! ». Grohl a affiné son style unique dans la banlieue de D.C. en jouant sur des oreillers avec d’épaisses baguettes : « C’est pour ça que j’ai commencé à frapper la batterie si fort », a-t-il déclaré à Spin en 1997, « en jouant sur des oreillers (…) avec ces putains de battes en écoutant ‘Violent Pacification’ de D.R.I. Je faisais ça jusqu’à ce que les fenêtres de ma chambre dégoulinent de condensation à cause de la sueur dans la pièce. »

26 – Danny Carey

Après un passage peu prometteur à la fin des années 80 comme batteur dans le groupe de Green Jellÿ (sous le pseudonyme de Danny Longlegs), Danny Carey a rejoint le futur mastodonte de l’alt-metal Tool en 1990. Au cours des années qui ont suivi, ce natif du Kansas s’est imposé comme l’héritier naturel des géants du prog des années 70 tels que Neil Peart et Bill Bruford, et comme l’un des batteurs de rock les plus admirés de sa génération. Le style de Carey allie une ambition intellectuelle – et un don pour les polyrythmes et les mesures bizarres – à une force sans compromis et une sensation de fluidité. Son don est de rendre l’expérimental le plus naturel possible.

25 – Earl Palmer

L’un des batteurs les plus enregistrés de l’histoire, Earl Palmer était un artiste qui a défini le rôle du sideman. Improvisateur, joueur de poche et accompagnateur, Palmer, originaire de la Nouvelle-Orléans, a joué sur des chansons marquantes de la région comme « Good Golly, Miss Molly » de Little Richard, « I’m Walkin’ » de Fats Domino et « Tipitina » de Professor Longhair. Après avoir déménagé en Californie, il est rapidement devenu l’un des musiciens de session les plus recherchés. Comme l’a dit son collègue du Wrecking Crew, Carol Kaye, « Earl a pris le dessus… c’était le meilleur batteur que j’avais jamais entendu ». La quantité de ses enregistrements signifie que ses rythmes ont contribué à définir le rythme de l’Amérique : « La Bamba » de Richie Valens, « Summertime Blues » d’Eddie Cochran, « You’ve Lost That Lovin’ Feeling » des Righteous Brothers et « You Send Me » de Sam Cooke ne sont que la partie émergée d’un iceberg qui comprend même des nouveautés comme le thème des Pierrafeu. « Lorsque le pouls du rock & roll vous saisit et ne vous lâche plus, il devient le Big Beat », a déclaré Max Weinberg. « C’est ce qui s’est passé quand Earl Palmer a joué ‘Lucille’ de Little Richard, comme s’il utilisait des battes de baseball et tapait sur une grosse caisse de 30 pieds. »

24 – Steve Gadd

À l’apogée de son travail sur la scène des sessions new-yorkaises dans les années 1970, Steve Gadd affirme jouer trois sessions par jour, donnant à une décennie de musique rock un funk profond et doux. Ses œuvres les plus connues sont les syncopes cérébrales de « 50 Ways to Leave Your Lover » de Paul Simon et les hi-hats et les fills monstrueux de « Aja » de Steely Dan. Gadd a insufflé un groove étourdissant à des centaines d’enregistrements, dont le numéro un disco de Van McCoy, « The Hustle ». « Tous les batteurs veulent jouer comme Gadd parce qu’il joue parfaitement, a déclaré Chick Corea. Il a apporté une pensée orchestrale et compositionnelle à la batterie tout en ayant une grande imagination et une grande capacité à swinguer. »

23 – Elvin Jones

Né en 1927 dans une famille de musiciens de Pontiac, dans le Michigan, Elvin Jones a fait partie d’une poignée de musiciens qui ont changé la définition du fonctionnement d’un batteur au cours des cinq années qu’il a passées au sein du John Coltrane Quartet. Chronométreur impeccable d’une délicatesse extraordinaire, Jones est surtout connu pour avoir poussé Coltrane dans la stratosphère grâce à sa puissance élémentaire, dispersant et déplaçant le rythme entre les quatre membres. « Il n’y a rien de nouveau dans le chronométrage, c’est juste que certaines personnes savent mieux chronométrer que d’autres, déclarait Jones à Down Beat en 1977. Certaines personnes sont plus sensibles aux impulsions rythmiques, et plus vous êtes sensible, plus vous pouvez utiliser les subtilités de la mesure du temps. » Les premiers batteurs de hard-rock qu’il a influencés – Ginger Baker, Mitch Mitchell, John Bonham – seraient certainement d’accord.

22 – Levon Helm

Dans son livre The Big Beat (1984), Max Weinberg rendait un hommage appuyé à Levon Helm, le légendaire batteur chanteur du groupe : « La cadence étouffée de ‘The Night They Drove Old Dixie Down’, les tom-toms déglingués de ‘Up on Cripple Creek’ et le backbeat fatigué mais déterminé de ‘The Weight’ montrent que Levon fait partie des rares batteurs capables de définir non seulement le rythme mais aussi la mise en scène d’une chanson ». Né dans la petite ville de Marvell, dans l’Arkansas, Helm a passé la fin des années 50 et le début des années 60 à jouer dans les bars de toute l’Amérique du Nord en tant que membre du groupe de Ronnie Hawkins. En 1965, Helm et ses collègues accompagnaient Bob Dylan lors de sa première tournée électrique. En 1968, ils se sont rebaptisés The Band et ont commencé à composer des chansons originales qui tournaient souvent autour du groove inimitable de Helm. À la fin de sa vie, alors que sa santé déclinait en même temps que ses finances, le batteur a organisé des concerts dans une grange sur sa propre propriété à Woodstock. Nuit après nuit, même lorsque les traitements contre le cancer de la gorge transformaient sa voix en un doux râle, il jouait joyeusement des airs anciens et nouveaux, gardant l’esprit du groupe lors de ces « Midnight Rambles ». « Il a été mon ami intime jusqu’à la fin, a déclaré Dylan à propos de Helm après sa mort, l’un des derniers grands esprits de ma génération ou de toute autre génération. »

21 – Ian Paice

Sans le seul membre permanent de Deep Purple, Ian Paice, le heavy metal n’aurait pas connu une telle évolution. Légende du rock épique qui n’a « jamais joué avec des bouchons d’oreille », Paice est un pro de la vieille école qui joue vite, furieusement et à fond. Fan de Frank Sinatra, Ringo Starr et du batteur de Count Basie, Sonny Payne, Paice a imprégné des tubes comme « Hush » et « Smoke on the Water » d’un swing étudié et contagieux. Le guitariste de Deep Purple, Steve Morse, a déclaré à Drum! : « Il a un swing qui semble juste. Et sa dynamique est formidable. Le batteur de mon trio, Van Romaine, l’appelle le ‘Steve Gadd du rock’. … C’est comme une gigantesque locomotive qui tonnait sur les rails, tout étant totalement synchronisé. »

20 – Bernard Purdie

Bien que Bernard « Pretty » Purdie ait été surnommé « Mississippi Bigfoot », ce joueur de studio prolifique a grandi dans le Maryland avant de déménager à New York au début des années 1960, où il a fait ses premières armes en participant à des sessions avec des artistes de jazz comme Nina Simone et Gabor Szabo. Connu pour ses « notes fantômes » complexes de charleston, Purdue est rapidement devenu l’un des batteurs les plus demandés de toute l’industrie. Il a été le directeur musical d’Aretha Franklin pendant plusieurs années, lorsqu’il n’était pas occupé à enregistrer avec de nombreux artistes, de Steely Dan à Mongo Santamaria en passant par Bob Marley. La question n’est pas de savoir avec qui Pretty Purdie a joué, mais plutôt avec qui il n’a pas joué. « Bernard faisait toujours quelque chose d’unique que l’on n’aurait jamais imaginé à l’avance et que personne d’autre n’aurait fait », se souvient Walter Becker de Steely Dan.

19 – Tony Williams

Les débuts de Tony Williams avec Miles Davis, en 1963, à l’âge de 17 ans, constituent l’une des émergences les plus étonnantes de toute la musique du XXe siècle. « Mec, rien que d’entendre ce petit enculé m’a rendu tout excité, a écrit le trompettiste dans son autobiographie. J’ai tout de suite compris qu’il s’agirait de l’un des pires enculés qui ait jamais joué de la batterie. » Au moment où il rejoint Miles, il avait déjà apporté de sérieuses contributions à l’avant-garde du jazz avec le saxophoniste Jackie McLean et d’autres. Mais c’est son rôle dans le « Second Great Quintet » de Davis qui a fait de lui une légende. Davis aimait travailler avec des sidemen qui n’avaient pas peur de le bousculer, et Williams, avec ses motifs de cymbales étourdissants, ses accents éruptifs et ses distorsions de tempo, était plus qu’heureux de rendre service. Il n’est que justice que, lorsqu’il quitte Miles en 1969, il devance le trompettiste dans le domaine du jazz-rock, en formant le groupe Lifetime, avec le futur guitariste du Mahavishnu Orchestra, John McLaughlin et l’organiste Larry Young. Au cours de la décennie qui a précédé sa mort prématurée en 1997, Williams s’est réengagé dans le jazz acoustique, jouant, comme toujours, avec une intensité qui ne souffre d’aucune réticence. Son inspiration transcende les genres. « Pour moi, il était non seulement un maître technicien, un maître batteur, l’innovateur de l’époque, mais aussi un innovateur sonore, a déclaré Cindy Blackman à propos de Williams. Il avait tellement de choses qui élevaient le son et le niveau de compétence requis pour jouer ce genre de musique. »

18 – Joseph « Zigaboo » Modeliste

Le journaliste de Rolling Stone Joe McEwen a un jour décrit la technique de jeu de Zigaboo Modeliste comme un rejet de « la technique standard… exécutant des rythmes endiablés. » Ce style pugilistique, qui caractérise le travail de Modeliste avec les Meters au début des années 1970, a consolidé son statut de batteur de funk le plus lyrique de tous les temps. Le style de Modeliste est imprégné de la tradition de sa Nouvelle-Orléans natale, où des générations de batteurs ont imprimé un style linéaire, presque mélodique, de syncopes. Sur des chansons des Meters comme « Cissy Strut » et « Just Kissed My Baby », le travail de Modeliste fait pratiquement chanter la batterie. Après avoir quitté les Meters au milieu des années 70, il a continué à prouver son talent pour apporter une approche locale au monde de la musique en travaillant avec des géants du rock comme Keith Richards et Ron Wood.

17 – Terry Bozzio

« Je ne suis pas du tout intéressé par les numéros de cirque, » a déclaré Terry Bozzio à Rolling Stone au milieu d’une tournée en solo avec ce qu’il a présenté comme « le plus grand ensemble de tambours et de percussions accordés du monde ». Cette déclaration peut sembler contre-intuitive de la part de Bozzio – qui s’est fait connaître en travaillant avec Frank Zappa au milieu et à la fin des années 70, maîtrisant à un moment donné l’œuvre « The Black Page » du compositeur, une œuvre diaboliquement difficile centrée sur les percussions – mais ce batteur chevronné a toujours été bien plus qu’un virtuose de la technique. Après son passage chez Zappa, Bozzio a fait partie intégrante du supergroupe post-prog U.K. et, plus tard, avec sa femme de l’époque, Dale, il a été l’un des architectes du groupe New Wave des années 80 Missing Persons, au sein duquel il a adapté ses capacités extraordinaires à un cadre pop épuré. Bien que, ces dernières années, on l’ait entendu le plus souvent en tant qu’interprète solo, ou au sein de divers supergroupes peu connus, ses passages dans des groupes allant de Korn à Fantômas du chanteur de Faith No More, Mike Patton, témoignent de son étonnante diversité.

16 – Bill Bruford

Percussionniste doté des prouesses techniques d’un musicien classique, de la subtilité et de la spontanéité d’un improvisateur de jazz et de l’énergie d’un batteur de rock, Bill Bruford était un artiste à part entière lorsqu’il a été révélé au public par les cinq premiers albums de Yes. En 1972, alors que le groupe était sur le point de devenir un mastodonte, Bruford a rejoint King Crimson. Pendant les deux années qui ont suivi, il a montré de quoi il était capable, soir après soir, tout en créant des nouveaux sons, à partir de rien. Au cours de deux autres sessions au sein de King Crimson, Bruford s’est réinventé en tant que savant funk polymétrique (1981-84) et en tant qu’agent du chaos dans une formation à deux batteurs (1994-96), tout en réservant beaucoup de temps pour son projet passionnel, Earthworks. Retiré de la scène depuis 2009, il a obtenu son doctorat – vous pouvez l’appeler Docteur Bruford maintenant.

15 – Buddy Rich

L’influence de Buddy Rich s’est étendue bien au-delà de l’ère des big bands ou même du jazz : il a été le premier batteur américain que beaucoup des premiers rockeurs britanniques ont entendu, apprenant à des fans comme John Bonham et Bill Ward à dépasser un simple backbeat pour se lancer dans des motifs d’improvisation percutants, encourageant Phil Collins à abandonner une configuration hasardeuse pour se concentrer sur son travail de charleston, et faisant tout simplement plancher Roger Taylor. « Je dirais qu’en termes de technique pure, il est le meilleur que j’aie jamais vu, se souvient le batteur de Queen. Je me souviens qu’il a fait une sorte de rouleau de pression qui a duré environ cinq minutes. Cela a commencé par un murmure, que l’on entendait à peine, et cela a pris une telle ampleur que la salle entière, qui comptait environ 3 500 personnes, a été remplie comme un coup de tonnerre. »

14 – Ringo Starr

« Je me souviens du moment où je me tenais là, je regardais John, puis George, et l’expression de nos visages était du genre « Va te faire foutre ». Qu’est-ce que c’est que ça ? », a déclaré Paul McCartney, en se remémorant la première fois que les Beatles ont joué avec Ringo Starr« Et c’était le moment, c’était le début, vraiment, des Beatles. » Bien qu’il ait souvent été sous-estimé à la fin des années 60, époque flamboyante qui a vu naître Keith Moon et Mitch Mitchell, Ringo n’a pas seulement fondé le plus grand groupe de tous les temps, il a contribué à donner à leur musique une forme et une orientation. Sur le plan personnel, sa générosité a fait de lui le membre le plus accessible du groupe. « John avait tendance à s’emporter, mais Ringo était toujours très doux. Et il croyait vraiment à la paix et à l’amour. » En tant que batteur gaucher jouant sur un kit de droitier, Starr a inventé un style unique pour créer des « funny fills », sa fiabilité constante est devenue un standard d’or pour les joueurs de rock qui n’ont pas froid aux yeux, servant chaque chanson avec du feeling, du swing et une fiabilité inébranlable. « Ringo est le roi du feeling », a déclaré Dave Grohl. Jim Keltner ajoute : « Il est le type de musicien que nous essayions tous d’imiter en studio. »

13 – D.J. Fontana

Sur des centaines d’enregistrements d’Elvis Presley, Dominic Joseph « D.J. » Fontana était à la pointe du rock & roll. Fontana était l’un des princes de la batterie rock & roll, faisant swinguer la musique hillbilly à une époque où les groupes de country et de bluegrass évitaient complètement la batterie. « Il avait une technique incroyable et des mains rapides, ce qui lui permettait de déployer ces roulements de presse de Buddy Rich quand il le voulait. Il jouait comme un batteur de big-band, à fond, a dit un jour Levon Helm. Elvis avait maintenant une vraie base, une certaine architecture, et il en a tiré le meilleur parti. D.J. a libéré Elvis. »

12 – Charlie Watts

Keith Richards a dit un jour que lorsque les Rolling Stones se sont formés, ils n’avaient « pas les moyens » de se payer le batteur Charlie Watts, qui était déjà le fidèle drummer du groupe Blues Incorporated d’Alexis Korner. Les Stones ont fini par le convaincre et il a demandé à les rejoindre. « Vous êtes super, mec », a-t-il dit à Richards, « mais il vous faut un putain de bon batteur. » À part quelques détours occasionnels dans des projets parallèles de jazz, Watts a parfaitement complété Jagger, Richards et le reste de la bande avec des grooves swinguants (« Brown Sugar »), des rythmes pieds au plancher (« Satisfaction ») et de l’expérimentation (« Sympathy for the Devil »)… Le tout en restant discret, pendant plus de 50 ans. « Quand on a eu Charlie, ça a vraiment été un nouveau chapitre pour nous, dit Richards. Charlie peut se précipiter comme un fou et faire en sorte que ce soit génial. C’est son style », a déclaré Jim Keltner à Drum ! « Il ne peut pas l’expliquer et je n’aime pas forcément entrer dans trop de détails avec lui à ce sujet. Je me contente de m’en émerveiller. » Le batteur des Stones nous a quittés le 24 août 2021, à l’âge de 80 ans. Qu’il repose en paix !

11 – Benny Benjamin

Pendant des années, Berry Gordy a refusé d’enregistrer sans la présence de Benny Benjamin dans le studio. « Il avait un don particulier pour jouer différents rythmes en même temps« , a déclaré le fondateur de la Motown à propos du batteur de session clé de son label. « Il avait une impulsion, une constance, qui battait la mesure mieux qu’un métronome. » Benjamin a enregistré des tonnes de tubes pour la Motown, de « Money (That’s What I Want) » de Barrett Strong à « My Girl » des Temptations, aux côtés de ses compagnons de session qu’il a surnommés les Funk Brothers et qui l’appelaient « Papa Zita ».  L’addiction l’a souvent tenu éloigné du studio avant qu’il ne meure d’une attaque en 1969, mais Benjamin a été le mentor du jeune Stevie Wonder, qui attribue son propre style de batterie au musicien. « J’ai appris en l’écoutant« , a déclaré Wonder en 1973.

10 – Stewart Copeland

Ce sont peut-être les mélodies de Sting qui sont devenues cultes, mais si The Police sonne comme ça, c’est grâce à la subtilité et l’agressivité de Stewart Copeland. Il est certainement le batteur le moins intéressé par le jeu de la caisse claire (qui est toujours d’une brillance et d’un tranchant peu communs) et ses parties les plus iconiques comprennent souvent des motifs complexes de charley (comme sur « Red Rain » de Peter Gabriel). Son père Miles était diplomate, et Copeland a grandi dans divers endroits du Moyen-Orient. C’est cette éducation unique qui a permis à The Police d’avoir des sonorités peu communes dans leur Angleterre natale !

9 – Al Jackson Jr.

Al Jackson Jr, batteur de session pour le légendaire label soul Stax, a été surnommé « le chronomètre humain » jusqu’à sa mort en 1975 à l’âge de 40 ans. À cette époque, les grooves de Jackson ont propulsé Wilson Pickett, Otis Redding et Al Green (avec qui Jackson a coécrit le tube « Let’s Stay Together ») sur le devant de la scène ; et à mesure que sa réputation grandissait, des superstars extérieures au monde du R&B comme Eric Clapton ont commencé à vouloir travailler avec lui. En tant que cofondateur et membre clé de Booker T. & the MGs, Jackson a contribué à ouvrir la voie au funk et du hip-hop. « Je le mets dans le même sac que Ray Charles ou Billy Preston, dans une classe à part« , a déclaré Sam Moore de Sam & Dave à propos de Jackson, avec qui il a joué sur des classiques comme « Soul Man » et « Hold On, I’m Coming ».

8 – Mitch Mitchell

Stewart Copeland, du groupe The Police, a admis : « Toutes ces choses que j’ai faites et dont j’étais plutôt fier, je pensais les avoir inventées. Mais non, elles ont toutes été inspirées par Mitch. » Cependant, en 1966, lorsqu’il s’agit de choisir un batteur pour le Jimi Hendrix Experience, la décision est littéralement prise à pile ou face – on tire à pile ou face pour choisir entre Mitch Mitchell et Aynsley Dunbar. Mitch Mitchell l’a emporté et ce disciple d’Elvin Jones a apporté une grande qualité d’improvisation au power trio de Jimi Hendrix, construisant généralement un groove lourd et tendu, avant de se lancer dans un contrepoint fluide mais structuré à la guitare furieuse de Jimi.

7 – Gene Krupa

« A de très nombreux égards, c’était le premier batteur de rock« , a déclaré Neil Peart à NPR à propos de Gene Krupa en 2015. « Il était le premier batteur à être célébré pour ses solos… Il faisait des choses fondamentalement faciles, mais les rendait toujours spectaculaires. » Le jeu foudroyant de Krupa, influencé par les batteurs de la Nouvelle-Orléans Baby Dodds et Zutty Singleton – ont propulsé le big band innovant des années 30 de Benny Goodman vers de nouveaux sommets et ont ainsi inspiré une génération de futurs géants du rock, dont Keith Moon et John Bonham.

6 – Clyde Stubblefield et John « Jabo » Starks

Les percussions de James Brown étaient ancrées par non pas un mais deux maîtres batteurs : le tristement sous-estimé John « Jabo » Starks et M. Funky Drummer lui-même, Clyde Stubblefield. Starks a commencé sa carrière en accompagnant des musiciens de jazz et de blues, Stubblefield était plus porté sur le R&B et, par coïncidence, les deux ont commencé à jouer dans le groupe de Brown à quelques semaines d’intervalle. Chacun apportait un style distinctif et se complétait. Ensemble, leur partenariat contribuera à façonner certaines des plus grandes chansons de Brown, notamment « Cold Sweat », « Superbad » et bien sûr « Funky Drummer ».

5 – Hal Blaine

« Si Hal Blaine n’avait joué de la batterie que sur le morceau « Be My Baby » des Ronettes, il serait quand même entré dans la légende« , a un jour déclaré Max Weinberg. Mais le batteur né Harold Simon Belsky a fait bien plus, enregistrant avec Sinatra, les Beach Boys, Elvis et les Supremes, pour ne citer que quelques-uns de ses fameux collaborateurs. Leader du Wrecking Crew, Blaine est le batteur le plus prolifique de l’histoire. Mais son véritable héritage réside dans son adaptabilité à n’importe quelle chanson – et pas seulement derrière un kit conventionnel. Pour « Caroline, No » des Beach Boys, il a tapé sur des bidons en plastique, et pour « Bridge Over Troubled Water » de Simon & Garfunkel, il a traîné des chaînes de pneus sur un sol en béton. « Je ne suis pas un batteur tape-à-l’œil« , a-t-il un jour confié. « Je voulais être un grand accompagnateur. » Mission accomplie.

4 – Neil Peart

Lorsque Neil Peart a rejoint Rush en 1974, ses camarades ont vu en lui une chance d’émuler les Who. « Nous avons été époustouflés par le jeu de Neil« , se souvient le guitariste Alex Lifeson dans une interview accordée cette année. « Il nous rappelait Keith Moon, et il frappait sa batterie si fort. » Ironiquement, la contribution de Peart au rock allait se révéler être l’exact opposé esthétique de celle de Moon : les percussions les plus précises et les plus minutieuses que le genre ait jamais connues. Au fur et à mesure que les ambitions de Rush se développent dans les années 70, Peart se révèle être à la fois un grand technicien et un artiste extrêmement ambitieux. Puis son jeu devient plus pop dans les années 80. Il commence alors à incorporer avec goût des percussions électroniques et à s’inspirer d’innovateurs tels que Stewart Copeland, pour le plus grand plaisir des fans.

3 – Ginger Baker

Doté d’un immense talent et d’un tempérament bien trempé, Ginger Baker a combiné une formation en jazz avec un style polyrythmique puissant au sein du premier, et du meilleur, power trio du monde. Tout en se heurtant constamment à ses camarades de Cream, Jack Bruce et Eric Clapton, le batteur né à Londres a contribué à faire du rock un véritable spectacle grâce à sa virtuosité. Après la dissolution de l’éphémère Blind Faith, Baker s’est installé au Nigeria pendant plusieurs années. « Il comprend le rythme africain mieux que tout autre Occidental« , a déclaré Tony Allen, co-créateur de l’afrobeat. Au cours des années qui ont suivi, Baker s’est occupé d’un éventail impressionnant de projets, dans des combos de jazz avec des solistes comme Bill Frisell, et aux côtés de Public Image Ltd et Masters of Reality.

2 – Keith Moon

Le « plus grand batteur du monde« , comme il se décrivait lui-même, abhorrait les répétitions tant à la batterie que dans la vie. Moon, qui a inspiré le Muppet Animal, a cassé son lot de batteries et de chambres d’hôtel avec une férocité qui suggère qu’il était plus un performer qu’un simple « batteur » de rock. Il était célèbre pour son refus de jouer des solos de batterie et considérait son instrument comme la pierre angulaire des Who. « Ses breaks étaient mélodiques« , a déclaré le bassiste John Entwistle à Rolling Stone, « parce qu’il essayait de jouer avec tous les membres du groupe en même temps« . Moon the Loon trouvait toujours comment caser ses roulements de batterie dans des endroits où ils n’étaient jamais censés aller et seules les pistes de synthé utilisées sur Who’s Next stabilisaient son sens du tempo constamment vacillant. La cascade préférée de Moon, cependant, était de jeter des explosifs dans les toilettes des hôtels, un tour qu’il a fait jusqu’en 1978, date à laquelle il est mort d’une overdose. Il avait 31 ans.

1 – John Bonham

Dés le tout premier morceau du tout premier album de Led Zeppelin, John Bonham a changé à jamais le jeu de batterie du rock. Des années plus tard, Jimmy Page s’amusait encore de l’impact désorientant que « Good Times Bad Times », avec sa grosse caisse à couper le souffle, avait sur les auditeurs : « Tout le monde pariait que Bonzo utilisait deux grosses caisses, mais il n’en avait qu’une. » Virtuose, cette performance a permis de définir le son de Bonham, jusqu’à sa mort prématurée en 1980. Même dans sa forme la plus brutale, il n’a jamais matraqué son kit sans raison, et dans sa forme la plus rythmée, il ne s’est jamais abaissé à un riff inutile. « J’ai passé des années dans ma chambre – littéralement des putains d’années – à écouter la batterie de Bonham et à essayer d’imiter son swing, sa vitesse ou sa puissance« , a écrit un jour Dave Grohl dans Rolling Stone. Et presque tous les batteurs qui l’ont suivi ont fait de même, pour finalement trouver leur propre groove.

Stevie Wonder a dit un jour « tout le monde est un enfant à Noël« . Les métalleux ne font pas exception. Au fil des ans, les groupes de métal ont retourné leurs crucifix et ont composé certaines des odes les plus lourdes, les plus fortes et les plus déchirantes à la saison des fêtes. Voici 15 des chansons de Noël métal les plus percutantes jamais enregistrés.

AC/DC – « Mistress for Christmas »

Alors que la plupart des gens passent Noël à souhaiter plus de bienveillance sur Terre, Brian Johnson d’AC/DC veut juste un peu de sexe en cachette. Sur « Mistress for Christmas« , il demande au Père Noël un peu d’action. D’après le plaisir qu’il semble avoir, il était définitivement sur la liste des « pas sages » cette année-là.

Twisted Sister – « I Saw Mommy Kissing Santa Claus »

Qui aurait cru que Twisted Sister, le groupe qui a choqué les ménages dans les années 1980 et s’est opposé au Parents Music Resource Center, sortirait quelque chose d’aussi sain qu’un album de Noël ? Étonnamment, le groupe joue de façon relativement conventionnelle sur « I Saw Mommy Kissing Santa Claus« .

Type O Negative – « Red Water (Christmas Mourning) »

Les meilleurs gothico-métalleux de Brooklyn sont hantés par les fantômes des Noël passés sur cette chanson sinistre et lugubre. D’une voix sépulcrale, Peter Steele évoque les amis et la famille disparus. Ne manquez pas les citations humoristiquement sombres de « Carol of the Bells » et de « God Rest Ye Merry Gentlemen« , ni la vidéo géniale créée par des fans et inspirée par la chanson. – Brandon Geist

Spinal Tap – « Christmas With the Devil »

Un crâne de Père Noël géant, Harry Shearer en pantalon de cuir avec une queue de diable, et un solo à trois : ça doit être Noël chez Spinal Tap. Le plus drôle, c’est qu’ils ne sont pas très loin des groupes qui sont sérieux.

Manowar – « Silent Night »

Manowar adore la grandiloquence. Un grand nombre de leurs chansons sur le combat médiéval commencent tranquillement, pour ensuite atteindre un point culminant explosif, à faire fondre les visages. Pour  » Silent Night  » (en allemand !), ils ont rangé les épées mais gardé les crescendos. Un final digne d’un roi.

Halford – « We Three Kings »

Rob Halford de Judas Priest aime tellement Noël que son troisième album solo, Halford 3: Winter Songs, est entièrement composé de chansons de Noël. Sur « We Three Kings« , le dieu du métal interpelle le dieu judéo-chrétien comme seule une légende du métal peut le faire.

Korn – « Kidnap the Sandy Claws »

Outre les kilts, les dreadlocks et les baggy, Korn adore les fêtes de fin d’année. Au cours des 20 ans de carrière des fondateurs du nu-metal, ils ont interprété leur version de « Jingle Bells » (réimaginé en « Jingle Balls« , un titre death-métallique) et du poème classique de Noël « A Visit from St. Nicholas » (devenu « Christmas Song« , un titre à la mode). Mais leur cadeau le plus généreux est sans aucun doute leur reprise de « Kidnap the Sandy Claws« , tiré de L’Étrange Noël de monsieur Jack, que Jonathan Davis et ses coéquipiers transforment en un pétage de plomb de tueur en série. – Brandon Geist

Amon Amarth – « Viking Christmas »

Sur « Viking Christmas« , le groupe de death-metal mélodique Amon Amarth s’insurge contre le révisionnisme de l’histoire chrétienne. Ou bien sont-ils en train d’admettre que malgré leur soif de sang, ils aiment aussi les biscuits au pain d’épice ? Ça reste sujet à interprétation.

King Diamond – « No Presents for Christmas »

« No Presents for Christmas » s’ouvre sur une interprétation de style Muzak de quelques classiques de Noël avant que King Diamond ne déchire le tout avec un rire démoniaque. Se pourrait-il que King Diamond soit devenu sataniste parce que le Père Noël a oublié sa maison quand il était petit ?

Dio avec Tony Iommi – « God Rest Ye Merry Gentlemen »

Le pouvoir de Black Sabbath est démontré par le fait que même « God Rest Ye Merry Gentlemen« , vieux de plusieurs siècles, passe de l’amical chant de Noël à un morceau écrasant avec un petit réarrangement. Iommi présente des riffs suffisamment lourds pour le Vol. 4, tandis que Dio livre une performance digne d’un opéra.

Lemmy, Billy F. Gibbons, Dave Grohl – « Run, Rudolph, Run »

 » Run, Rudolph, Run  » est désormais un standard de Noël, joué par tout le monde, de Chuck Berry à Keith Richards, en passant par Billy Idol, Sheryl Crow et Cee Lo. Mais c’est la voix de Lemmy, imbibée de whisky, qui donne l’impression que cette version a été enregistrée alors que le trio était en pleine ivresse de fêtes.

GWAR – « Stripper Christmas Summer Weekend »

Quand les GWAR fêtent Noël, ils le font en été… avec des strip-teaseuses… pendant tout un week-end. Ce n’est pas parce qu’ils viennent de l’espace que ces monstres ne peuvent pas se détendre pendant les vacances. Ici, ils célèbrent les fêtes comme seuls des aliens meurtriers peuvent le faire : en violant le Père Noël lui-même.

Henry Rollins – « Twas the Night Before Christmas »

Celle-ci n’est pas strictement heavy metal, mais on la laisse passer parce que c’est Henry. Dans son interprétation du classique de Noël, Rollins lit le poème par-dessus un collage sonore avant-gardiste comprenant des sirènes et des coups de feu. Mais dans la version de Rollins, après avoir fait coucou au Père Noël, ce pauvre bonhomme explose dans le ciel, frappé par un missile.

August Burns Red – « Carol of the Bells »

Le groupe de metalcore chrétien August Burns Red aime tellement Noël qu’il a enregistré un album instrumental entier de chants de Noël en 2012 : August Burns Red Presents : Sleddin’ Hill, A Holiday Album. Mais c’est en 2007 que le groupe est entré dans l’esprit des fêtes de fin d’année, en enregistrant une reprise de « Carol of the Bells » très appréciée des fans, qui a transformé cet air déjà assez métal en une épopée de shredding. – Brandon Geist

Christopher Lee – « Little Drummer Boy »

D’épais riffs grondent en arrière-plan tandis que l’acteur britannique Christopher Lee, 91 ans, avec son baryton incroyablement profond, livre une interprétation que l’on ne peut que qualifier d’épique. Les autres métalleux de cette liste ont livré d’excellentes versions de leurs chansons, mais comment faire mieux que Saroumane lui-même, qui hurle « A-rum-pa-pum-pum !« ?

John Gentile

Traduit par la rédaction

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out /  Change )

Google photo

You are commenting using your Google account. Log Out /  Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out /  Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out /  Change )

Connecting to %s