« Être vacciné n’empêche pas d’avoir le Covid » : vrai ou faux ?

Article publié sur la-croix.com

Vos questions. Sur les réseaux sociaux et lors des manifestations anti-passe sanitaire, les opposants aux vaccins contre le Covid-19 exposent les raisons de leur refus. Parmi elles, l’ “inutilité” de ces produits, qui n’empêchent pas d’être porteur du virus. Vaccination: qui dit vrai ?

À quoi bon se faire vacciner, puisque cela ne suffit pas toujours à repousser le virus ? L’argument est régulièrement mis en avant par les opposants à la vaccination. C’est vrai : être vacciné contre le Covid n’est pas une garantie absolue contre la maladie. Mais il en va de même pour tous les vaccins. « Aucun vaccin ne protège à 100 % », rappelle ainsi la Haute Autorité de santé (HAS).

Le niveau de protection conférée par ceux utilisés contre le Covid est cependant très élevé. Selon une synthèse publiée en juin 2021 par l’autorité, deux doses de Pfizer ou de Moderna réduisent de 90 % le nombre de cas symptomatiques. « Une telle efficacité est une chance, souligne Morgane Bomstel, directrice de recherche au CNRS. En comparaison, le vaccin contre la variole est efficace à 72 %. Pourtant, il a permis d’éradiquer la maladie grâce à une politique de vaccination mondiale active. »

Les vaccins contre le Covid amoindrissent considérablement les risques de formes graves et donc d’hospitalisations. Aux États-Unis, 99 % des décès dus au Covid-19 concernent des non-vaccinés, selon le Centre de contrôle des maladies (CDC).

En France, une étude menée chez les plus de 75 ans par le groupement d’intérêt scientifique Epi-Phare a constaté que le risque de faire une forme grave diminuait de 87 % dès sept jours après la deuxième injection. « Cela signifie qu’elles ont neuf fois moins de risque d’être hospitalisées pour Covid-19 que les personnes de plus de 75 ans non vaccinées », résume l’étude. « En France comme en Europe, la grande majorité des personnes hospitalisées, notamment en réanimation, n’ont pas été vaccinées », rapporte également le professeur Vassili Soumelis, immunologiste à l’Institut de recherche Saint-Louis.

Un risque de transmission réduit

Cependant, ne pas avoir de symptômes n’empêche pas d’être porteur du virus et du même coup, de le diffuser autour de soi. « Il faut différencier deux choses : d’un côté l’infection, de l’autre, le portage asymptomatique, précise Vassili Soumelis. Si la vaccination a été efficace, la personne ne tombera pas malade, mais on ne peut pas être sûr qu’elle ne sera pas porteuse transitoirement du virus après avoir été en contact avec un individu contaminé. C’est très rare, mais cela arrive, c’est pourquoi il faut rester prudent, sans tomber dans la paranoïa », relativise-t-il.

D’autant que selon les données collectées par la HAS, les vaccins « réduisent la fréquence des infections asymptomatiques à SARS-CoV-2 et donc le risque de transmission par les personnes vaccinées : de l’ordre de 80 à 90 % pour les vaccins à ARN messager après deux doses ; de l’ordre de 70 % pour Janssen. » Même vaccinée, une personne présentant des symptômes évocateurs du Covid aura tendance à être plus vigilante.

La nécessité de recevoir une vaccination complète

Reste l’inconnu du variant Delta, plus contagieux et désormais majoritaire en France. Selon l’étude publiée le 8 juillet par l’Institut Pasteur dans la revue Nature, le mutant ne changerait pas beaucoup l’équation, même si l’efficacité des vaccins Pfizer et AstraZeneca apparaît « légèrement inférieure que contre Alpha ».

En revanche, le sérum deviendrait « inactif ou très peu actif » pour les personnes n’ayant reçu qu’une seule dose. Parmi ces dernières, seules 10 % présentaient des anticorps neutralisants dans leur sang, contre 95 % pour celles ayant reçu deux doses. D’où la nécessité, martelée par les autorités, de recevoir une vaccination complète.

80 % des cas positifs concernaient des non vaccinées

Les données récemment collectées par la Drees vont dans le même sens. Entre le 28 juin et le 4 juillet, 80 % des tests positifs, soit la « très grande majorité » des cas, concernaient des personnes non vaccinées, calcule le service des statistiques du ministère de la santé. Les contaminations chez les vaccinés, elles, ne représentaient « que » 6 % des cas. « En se restreignant aux seuls patients s’étant déclarés symptomatiques, la part des personnes vaccinées complètement parmi les tests prélevés positifs se réduit à 4 % », précise l’étude.

Là encore, l’émergence du variant Delta ne semble pas diminuer significativement l’efficacité des vaccins. « Durant la même période, environ 30 patients vaccinés ont été identifiés comme porteurs d’un variant où la mutation L452R (portée principalement par le variant delta, NDLR) est détectée, conduisant à une part de vaccinés de 5,5 % », observe la Drees.

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