Le Hellfest n’aura pas lieu en 2021, le créateur du festival explique pourquoi

Article publié sur ouest-france.fr

Le patron du festival de musiques extrêmes Hellfest estime que le cadre proposé par le gouvernement condamne la plupart des festivals de rock et de musiques actuelles. « Pour la jeunesse, insiste-t-il, l’été sera sinistré. »

Ben Barbaud créateur du Hellfest, ici en juin 2019. Jérôme FOUQUET / Archives Ouest-France

Il n’y aura pas non plus de Hellfest en 2021. Pas plus qu’en 2020. « Une seconde année blanche », regrette Ben Barbaud, le créateur du grand festival de musiques extrêmes qui rassemblait encore, en 2019, plus de 180 000 spectateurs en Loire-Atlantique. Mais au-delà de l’annulation – pressentie depuis janvier à Clisson – c’est le cadre proposé par le gouvernement et les réactions que son annonce a suscitées qui font réagir le bouillonnant patron du Hellfest. Entretien.

Quelle est votre réaction au plan d’urgence annoncé par le gouvernement ce jeudi 18 février ?

Je ne partage pas du tout l’enthousiasme de certains organisateurs. Un festival de 5 000 personnes assises et à bonne distance, ça n’est pas un festival. Ça touche qui en réalité ? Essentiellement les festivals de musiques actuelles, qui attirent un public plus jeune que les festivals de jazz ou de théâtre. Les autres esthétiques musicales, électro, rap ou metal n’existeront pas l’été prochain. Je ne blâme pas la ministre, la situation sanitaire est ce qu’elle est et Roselyne Bachelot a eu le courage de prendre des décisions. Mais l’été prochain va être sinistré pour la jeunesse. Et les festivals, contrairement à ce que je peux lire, ne seront pas sauvés.

Le Hellfest, festival spécialisé dans les musiques extrêmes, est chaque mois de juin organisé à Clisson, dans le Vignoble. Pas cette année. | ARCHIVES FRANCK DUBRAY/OUEST-FRANCE

Le Hellfest n’aura donc pas lieu en 2021 ?

Pour moi, ce sera une nouvelle année blanche. Même si les restrictions sanitaires sont moins fortes dans quelques mois, la marche est trop haute avant qu’on arrive à une autorisation de jauge de 60 000 personnes par jour, collées les unes aux autres. On n’est pas surpris : depuis janvier, on doutait des chances de voir le festival se dérouler en juin prochain. C’était le sens de notre lettre ouverte à Roselyne Bachelot, qui a abouti à la réunion de jeudi.

La plupart des organisateurs envisagent une version plus épurée, revue et corrigée de leur événement. Ça ne serait pas possible pour le Hellfest ?

Je ne comprends pas ceux qui sont en train de vendre leur ADN sous une forme aussi restrictive. Ça va forcément générer de la frustration. Les gens viennent chez nous pour assister à la grand-messe des musiques extrêmes. Le Hellfest, c’est quinze heures de concert par jour, c’est le camping, les buvettes. Et puis 90 % de la programmation artistique est composée de groupes étrangers, donc je ne vois pas comment je peux trouver un plan B. Il n’y a pas de modèle résilient du Hellfest.

Est-ce à dire qu’il n’y aura rien du tout ?

Si on doit imaginer autre chose, ce ne sera pas le Hellfest ! Bien sûr, on veut essayer de faire quelque chose pour exister. Est-ce que ce sera des concerts en ligne, ou des petits concerts de soutien pour les bénévoles ou intermittents ? Je ne sais pas. Mais une certitude, ce ne sera pas le Hellfest.

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