Souche britannique : 14% des cas en France et une hausse continue

Article publié sur humanite.fr – 05/02/21

Le variant anglais représentait environ 14 % des cas positifs en France à la fin du mois de janvier. Mais une nouvelle mutation relevée au Royaume-Uni inquiète. Baptisée « E484K », cette mutation diminuerait la résistance des anticorps face au virus.

Dans la course entre variant et vaccin, l’un semble avoir les qualités de vitesse du lièvre, et l’autre la coupable lenteur de la tortue. Mais comme on ne peut pas compter uniquement sur La Fontaine pour nous sortir de ce pétrin épidémique, les scientifiques continuent de regarder de près la progression des mutations du virus sur notre territoire, cette « épidémie dans l’épidémie » contre laquelle alerte depuis plusieurs semaines le conseil scientifique.

Après une première mesure effectuée les 7 et 8 janvier, grâce à l’enquête flash réalisée sur tous les tests PCR positifs relevés lors de ces deux jours, le variant anglais avait été mesuré à 3,3 % des cas. Selon le virologue Bruno Lina, il aurait désormais atteint les 13,8 % le 27 janvier.

Disparités dans la diffusion du variant

C’est « une augmentation qui n’est pas explosive comme on a pu le voir en Irlande ou au Portugal mais qui est linéaire et continue », a analysé l’expert, directeur du Centre national de référence des virus infectieux respiratoires à l’hôpital de la Croix-Rousse, à Lyon, dans une interview à lyoncapitale.fr. « Clairement, aujourd’hui, les données qu’on a nous disent qu’on est sur une espèce de ligne de crête. Une ligne très difficile à analyser pour être certain de dire “la semaine prochaine, on est sûr que ça va partir en vrille” ou inversement “on est sûr qu’il ne se passera rien” », a ajouté Bruno Lina.

Cette deuxième enquête nationale aurait aussi montré une certaine disparité dans la diffusion du variant anglais, plus présent en Île-de-France, en Bretagne et dans le Grand-Est (où il atteint environ 20 %) qu’en Normandie ou en Auvergne-Rhône-Alpes (10 %). Autre enseignement : la souche britannique s’avère toujours clairement majoritaire par rapport aux autres variants. Recherchée pour la première fois nationalement le 27 janvier, la mutation sud-africaine du virus représentait alors 1 à 2 % des cas positifs, quand la brésilienne se limiterait à quelques cas.

Une évolution qui ne suffisait pas à rassurer, surtout à la lumière d’une information récente venue d’outre-Manche. L’agence de santé publique britannique vient en effet de révéler que la mutation la plus inquiétante liée au variant sud-africain avait été retrouvée sur plusieurs dizaines de malades du variant anglais, à Bristol et Liverpool. Baptisée « E484K », cette mutation diminuerait la résistance des anticorps face au virus. Un obstacle de plus sur le chemin de la tortue vaccinale, ou une motivation de plus, pour le reptile, d’accélérer son « train de sénateur »…

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