Covid-19 : la France sous la menace d’un nouveau confinement

Article publié sur lexpress.fr

Le reconfinement est de plus en plus probable face à la progression de l’épidémie. Le gouvernement souhaite encore l’éviter, mais n’a bientôt plus de marge de manoeuvre.

Dans une rue de Nantes (ouest) à la tombée du couvre-feu, le 21 janvier 2021 afp.com/LOIC VENANCE

La petite musique monte chaque jour. Un troisième confinement est-il inéluctable ? Pour beaucoup, la question n’est plus de savoir s’il aura lieu, mais quand. Certains professionnels de santé réclament cette mesure depuis plusieurs jours voire plusieurs semaines face à la situation sanitaire en France, extrêmement fragile, et à la menace du variant britannique qui se répand rapidement dans le pays.  

Les mots ont leur sens et du côté du gouvernement, on n’hésite plus à parler explicitement du confinement comme une option sur la table. Le ton est plus grave : en cas d’aggravation de la situation, “nous pourrions être amenés à prendre des mesures plus dures, ça peut aller jusqu’à un confinement”, a prévenu jeudi soir le ministre de la Santé, Olivier Véran, sur TF1. Car même si le pouvoir préfère encore attendre avant de prendre cette mesure radicale, les marges de manoeuvre sont désormais extrêmement limitées.  

Des indicateurs inquiétants

Un nouveau Conseil de défense aura lieu mercredi mais il ne devrait pas y avoir d’annonce de nouvelles mesures, explique Le Parisien. Car même si la situation se dégrade, un espoir subsiste : la généralisation du couvre-feu à 18 heures. Le gouvernement espère qu’il freinera la circulation du virus et scrute ses effets, ce qui demande d’attendre encore quelques jours.  

Mais pour l’heure, les indicateurs ne sont pas bons. Dans les hôpitaux, le nombre d’admissions de patients malades du Covid-19 progresse, avec 25 872 personnes hospitalisées vendredi (137 de plus en 24 heures). En réanimation, on compte 2 902 personnes (36 personnes en plus), un chiffre au plus haut depuis le 10 décembre. Du côté des nouveaux cas, on le sait désormais très bien : l’objectif des 5 000 cas quotidiens est bien loin, avec plus de 23 000 nouvelles contaminations en 24 heures.  

Santé publique France souligne ainsi une “augmentation des hospitalisations et admissions en service de réanimation depuis début janvier” dans son dernier point hebdomadaire publié jeudi. Le graphique ci-dessous montre parfaitement le plateau à l’hôpital situé à un très haut niveau, au niveau des patients actuellement hospitalisés.  

Très haut plateau à l’hôpital @Santé Publique France

Là est d’ailleurs tout le problème. La deuxième vague n’a pas suffisamment reflué, ce qui pourrait conduire à une troisième “fatale” selon le président de Samu-urgences de France, le Dr François Braun. “On ne va pas être en capacité d’absorber de la même façon cette troisième vague que la première et a fortiori la deuxième”, assure-t-il auprès de l’AFP.  

De nouvelles mesures, mais peu d’espoir

Face à cette situation, le gouvernement a encore pris de nouvelles mesures. Dès dimanche, les voyageurs européens devront présenter un test PCR négatif réalisé dans les 72 heures avant leur arrivée. Et suivant une recommandation du Haut conseil de la santé publique (HCSP), il appelle désormais la population à ne plus porter certains masques en tissus, dont ceux faits maison, car ils ne filtreraient pas assez. Enfin, la distance de sécurité nécessaire, au-dessous de laquelle on peut être considéré cas contact en cas d’absence de porte du masque, va passer de un à deux mètres.  

Mais beaucoup s’attendent à ce que cela ne suffise pas. “L’hypothèse du confinement est de plus en plus probable”, a déclaré vendredi à l’AFP une source gouvernementale. Et pour cause : des projections rendues publiques par l’Inserm et l’Institut Pasteur prévoient une hausse exponentielle de l’épidémie à cause de son variant anglais. “Si on voit dans les jours à venir des effets positifs du couvre-feu à 18 heures, on se dira peut-être qu’on a encore une ou deux semaines de marge de manoeuvre.  

“On est en fait dans la dernière chance”, comme l’a résumé vendredi sur France Inter l’épidémiologiste de l’Institut Pasteur Arnaud Fontanet. Selon lui, tout se jouera en fonction de la propagation des variants, et notamment de celui qui a émergé au Royaume-Uni et à obliger le pays à se confiner à nouveau face à une flambée épidémique. 

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