Le Covid-19 pourrait devenir le prochain virus du rhume : saisonnier et bénin

Article publié sur sciencesetavenir.fr

“Couvre-toi, tu vas attraper le Covid”, pourrait-on peut-être bientôt entendre. Car à l’instar d’autres coronavirus, il est possible que celui du Covid-19 devienne saisonnier et nous infecte si jeunes que l’immunité se ferait sans vaccins.

Le Covid-19 deviendra-t-il le cinquième coronavirus à infecter chaque année la population, à l’instar de ceux qui donnent le “rhume” ? C’est ce que pensent des chercheurs américains, d’après un modèle se basant sur les autres coronavirus connus, dont le SRAS de 2003. D’après leurs travaux publiés dans Science, les symptômes du Covid-19 pourraient s’amoindrir au fil des réinfections. Après quelques années ou décennies, ils n’affecteront finalement plus que les personnes qui ne l’ont jamais rencontré, comme les enfants – qui semblent peu en souffrir.

Vers un Covid-19 saisonnier

Concernant le Covid-19, l’immunité collective n’est peut-être pas la panacée, suggèrent les chercheurs de l’université Emory et de Penn State (Etats-Unis). On parle d’immunité collective dans une population lorsque suffisamment de gens sont immunisés contre la maladie pour que même ceux qui ne le sont pas bénéficient d’une protection. Cela suppose une immunité durable, sur laquelle se basent les vaccins. Or, il se pourrait que, à l’instar des coronavirus du rhume, le Covid-19 devienne tout simplement saisonnier. D’épidémique, il deviendrait alors “endémique”, ce qui signifie qu’il circulerait en continu dans la population générale.

C’est en tout cas ce que suggèrent les scientifiques américains, d’après leur modèle basé sur le comportement des quatre coronavirus du rhume, mais aussi du SRAS de 2003, en fonction des caractéristiques connues du Covid-19. D’après eux, même s’il circule un jour en continu, le Covid-19 ne devrait pas provoquer les mêmes symptômes dévastateurs. Les coronavirus du rhume, eux-mêmes endémiques, provoquent en effet deux types d’immunité. “L’immunité bloquant l’infection qui diminue rapidement, tandis que l’immunité réduisant la maladie est de longue durée“, expliquent les auteurs.

Quasiment toute la population a en effet été exposé très jeune aux virus du rhume, en moyenne entre 3 et 5 ans, précisent les chercheurs. Or, c’est un âge où les symptômes sont plus légers, comme pour le Covid-19 d’ailleurs. “Nous ne savons pas vraiment ce que ce serait si quelqu’un contractait un des coronavirus du rhume pour la première fois à l’âge adulte, plutôt que pendant l’enfance“, observe dans un communiqué la chercheuse Jennie Lavine, première autrice de la publication.

Comme pour le rhume, le Covid-19 s’attraperait pour la première fois dans l’enfance

Le vrai danger du Covid-19 serait donc pour les personnes qui n’ont jamais été infectées, en particulier les adultes les plus âgés dont on sait qu’ils souffrent plus de la maladie. “Au début d’une épidémie, la répartition des cas par âge reflète celle de la population“, expliquent les chercheurs dans l’article, mais plus tard, “notre modèle prédit que les premières infections se produiront presque uniquement chez les bébés et les jeunes enfants“, dont on sait qu’ils sont peu affectés par le Covid-19.

Résultat, les plus âgés de demain auront été exposés jeunes au virus, acquérant au passage une immunité sinon protectrice, au moins capable d’en amoindrir les symptômes. “L’infection naturelle dans l’enfance procure une immunité qui protège les gens plus tard dans la vie contre les maladies graves, mais elle n’empêche pas la réinfection périodique“, explique Jennie Lavine. Le modèle prévoit d’ailleurs que le taux de mortalité du Covid-19 pourrait être inférieur à celui de la grippe saisonnière (0,1%), une fois qu’il sera devenu endémique.

Une fois le Covid-19 saisonnier, il n’y aura peut-être plus besoin des vaccins

La distanciation sociale et un vaccin efficace sont essentiels pour contrôler une épidémie neuve et en sortir, mais une fois que nous entrons dans la phase endémique, la vaccination de masse peut ne plus être nécessaire“, concluent les chercheurs. La nécessité d’une vaccination continue dépendra de la gravité de la maladie chez les enfants. S’il se confirme qu’elle est bénigne chez eux, il n’y aura pas besoin de les vacciner, et peu à peu la circulation du virus fera des futurs adultes hors de danger. En revanche, si le Covid-19 s’avérait plus dangereux que prévu pour les plus jeunes, à l’image du MERS (coronavirus de 2012), il faudra les vacciner.

La transition de l’épidémie vers l’endémie peut prendre “de quelques années à quelques décennies selon la vitesse à laquelle l’agent pathogène se propage“, précisent enfin les scientifiques. Pendant cette période de transition, il faudra déterminer si l’immunité induite par l’infection ou la vaccination à l’âge adulte est similaire à celle produite par les infections naturelles pendant l’enfance. “Jusqu’à présent, peu de réinfections au CoV-2 ont été signalées“, et la seule étude à l’avoir observé “estime un faible taux de réinfection dans les six premiers mois suivant l’infection”.

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