Les conseils de spécialistes pour booster son immunité

Article publié sur madame.lefigaro.fr

Jamais notre besoin de renforcer nos défenses n’a été aussi primordial. La stratégie ? Doper notre système immunitaire et préserver l’un de nos meilleurs boucliers : la flore cutanée, clé de l’anti-âge.

Si on en fait trop, le système immunitaire devient trop réactif et peut se retourner contre nous. Getty Images

Immunité. Depuis l’irruption du coronavirus dans nos vies, on n’a plus que ce mot à la bouche… On avait en effet oublié qu’on vit dans un monde d’ennemis invisibles : parasites, bactéries, champignons et les fameux virus. «Ce ne sont pas des êtres vivants à proprement parler, expliquent les docteurs Valérie et Denys Coester, auteurs du livre Les Secrets d’une bonne immunité (Éditions Albin Michel), mais des fragments d’ADN (acide désoxyrinonucléique) ou d’ARN (acide ribonucléique) entourés d’une coque de protéines. Bref, une simple information génétique qui a pour but de coloniser nos cellules et de se servir d’elles pour se répliquer.»

Maintenir l’équilibre

C’est sans compter sur notre système immunitaire, inné et acquis. Une véritable armée biologique chargée de repousser les intrus, mais aussi de tolérer des corps étrangers qui peuvent nous être utiles. Certains facteurs de risques échappent à notre contrôle et on ne peut pas les modifier : l’âge, la génétique, le groupe sanguin, mais on découvre de plus en plus le rôle de l’épigénétique, c’est-à-dire les interactions entre les gènes et notre mode de vie. Même la cosmétique s’y intéresse de près. Tout l’enjeu est de maintenir ce système sentinelle en parfait équilibre.

Pour nos experts, il ne s’agit pas de booster le système immunitaire à tout prix ni de lutter contre l’inflammation quelle qu’elle soit, car si on en fait trop, il devient trop réactif et peut se retourner contre nous. C’est ce qui se passe en cas d’allergies ou de maladies auto-immunes. La tâche n’est pas simple mais pas impossible, car nous pouvons optimiser notre immunité sans la harceler. Pas seulement avec des médicaments, des tonnes de vitamines ou de compléments alimentaires à la mode, mais tout simplement en améliorant notre hygiène de vie. Notre système immunitaire possède deux organes-clés, deux barrières essentielles, la peau et les intestins. Les trois quarts de nos défenses naturelles viendraient de notre système digestif. En quelques années, le microbiote est devenu l’épicentre de notre bien-être et plus personne ne snobe ce deuxième cerveau. Il serait même la nouvelle arme anti-âge pour moduler la courbe du temps.

Bonne année, bonne immunité

Suite à la crise, une avalanche de livres vient nous aider à entrer en résistance. Tous tiennent le même discours : pour vieillir moins vite et éloigner la maladie, tout commence dans l’assiette et dépend de notre façon de gérer le stress. En attendant le livre très documenté du Pr Henri Joyeux, Face aux virus, bactéries… Boostez votre immunité (à paraître le 20 janvier aux Éditions du Rocher), qui promet de combler la «faille immunitaire du troisième millénaire», on digère la crise avec trois nouveaux vade-mecum.

Le stress

L’ouvrage déjà cité, Les Secrets d’une bonne immunité, du Dr Valérie Coester, spécialiste des médecines naturelles, instructrice en yoga et méditation, et du Dr Denys Coester, médecin anesthésiste-réanimateur, enseignant en hypnose thérapeutique, est sans doute le plus psy. Pour eux, il est avant tout essentiel d’agir sur le stress grâce à la psycho-immuno-endocrinologie, qui décrypte le lien entre stress et immunité à partir des molécules inflammatoires que sont les cytokines. C’est cette inflammation chronique qui fait vieillir à bas bruit, via le système nerveux autonome. Discrète et sournoise, celle-ci passe souvent inaperçue, même à l’occasion d’examens sanguins. Leur premier conseil est donc d’équilibrer les oméga-6 et les oméga-3. L’idéal est de faire un bilan biologique par dosage des acides gras membranaires. L’examen coûte environ 90 euros, non pris en charge. Le rapport entre les deux doit être inférieur à 4, mais dépasse souvent les 20.

L’assiette

À table, les docteurs Coester sont adeptes du régime de type méditerranéen, qui privilégie légumes, fruits, oléagineux, céréales complètes, poissons gras, notamment anchois, myrtilles, brocoli, ail, oignon, curcuma, noix, patate douce… Mais aussi du jeûne intermittent. «Si on mange trop souvent l’organisme est occupé à synthétiser des molécules pour digérer et n’a pas le temps de fabriquer de cellules immunitaires. L’idée est donc de rester douze heures sans manger pour que l’organisme ait le temps de se nettoyer et se régénérer. Ce type de jeûne intermittent est à conseiller aux changements de saisons, deux à trois fois par semaine pendant trois semaines».

Des coups de pouce en plus

Propolis et pollen de la ruche, vinaigre de cidre et certaines huiles essentielles bios (HE) : verser 2 gouttes d’HE d’épinette noire + 2 gouttes d’HE de citron dans un peu d’huile végétale à masser chaque matin au niveau des surrénales, ces petites glandes qui se situent juste au-dessus des reins. On peut mettre 3 ou 4 gouttes d’HE de Ravintsara sur le poignet ou un mouchoir et inhaler profondément avant d’entrer en réunion ou de prendre un transport en commun. On peut aussi stimuler son point VG-14, autrement dit Vaisseau Gouverneur 14, le premier point qui permet de stimuler le système immunitaire d’après les docteurs Coester. Il est situé juste sous la septième vertèbre cervicale. Pour le trouver, baissez légèrement la tête en avant, faites descendre la pulpe des doigts sur les six premières vertèbres qui sont plates. Quand vous arrivez à une petite butte un peu saillante, c’est là. Massez-la ni trop fort ni trop doucement, en respirant calmement.

Les secrets de la resistance

Pour Véronique Liesse, diététicienne et nutritionniste, et Alix Lefief-Delcourt, auteure spécialisée en alimentation santé, qui viennent de publier Le Grand Livre de l’alimentation «spécial immunité» (Éditions Leduc.s Pratique), il ne fait aucun doute que l’écosystème intestinal est le principal acteur de l’immunité. Pour elles, tout repose sur les 5 A : l’alimentation Anti-inflammatoire, Antioxydante, Antihyperglycémiante (pauvre en sucres rapides et glucides raffinés), Antidysbiose (bénéfiques au microbiote) et Antitoxique (qui neutralise les polluants internes et externes). Concrètement, elles dressent une liste de 50 aliments très riches en antioxydants et proposent 75 recettes.

Elles aussi ont leurs «immuno-champions» comme l’astragale, l’éleu- thérocoque, le ginseng, l’huile de nigelle, les champignons asiatiques (reishi, shiitaké, maitaké), les macérats de bourgeons de cassis ou de bourgeons de noyer. Elles conseillent aussi de faire doser son taux de vitamine D, au rôle protecteur important, qui chute en hiver et au fil des ans. On la trouve dans les petits poissons gras, les œufs de saumon, les œufs, l’huile de foie de morue, le foie de veau ou un éventuel supplément prescrit par le médecin. Le soleil permet de la synthétiser.

Connaître son identité immunitaire

Enfin, l’ouvrage le plus attirant de cette saison est incontestablement celui signé Valérie Lamour, naturopathe et hypnothérapeute, et Olivier Madelrieux, docteur en pharmacie et coach nutritionnel. Son titre : Boostez vos défenses immunitaires selon votre groupe sanguin (à paraître le 20 janvier aux Éditions Flammarion). Leur message est clair : «Chaque groupe sanguin a sa carte d’identité immunitaire, son système nerveux endocrinien et sa digestion spécifique. Cette méthode immuno diet répertorie pour chaque groupe ses aliments immunostimulants, immunoneutres et immunonégatifs.»

On apprend ainsi que le groupe A (45 % de la population), qui a un système immunitaire moins solide, a intérêt à adopter un régime végétarien et que le groupe B (9 %), qui se défend plutôt bien contre les virus, assimile bien viandes, laitages, céréales et légumes. Le groupe AB (4 %) a un temps de guérison plus long et doit donc redoubler de vigilance. Enfin, le groupe 0 (42 %) est le plus résistant, mais supporte mal l’alimentation transformée. Cependant, tout le monde a intérêt à éviter la carence en zinc, micronutriment fondamental et vigile immunitaire. Dans le Covid-19, la perte du goût et de l’odorat semblerait associée à un niveau faible de zinc. On le trouve dans de nombreux aliments, dont les fruits de mer, mais avec l’âge, un apport s’avère parfois nécessaire.

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