Covid-19 : certaines conditions météo favoriseraient la propagation du virus

Article publié sur lesechos.fr

Predict a mis en relation les décès liés au Covid et l’indice IPTCC (température et humidité). (Predict)

Dans les régions où les conditions d’humidité et de température sont réunies, la transmission du virus est plus élevée. Une étude de Predict, la filiale risque de Météo France, a créé un indice pour caractériser cette potentialité de transmission du virus selon les conditions climatiques.

Comment la météo influe sur la transmission du SARS-CoV-2 ? La température et l’humidité pourraient être des facteurs plus importants qu’on ne le croyait, suggère une étude menée par Predict, la filiale risque de Météo France, publiée ce vendredi.

Cette étude, relayée par le ministre de la Santé Olivier Véran lors du Conseil de défense, ne remet pas en cause le fait que la transmission est largement liée aux comportements humains (gestes barrières, lavage de mains…). Mais des facteurs intrinsèques au virus, liés à la météo, expliqueraient aussi sa diffusion.

« Le virus se fixe sur les gouttelettes, qui sont dépendantes des températures hydrométriques. Lorsqu’il fait très froid, ces gouttelettes ne peuvent pas rester en suspension, idem s’il fait très chaud », résume Alix Roumagnac, président de Predict Services.

Pour ses travaux, son équipe s’est appuyée sur une étude réalisée par le MIT au mois de mars dernier montrant que 90 % des infections se seraient produites dans des régions où la température oscille entre 3 et 17 degrés et où l’humidité absolue se situe entre 4 et 9 grammes par mètre cube.

Un IPTCC très haut dans le Grand Est

A partir de ces données, les experts de Predict ont créé un indice « pour caractériser la potentialité de transmission du virus selon les conditions climatiques » : l’IPTCC. « On a cherché à calculer cet indice en France (en janvier, février, mars…) et on a essayé de superposer les valeurs de cet indice avec le nombre d’hospitalisations et de décès liés au Covid », explique Alix Roumagnac.

Leurs résultats montrent que les régions dont le nombre de décès par million d’habitants est le plus élevé sont des régions où l’IPTCC est le plus haut (Grand Est, Île de France). Inversement, les régions qui ont déclaré le moins de décès liés au coronavirus présentent un IPTCC beaucoup moins important (DOM TOM, Nouvelle Aquitaine).

Cette carte montre le rapport entre l’IPTCC (plus il est rouge, plus ce facteur d’humidité et de température est aggravant) et le nombre de décès liés au Covid-19.Predict

L’indice est très fort à partir de février, avant le début de la vague épidémique, et jusqu’à la mi-avril. Il diminue ensuite sensiblement entre mi-avril et mi-mai selon les régions et on observe que le nombre de nouvelles hospitalisations quotidiennes diminue sur la même période.

« Tout l’été, la France était en vert, malgré les flux de vacanciers. A la rentrée en septembre, il y a aussi eu beaucoup de brassage et l’épidémie n’est pas repartie. Puis au courant du mois d’octobre, la tempête Alex a fait souffler un air très froid sur toute la France », avec une augmentation conséquente de l’IPTCC, rapporte Alix Roumagnac. Conséquence, « dix jours plus tard, on a constaté une montée en puissance des hospitalisations et des décès ».

Un IPTCC élevé à Wuhan

La même corrélation a été observée par Predict au niveau mondial. En février dernier par exemple, la région du Wuhan en Chine, d’où est partie l’épidémie, présente un indice élevé, tout comme en Europe de l’Ouest. En mars, l’IPTCC est resté très élevé sur une grande partie de l’Europe (notamment entre l’Espagne, l’Italie, la France, le Bénélux et le Royaume Uni).

Pour le mois de mars 2020, l'IPTCC est fort sur une bande centrale des Etats Unis et reste très élevé sur une grande partie de l'Europe.
Pour le mois de mars 2020, l’IPTCC est fort sur une bande centrale des Etats Unis et reste très élevé sur une grande partie de l’Europe.

Malgré le déconfinement au cours du mois de mai, le nombre de nouveaux cas par jour n’est pas reparti à la hausse dans les semaines suivantes, ce que les experts de Predict mettent en corrélation avec une diminution de l’IPTCC en Europe. A l’inverse, l’IPTCC commence à augmenter dans des pays de l’hémisphère sud comme en Australie, Afrique du Sud ainsi qu’en Argentine où les cas se développent.

Des résultats qui restent à valider

Mais corrélation n’est pas raison. Que deux phénomènes évoluent de la même manière ne prouve pas un rapport de cause à effet. C’est pourquoi Predict Services a transmis ces informations aux autorités afin de « tester leur robustesse » et de réfléchir à leur intérêt pour piloter la gestion de l’épidémie.

L’été sera-t-il mortel pour le virus ? Pas si sûr

Peut-on espérer que le coronavirus parte avec l’arrivée du printemps ?

« Avec cet index, on pourrait imaginer une approche géographique plus ciblée, l’index était par exemple différent entre la Bretagne et la région parisienne », suggère l’expert. « Il pourrait aussi y avoir des recommandations dans la journée selon la météo ».

Il était déjà connu que les coronavirus comme le SARS-CoV-2 ont un comportement saisonnier et moins de cas sont constatés durant l’été. D’après la dernière publication de Santé Publique France datat de cet été, l’état actuel des connaissances sur d’autres coronavirus montre effectivement une baisse des transmissions liés aux paramètres météorologiques, mais cette atténuation serait « modeste ».

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