Le gel hydro-alcoolique: comment être sûr qu’il est efficace…et comment l’utiliser

Vu les informations que j’ai entendues récemment concernant les gels hydroalcooliques, j’ai trouvé utile de vous partager cet article qui me semble bien complet et bien expliqué..

Article publié par le Journal des Femmes Santé 05/05/20

En pleine épidémie de coronavirus, les solutions et gels hydro-alcooliques sont à privilégier pour faire barrage au virus. Quand en mettre ? Quelle composition pour être efficace ? Quelles précautions prendre ? Conseils avec le Dr Sebastian Marciano, médecin aux Urgences médicales de Paris.

Composition : on trouve quoi dans un gel antibactérien ?

Les solutions hydro-alcooliques sont des gels à la base stérile “c’est-à-dire qui ont un milieu qui ne permet pas la prolifération des bactéries, voire qui éradique 99 % des bactéries” explique le Dr Sebastian Marciano, médecin aux Urgences médicales de Paris. Elles contiennent :

  • de l’alcool : actif qui agit rapidement sur les bactéries, les virus (herpès, entérovirus..) et les champignons, 
  • un émollient qui garantit un bon état cutané (glycérine par exemple),
  • un antiseptique (parfois). Il s’agit alors le plus fréquemment de chlorhexidine à 0.5 %.

Rôle : un gel plus efficace que le lavage des mains ?

“Les solutions hydro-alcooliques peuvent diminuer de 60% les contaminations inter-humaines, explique le Dr Marciano, mais elles ne dispensent pas d’un lavage de mains avec de l’eau et du savon (elles ne sont pas détergentes).” Elles sont par contre utiles quand on ne peut pas se laver les mains, par exemple dans les transports en commun. “Aujourd’hui la plupart des virus et des épidémies se transmettent par les contacts inter-humains, pas forcément de peau à peau mais surtout de peau à matériel, rappelle-t-il. Les virus peuvent rester moins d’une heure sur la peau mais plusieurs jours sur un textile.”  Elles peuvent aussi s’utiliser après un lavage de mains (comme le font les chirurgiens au bloc opératoire ou les médecins qui multiplient les consultations).

Utilisation : comment et quand les appliquer ?

Les solutions hydro-alcooliques peuvent s’utiliser au long cours “parce que les virus et les contaminations il y en a toute l’année” souligne notre interlocuteur. Il faut par contre favoriser leur recours en période épidémique.

Comment : verser du gel hydro-alcoolique dans le creux d’une main (les mains doivent être propres (non souillées) et sèches sinon l’efficacité antiseptique de l’alcool diminue). Frictionner les mains paume contre paume/dos des mains/entre les doigts/les dos des doigts/les pouces/le bout des doigts et des ongles) jusqu’à ce qu’elles redeviennent totalement sèches (preuve que l’alcool a bien été absorbé). Généralement, le temps de friction est d’au moins 30 secondes. Ne pas rincer.

Fréquence : aussi souvent que nécessaire. “En cas de gastro, renouveler l’application après chaque selle ou avant de manger pour lutter contre ce que l’on appelle le “péril fécal”. Le virus d’une gastro se transmet par contact avec les matières fécales et le vomi” précise notre interlocuteur.

Pendant l’épidémie de coronavirus : compte tenu des modes de transmission du SARS-CoV-2 (directe par gouttelettes ou indirecte par les mains), l’hygiène des mains doit être réalisée fréquemment dans tous les milieux communautaires (domicile, écoles, lieux de travail, etc.) rappelle le Haut Conseil de la Santé Publique dans un Avis du 24 avril soit via le lavage des mains à l’eau et au savon ou via une FHA (friction au gel hydro-alcoolique) avec un produit contenant au moins 60% d’alcool. Il faut le faire :

  •  après toute manipulation d’un masque (tout type de masque).
  • avant de préparer les repas, de les servir et de manger,
  • avant de sortir de chez soi,
  • après s’être mouché, avoir toussé ou éternué,
  • après avoir rendu visite à une personne malade,
  • après chaque sortie à l’extérieur,
  • après avoir pris les transports en commun (ou partagés),
  • après être allé aux toilettes,
  • après avoir touché aux parties communes d’un immeuble.

Il est recommandé de se laver les mains à l’eau et au savon pendant 30 secondes puis de les sécher avec une serviette propre ou à l’air libre.

Conservation : quelle durée peut-on le garder après ouverture ?

“Une fois que le flacon de la solution hydro-alcoolique a été ouvert, il n’est plus stérile c’est-à-dire que même si vous refermez le bouchon à chaque fois, il doit être consommé dans le mois suivant l’ouverture pour rester efficace et après il faut le jeter” indique le Dr Marciano. Il est ainsi conseillé de choisir des petits flacons qu’on va finir vite plutôt que des gros qui durent longtemps. 

Précautions : enfant, peau lésée, plaies…

Si l’efficacité des solutions hydro-alcooliques dans l’élimination des virus et bactéries n’est plus à prouver, elles doivent être utilisées avec précautions dans certains cas :

Chez les enfants “Il faut faire attention si on en met avant de manipuler un bébé ou avant de donner à manger à un enfant parce qu’elles sont très fortement dosées en alcool, ça peut piquer les yeux et donner un goût désagréable à la nourriture. De plus, attention si on en met sur les mains des petits qui mettent beaucoup de choses à la bouche ou se frottent les yeux, toujours à cause de l’alcool. Je dirai qu’à partir de l’âge de 5-6 ans, ils sont en âge de comprendre qu’il faut bien frotter jusqu’à ce que ce soit bien sec.”

Quand on la peau fragile : “Les solutions hydro-alcooliques ne sont pas allergisantes mais ça reste de l’alcool donc pour quelqu’un qui a une peau fragilisée parce qu’il y a par exemple du psoriasis ou de l’eczéma, il y a une inflammation de l’épiderme et cela peut l’altérer” souligne notre spécialiste.

Quand on a une plaie à vif : “Beaucoup de gens se servent de ces solutions pour désinfecter les plaies mais il ne faut pas. Ça fait mal et on a aujourd’hui des solutions aqueuses dans les désinfectants c’est-à-dire de l’alcool désinfectant mais diluée dans de l’eau qui permet de ne garder que le principe actif du désinfectant sans piquer.”

Gel hydro-alcoolique et épidémie : grippe, coronavirus…

Les autorités sanitaires recommandent l’utilisation de solutions et gels hydro-alcooliques en l’absence d’eau et de savon. Mais pas n’importe lesquels. L’idéal est qu’ils aient été testés selon la norme NF EN 14476 car ils ont fait la preuve de leur efficacité contre les virus (de la grippe notamment). En l’absence de référence à cette norme sont également recommandés les produits à base d’alcool éthylique (éthanol) ou d’alcool propylique (propane-1-ol ou n-propanol) ou d’alcool isopropylique (propane-2-ol ou isopropanol) dont la concentration optimale est comprise entre 60% et 70% ou à une concentration comprise entre 520 et 630 mg/g. La concentration en alcool doit figurer visiblement sur l’étiquetage.

Prix plafond

Face à l’épidémie de coronavirus, beaucoup de personnes ont voulu faire le plein de gels hydro-alcooliques. Il y a même eu des vols dans plusieurs hôpitaux français. Certains vendeurs en ont profité pour augmenter abusivement leurs prix. Le gouvernement a ainsi décidé de publier un décret le 6 mars 2020 pour les plafonner jusqu’au 31 mai 2020 :

Les prix de la vente au détail des produits mentionnés au I ne peuvent excéder :

  • Pour les contenants correspondant à un volume inférieur ou égal à 50ml, 40 euros par litre toutes taxes comprises, soit un prix unitaire par flacon de 50ml maximum de 2 euros toutes taxes comprises ;
  • Pour les contenants correspondant à un volume supérieur à 50ml et inférieur ou égal à 100ml, 30 euros toutes taxes comprises par litre, soit un prix unitaire maximum par flacon de 100ml de 3 euros toutes taxes comprises ;
  • Pour les contenants correspondant à un volume supérieur à 100ml et inférieur ou égal à 300ml, 16 euros et soixante-dix centimes toutes taxes comprises par litre, soit un prix unitaire maximum par flacon de 300ml de 5 euros toutes taxes comprises ;4°
  • Pour les contenants correspondant à un volume supérieur à 300ml, 15 euros toutes taxes comprises, soit un prix unitaire maximum par flacon d’un litre de 15 euros toutes taxes comprises.

Merci au Dr Sebastian Marciano, médecin aux Urgences médicales de Paris.

Lire également cet article de l’Express paru le 15/05/20: Comment reconnaître un gel hydroalcoolique efficace contre le coronavirus

Les gels hydroalcooliques vendus ne sont pas tous efficaces. Certains ne comportent pas assez d’alcool pour tuer le virus. Voici les critères importants.

Ils ont fait leur apparition à l’entrée des magasins, dans les supermarchés, et dans les entreprises. Les flacons de gel hydroalcoolique font désormais partie des gestes barrières du quotidien. Très pratiques, ils permettent d’éliminer les bactéries et les virus, et participent ainsi au contrôle de l’épidémie de Covid-19. Pour autant, tous ces gels hydroalcooliques ne se valent pas et ne recouvrent pas les mêmes utilités.

Il faut distinguer les types de produits dits “biocides”, c’est-à-dire désinfectants, qui peuvent tuer les champignons, les bactéries et parfois les virus, aux produits cosmétiques, qui peuvent eux aussi répondre à l’appellation de gel hydroalcoolique tout en ayant aucune efficacité contre le virus, ainsi que le rappelait une enquête de Franceinfo.

Récemment, le groupe France Télévision a été contraint de rappeler une partie des stocks de gels hydroalcooliques car ces derniers n’étaient pas conformes. En cause : la part d’éthanol, soit d’alcool, présente dans ce gel. L’Express fait le point sur la manière de bien choisir son gel hydroalcoolique en temps de pandémie. 

Quelle norme est efficace contre le virus ?

Le principal geste à adopter est celui de se laver les mains au savon. Lorsque cela n’est pas possible un gel hydroalcoolique peut permettre d’éliminer le virus, pour cela il doit être virucide. L’Agence nationale du médicament a détaillé en 2009, lors de l’épidémie de grippe H1N1, les normes auxquelles devaient se conformer les gels. Ces normes doivent être inscrites sur le flacon.

L’Agence recommande avant tout les produits hydroalcooliques portant la norme NF EN 14476. “La référence à cette norme indique que le produit a fait l’objet de tests démontrant son activité sur des virus nus (des virus plus résistants que les virus possédant une enveloppe)”. D’autres normes existent : la norme EN1275 indique que le gel tue les champignons et la norme EN1040 indique le gel tue les bactéries. La norme EN14476, elle, indique que le produit tue aussi les bactéries et les champignons en plus des virus.

La concentration en alcool doit dépasser les 60%

La teneur en alcool d’un gel est parfois insuffisante pour tuer le virus. C’est ce qu’il s’est passé avec les flacons de gel hydroalcoolique Hand sanitizer commercialisés par la marque Symex qui ont été jugés inefficaces par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), qui a lancé le 18 mai un rappel de ces produits. Il ne contenait que 27% d’alcool.

La concentration d’alcool “optimale” est “comprise entre 60% et 70%”, selon l’ANSM. Attention, au-delà de 70%, la quantité d’alcool est trop importante et il y a un risque de développer des éruptions cutanées. 

Certains produits cosmétiques comprennent la mention “gel hydroalcoolique”, mais contiennent moins de 60% d’alcool. La DGCCRF assurait ainsi à Franceinfo “vérifier qu’il n’y ait pas d’allégation commerciale trompeuse comme des indications ‘stop Covid-19’ ou ‘stop coronavirus'” sur ces produits. A partir du 31 mai, tous les gels et solutions hydroalcooliques fabriqués devront mentionner sur leur étiquette leur concentration en alcool, comme le reste des biocides.

Correctement utiliser le gel

Le gel doit être utilisé de façon correcte. De la même manière qu’un lavage des mains avec du savon, la méthode préconisée par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) pour l’utilisation d’une solution hydroalcoolique demande un protocole en sept étapes : paumes contre paumes, dos des mains, les espaces interdigitaux, le dos des doigts, les pouces et enfin la pulpe des doigts doivent être nettoyés durant plus de 30 secondes. Le gel sèche tout seul sur les mains et une fois sèches les mains sont propres.

L’OMS a également établi un “guide de production locale des solutions hydroalcooliques”. Il faut ainsi trois ingrédients : de l’éthanol (alcool), du peroxyde d’hydrogène et du glycérol, et parfois de l’eau distillée. Tous ces ingrédients peuvent se trouver dans le commerce.

https://www.who.int/gpsc/5may/tools/system_change/guide_production_locale_produit_hydro_alcoolique.pdf?ua=1

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out /  Change )

Google photo

You are commenting using your Google account. Log Out /  Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out /  Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out /  Change )

Connecting to %s